Feu proche des voies entre Les Mureaux et Aubergenville, panne d’un train, coupure de l’alimentation, les incidents se sont enchaînés mercredi 26 juin à partir de 16 h. Les usagers sont restés bloqués de nombreuses heures en gare ou dans les trains arrêtés en pleine voie. Leur colère était à son maximum, les associations dénonçant des conditions de voyage intolérables durant cette semaine de canicule.

« J’en ai connu des galères, ça fait 30 ans maintenant que je prends le train, mais celle-là, elle restera gravée dans les annales », raconte Marc de son trajet entre Paris et Bonnières-sur-Seine. Ce soir-là, il prend le train de 18 h 33. Le train part avec dix minutes de retard et tombe en panne après la gare des Mureaux, au milieu des voies. Les trains suivants sont alors ralentis, retardés, supprimés. Pour les voyageurs, une longue attente débute dans des trains le plus souvent non climatisés alors qu’il fait plus de 30 degrés.

Tout a commencé à 16 h 15 explique la SNCF dans le communiqué distribué le lendemain aux voyageurs quand un incendie « provoqué par un tiers » se déclenche dans un talus entre Les Mureaux et Aubergenville. Le trafic est ralenti mais la panne d’un train aggrave la situation. « Ils ont ouvert les portes en disant « interdiction de sortir », raconte Marc. Il faisait vraiment très chaud dans le train ». Un voyageur agacé quitte le train pour rejoindre la gare la plus proche par les rails. « Ils ont coupé la ligne électrique parce qu’il y avait un gars tout seul », explique Marc.

Les trains suivants sont alors tous impactés et arrêtés. Comme Marc, les voyageurs décident après plus d’une heure à l’arrêt de quitter le train et d’essayer de trouver un moyen de transport. Marc trouve un Uber et arrive chez lui à 22 h 30 ce soir-là. D’autres voyageurs se retrouvent bloqués en gare des Mureaux ou à Poissy.

« Ils expliquent que certains ont escaladé un pont, ils sont arrivés sur une nationale, ils ont fait du stop. D’autres, ont traversé un champ » raconte Aurélien Wolcke, usager et membre du Comité des usagers des transports de l’Ouest Francilien des récits de cette soirée sur le groupe Facebook. « Hier on a eu une soirée assez exceptionnelle, c’était absolument ­magnifique », ironise-t-il.

Comme beaucoup d’autres, au départ de Paris, son train de 19 h 13 a été supprimé. Il décide donc vers 20 h de prendre la direction de Poissy par La Défense. Il aura dû attendre avec un grand nombre de passagers dans la gare ou dehors que des bus de substitution soient mis en place vers 22 h pour réussir à rejoindre Mantes-la-Jolie, vers 23 h 30. « Tout ce qui s’est passé hier était prévisible, on savait qu’il allait faire chaud, […] on savait les conséquences qu’il pouvait y avoir », ajoute-t-il. En moyenne, des centaines de personnes ont mis « entre six et huit heure pour rentrer chez eux », raconte Aurélien Wolcke.

Le lendemain, le comité d’usagers a envoyé un courrier à la présidente d’Île-de-France mobilités (organe satellite de la Région en charge des transports, Ndlr) Valérie Pécresse (Libres !). Louis Gomez, président de l’association dénonce une « démission totale de la SNCF » et parle « de honte ». Il réclame des sanctions à l’égard de l’entreprise ferroviaire, notamment un dédommagement financier pour les usagers, et la création d’un comité de ligne pour les gares de la vallée de Seine distribué par la ligne J et surtout « une mise sous tutelle de la ligne J ».

Crédits photo : MARC FRANCOIS