Dimanche 23 juin se tiendra le premier tour des élections municipales anticipées, provoquées par la démission de 15 élus de la majorité puis des quatre démissions du groupe de l’ancienne maire Marie-Hélène Lopez-Jollivet au printemps dernier. Quatre listes s’affronteront au premier tour à Vernouillet, avec pour première menace l’abstention. Ces élections suscitent l’incompréhension chez la plupart des Vernolitains croisés lors de cette campagne éclair.

Agir pour Vernouillet, est conduite par le maire sortant Pascal Collado (SE, liste sans étiquette). Solidaires pour Vernouillet a pour tête de liste l’ancien adjoint aux finances et chef de file des frondeurs Jean-Yves Denis (LR, liste sans étiquette). Cette élection voit également la candidature de l’ex-maire Marie-Hélène Lopez-Jollivet (LREM, liste sans étiquette), avec la liste Vernouillet rassemblé. Enfin, l’ancien président de l’association Bien vivre à Vernouillet, Jean-Pierre Grenier (SE, liste sans étiquette), se lance dans la bataille avec Vernouillet et vous.

La date de ces élections ayant été fixée à la mi-mai, la campagne s’annonce rapide et intense. « J’ai l’habitude de dire qu’une campagne, c’est un marathon avec un sprint, là, on ne fait que le sprint », sourit Pascal Collado ce lundi 10 juin, lors d’une réunion de quartier chez l’un de ses colistiers, dans le secteur des Rois, à proximité du gymnase Dieuleveult. Réunions et porte-à-porte sont ainsi au programme de la campagne de l’édile. « Un tractage, ce n’est pas personnalisé, nous avons fait le choix de la proximité », souligne Henriette Larribau, première adjointe et colistière du maire.

« J’ai l’habitude de dire qu’une campagne, c’est un marathon avec un sprint, là, on ne fait que le sprint », sourit le maire sortant et candidat à sa réélection Pascal Collado (SE) ce lundi 10 juin.

Les autres candidats mènent des actions similaires, avec parfois quelques difficultés. « Nous avons demandé d’autres salles que le centre social, elles nous ont toutes été refusées », déplore Jean-Yves Denis lors d’une réunion publique le 11 juin, sous l’œil d’un colistier de Pascal Collado. Chacune des listes ­comprend anciens élus, personnes du monde associatif et issues de différents quartiers. Si la campagne est courte, le mandat le sera tout autant puisque d’une durée de neuf mois, même si tous reconnaissent une « prime au maire sortant » du fait de la présentation d’un bilan.

L’édile met en avant sa connaissance et la nécessité de mener à bien des dossiers en cours, comme la réhabilitation du quartier du Parc. Défendant son bilan, il souhaite également « poursuivre la bonne gestion financière », mettant en avant sa victoire contre la communauté urbaine au sujet du pacte fiscal. Enfin, il prévoit d’investir « 200 000 euros » dans les écoles Fratellini et Marsinval, et d’achever le chantier de l’école du centre-ville pour le printemps 2020.

Chaque équipe a toutefois défini ses priorités pour ces neuf mois de mandat. La déviation de la RD154 et les questions liées à l’élaboration du Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI) sont évidemment le fer de lance de Jean-Pierre Grenier. Lui souhaite avoir « la possibilité de bloquer voire à terme de l’annuler [la RD154] », propos jugés « démagogues » par le maire sortant pour qui « la RD154 se fera » car « les travaux (fouilles, Ndlr) sont lancés ».

La RD154 et les questions liées à l’élaboration du Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI) sont le fer de lance de Jean-Pierre Grenier, qui prône « la possibilité de bloquer voire à terme de l’annuler ».

Jean-Pierre Grenier souhaite également pouvoir avancer sur le devenir de la friche Eternit. L’ex-responsable associatif espère enfin travailler sur « le social, l’animation de la ville et le développement économique », en organisant par exemple des animations éphémères dans le centre-ville ou dans les différents quartiers. Il cherchera par ailleurs à favoriser la mixité « en organisant des classes vertes entre écoles du centre-ville et du Parc », assure-t-il.

L’urbanisme est un des thèmes-phares de Marie-Hélène Lopez-Jollivet. « En 2014, j’avais réussi à faire annuler le projet de déviation », fait remarquer l’ex-édile socialiste. Concernant le PLUI, elle souhaite elle aussi le renégocier : « Il y a des fonds de jardins qui deviennent inconstructibles, les gens ne comprennent pas. » Elle déplore la gestion de la commune par son successeur. « Il y a eu 60 % de dérapage budgétaire pour la nouvelle école du centre-ville », souligne ainsi celle qui prône également de « revoir le scolaire et les actions d’éducation à l’environnement ».

« J’habite Vernouillet depuis 30 ans, mais j’ai une activité professionnelle à Conflans. Après 2014, je me suis engagée là où j’étais utile », balaie Marie-Hélène Lopez-Jollivet (LREM).

Pour sa part, Jean-Yves Denis se montre bien plus prudent concernant le projet de contournement. « Nous demanderons à voir les plans […] encore faut-il être capable de stopper le projet », répond-il lors de la réunion publique au centre social des Résédas. En revanche, il a fermement affiché son intention de procéder à l’élection d’un conseil municipal des enfants « afin qu’il soit force de proposition et de tisser du lien entre les générations ».

La sécurité est aussi l’un de ses arguments, l’ancien adjoint aux finances et son équipe prévoyant « d’accélérer » le déploiement de caméras de vidéosurveillance « selon les besoins de la ville ». Il envisage également la mutualisation de services avec les villes voisines, notamment la police ­municipale.

« A neuf mois des élections municipales vous envoyez tout balader », reprochera-t-on cette fois-ci à Jean-Yves Denis (LR), les habitants du Parc craignant un coup d’arrêt au projet de réhabilitation.

Mais plus que les programmes, les Vernolitains se demandent surtout ce qu’il se passe. « Vous revenez ? », est-il demandé à Marie-Hélène Lopez-Jollivet lors d’une opération de porte-à-porte rue de Marsinval. L’ex-maire se fait par ailleurs reprocher son engagement politique récent à Conflans-Sainte-Honorine par ses adversaires. « J’habite Vernouillet depuis 30 ans, mais j’ai une activité professionnelle à Conflans, après 2014, je me suis engagée là où j’étais utile, balaie-t-elle de ces remarques. Il fallait laisser à la nouvelle municipalité le temps de faire ses preuves. »

« À neuf mois des élections municipales, vous envoyez tout balader », est-il déploré envers Jean-Yves Denis, les habitants du Parc craignant un coup d’arrêt dans le projet de réhabilitation. « Nous ne pouvions plus cautionner, il y avait de véritables risques pour le personnel communal », répond-il de la démission de 15 élus de la majorité. Il réfute toutefois une entente avec l’ancienne édile.

Les forces en présence semblent surtout craindre l’abstention. Alors, tous encouragent d’ailleurs les habitants croisés à aller voter. « Peut-être que l’on apportera un souffle nouveau, une participation active de gens voulant voter pour une liste », espère pour sa part Jean-Pierre Grenier. Difficile de prédire le second tour, mais pour y être, il faudra récolter plus de 10 % de suffrages exprimés. Certains candidats, ne voyant aucune possibilité de fusion, ni même de désistement, évoquent déjà la possibilité d’une quadrangulaire.

La future mosquée au coeur des préoccupations des habitants du Parc

Lors de la réunion du 11 juin dernier organisée par la liste de Jean-Yves Denis (LR), la question a été posée plusieurs fois. « Encore combien de temps nos parents prieront dehors ? », questionne un habitant, avant de poursuivre : « Nos mamans et nos papas prient dehors, ça fait des années, ils ont donné à l’époque une cave, puis un centre, puis une ancienne chapelle, on n’a rien eu. »

« Aujourd’hui, la zone de la salle de prière est réglementairement, dans le cadre du Plan local d’urbanisme, inconstructible, fait remarquer Julien Grimler, ancien adjoint à l’urbanisme et candidat sur la liste de Jean-Yves Denis. […] J’ai demandé à ce que la parcelle soit détourée pour permettre la reconstruction. […] Si quelqu’un aujourd’hui vous dit qu’avant les prochaines élections et que le PLUI (Plan local d’urbanisme intercommunal, Ndlr) soit approuvé, qu’il va se passer quelque chose, ce sont des mensonges. »

Une déclaration qui ne passe pas. « On nous a vendus du vent », regrette un habitant. Si tous les candidats s’accordent sur la nécessité pour la communauté musulmane d’avoir lieu de prière digne, ils regrettent cependant un projet « mené en catimini » par le maire sortant Pascal Collado, dont les modalités sont encore floues. « Cela doit impérativement se faire discuter avec l’ensemble de la population, il faut en parler et sur un temps long », souligne Jean-Pierre Grenier.

L’ancienne maire Marie-Hélène Lopez-Jollivet craint, elle, « un projet disproportionné » par rapport à la taille de la commune. Un bail emphytéotique au nom de l’association cultuelle a été récemment signé par le maire sortant Pascal Collado, « comme me l’autorisait une délibération du conseil municipal, nous sommes dans la continuité », précise ce dernier. Il ajoute : « Depuis 2014, nous travaillons avec l’association cultuelle pour la réhabilitation de la salle de prière, de la mosquée, je ne fais pas de distinction. […] Cette temporalité est hors du débat politique. »