L’Open sky de Buchelay devrait ouvrir ses portes entre octobre et novembre. Porté par la compagnie de Phalsbourg, ce centre commercial d’une superficie de 40 000 m² « proposera un mix diversifié en équipement de la personne, de la maison, de la culture et des loisirs », précise le site internet de l’entreprise (voir encadré). Parmi les boutiques ouvrant au sein du centre, certaines d’entre elles sont déjà présentes dans la zone des Graviers, à l’instar de Gémo, la Halle ou encore Boulanger. Parmi les élus du Mantois, tous soulignent la nécessité de repenser la zone, mais se montrent mesurés sur l’impact réel de l’Open sky.

« Le but, ce n’est pas tant d’attirer de nouveaux clients mais de limiter l’évasion, assume sans ambages de la stratégie commerciale Philippe Guervin, directeur associé de la compagnie de Phalsbourg. Quand une enseigne se transfère, cela lui permet de se relancer. » Une théorie que semble approuver le maire mantais Raphaël Cognet (LR) : « Aujourd’hui, il y avait plus d’un euro sur deux qui était dépensé en dehors de l’agglomération. En faisant Phalsbourg, […] on ramène de la valeur et de la consommation dans ­l’agglomération. »

Discutés depuis plusieurs années, ces transferts ne semblaient pourtant pas compris dans le projet initial. « J’étais vice-président de la Camy (communauté d’agglomération fusionnée depuis 2016 dans communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise, Ndlr) à l’époque, […] j’avais le suivi quand même de l’urbanisme […] ce n’était pas la volonté du projet, en tout cas au départ », note toutefois Michel Lebouc (DVG), maire de Magnanville. Un autre élu du Mantois se montre bien plus direct : « Ca va flinguer la zone. Elle ne correspond plus aux critères. L’Open sky est moderne, ce n’est pas étonnant que les enseignes y ­déménagent. »

« Le but ce n’est pas tant d’attirer de nouveaux clients mais de limiter l’évasion », assume de la stratégie commerciale Philippe Guervin, directeur associé de la compagnie de Phalsbourg.

L’édile magnanvillois craint, lui, l’apparition de « friches commerciales » suite à ces transferts d’enseignes, à l’instar de l’ex-magasin But situé à l’entrée de sa commune, longtemps resté en friche. « Il faudra inciter à augmenter la qualité architecturale, les accès, il y aura un travail à faire entre les propriétaires des enseignes et la communauté urbaine, prédit pour sa part l’édile buchelois Paul Martinez (SE). Cela se fera sur un temps long, mais il faut effectivement monter en qualité. »

Son homologue mantais Raphaël Cognet voit, lui, l’ouverture d’Open sky comme « un challenge » pour les zones commerciales et centre-villes voisins, mais également comme une « opportunité » en termes de création d’emploi local. Contactée, l’association des Docks de Buchelay n’a pas ­répondu à nos sollicitations.

Pas de locomotive de l’habillement pour le centre de Buchelay

Début juin, Le Courrier de Mantes énumérait les 18 enseignes confirmées avant l’ouverture du centre commercial : Gémo, Boulanger, Intersport, Zodio, Poltronesofa, LaFoir’fouille, Stokomani, Besson, Fête sensation, 4 murs, Celio, Damart, Maison du monde, la Halle, Orange, Jennyfer, Armand Thiery, Vertbaudet.

À ces magasins s’ajouteront « de nouvelles enseignes de restauration, qui ne sont pas présentes à proximité », souligne Philippe Guervin, directeur associé de la compagnie de Phalsbourg le 20 juin lors des Rencontres du territoire de la communauté urbaine. Mais ceux qui espéraient la venue des géants du prêt-à-porter tels que Zara ou H&M, présents dans l’Open sky de Plaisir, risquent d’être déçus : « Ce n’est pas dans leur stratégie de s’implanter dans ce type de centre commercial. »