D’ici à la rentrée scolaire de 2025, l’ensemble éducatif Le Corbusier, qui regroupe actuellement un collège ainsi qu’un lycée général et technologique pour un total de 1 730 élèves, doit être rénové en profondeur par le conseil régional. Ce dernier a récemment lancé un appel d’offres, dont les réponses sont actuellement étudiées, visant à cet important chantier évalué à près de 39 millions d’euros HT. Situé sur une parcelle de 6 ha au coeur du quartier populaire de Beauregard, l’établissement sera ainsi intégralement remis aux normes.

À cette occasion collège comme lycée verraient augmenter fortement leur capacité. Jusqu’à présent situés dans le même ensemble scolaire, les deux établissements se verraient par ailleurs séparés. Leurs espaces extérieurs seront enfin réaménagés pour s’accorder avec ceux de la villa Savoye, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco et positionnée au Sud de l’ensemble scolaire.

En mars 2017, le conseil régional d’Île-de-France avait inscrit la Cité mixte régionale (CMR) Le Corbusier au sein de son plan pluriannuel d’investissement, dans le cadre d’un plan d’urgence sur dix ans adopté pour rénover les lycées et collèges franciliens. Situés à quelques mètres de la villa Savoye, les bâtiments construits dans les années 1960 souffrent en effet d’une vétusté générale. La Région souhaite ainsi les rénover et les moderniser, selon une note de présentation figurant dans le récent appel d’offres.

Actuellement, lycéens et collégiens se partagent quatre bâtiments distincts, dont une immense barre de quatre étages, 230 m de long et 3 000 m² par niveau, réservée à l’enseignement. Les travaux ont également pour objectif de créer deux établissements distincts, le collège d’un côté, le lycée de l’autre. Un nouveau bâtiment pour accueillir les collégiens devrait donc être construit avec une entrée indépendante. La réorganisation technique sera donc aussi pédagogique et fonctionnelle.

« La rénovation globale procédera à la mise aux normes techniques des bâtiments sur l’ensemble du site », indique le conseil régional, sollicité par La Gazette, du plan de rénovation de la cité scolaire Le Corbusier. Cette dernière a été construite sur le terrain de la famille Savoye à partir de 1957 par l’un des architectes-phare de la Reconstruction d’après-guerre, Jacques Chauliat, également à l’origine de l’université de Nanterre (Hauts-de-Seine).

La note de présentation de l’opération indique que « l’établissement souffre de nombreux désordres ». Il cite notamment « une certaine vétusté générale, des problèmes de chauffage, une installation électrique vieillissante… ». Les travaux pourraient durer plus de quatre ans avec une livraison souhaitée pour la rentrée scolaire 2025, ils seront donc réalisés en grande partie en présence des élèves et des ­enseignants.

Une fois terminés, collège et lycée passeraient respectivement de 430 à environ 700 collégiens, et de 1 300 à près de 1 700 lycéens. La Région Île-de-France, qui a estimé à ce stade un budget de 38,9 millions d’euros HT pour la réalisation du projet, prévoit donc de créer un nouveau bâtiment pour accueillir les collégiens et créer une nouveau parvis d’accueil pour les plus jeunes. Pour l’instant, l’unique parvis se situe rue de Villiers et est décrit dans le marché public comme « trop restreint et induisant des conflits de circulation sur le site entre les collégiens et les lycéens ».

Du côté du lycée, même augmentation à prévoir « pour répondre à la pression démographique sur le secteur », explique la note de présentation du projet. Plus de 400 nouveaux lycéens pourraient intégrer la cité scolaire. « Une augmentation de l’offre en formations générales pré-bac » de 210 places et « professionnelles post-bac » de 105 places avec un Diplôme national des métiers d’art et du design (DNMAD) est au programme, précise l’appel d’offres.

Le maître d’œuvre qui sera désigné aura enfin des contraintes patrimoniales à respecter, avec la proximité de la villa Savoye. « Les architectes en ont conscience, donc ils réfléchissent plutôt sur un projet qui permettrait d’être légèrement en retrait, de manière à ce que le nouveau bâtiment soit caché par la barre actuellement existante », explique Florence Xolin, adjointe au patrimoine de Poissy, qui précise que la mairie est favorable au projet.

« Cette réflexion est déjà prise en amont », poursuit Florence Xolin, avant de passer aux exigences de l’institution des Nations unies : « Mais en fait, ce que demande l’Unesco, c’est la réalisation d’une étude patrimoniale […] qui permet de mettre en avant les impacts positifs et négatifs que le projet pourrait avoir sur la valeur universelle du bien classé. »