La vie budgétaire carriéroise a connu de nouveaux rebondissements ces dernières semaines. L’avis de la Chambre régionale des comptes (CRC) avait été sollicité suite au rejet du budget, le 9 avril dernier. Ce dernier a été publié dans la journée du 27 juin, mais plusieurs erreurs ont été soulevées par la mairie, obligeant le préfet à émettre un arrêté correctif. Ce dernier a été publié le 1er juillet, relevant que la CRC avait commis « des erreurs matérielles ».

Au sein des élus, chaque camp se satisfait des décisions émises. Pour le maire Christophe Delrieu (DVD), cet avis montre « l’expertise » dont fait preuve la mairie en matière budgétaire. Chez les trois représentants de l’opposition, l’ancien maire Eddie Aït (GE), la première adjointe Khadija-Gamraoui-Amar (LR) et Anthony Effroy (FI), on dénonce un budget « insincère », au vu des modifications apportées.

« [La CRC] avait supprimé des crédits qui sont des inscriptions budgétaires obligatoires de par la loi, par exemple des écritures d’ordre », expliquait le jour-même de la ­publication Christophe Delrieu. Au lendemain de la publication de la décision du préfet, il précise de sa tutelle : « Il y a des lois, le préfet ne peut pas inscrire quelque chose qui n’a pas déjà été voté au préalable par le conseil municipal. […] Il n’a pas le pouvoir de mettre des choses qui n’ont pas déjà été engagées. »

Parmi les projets mis à mal par l’avis de la CRC et non retenus par le préfet, l’école de la Centralité. « On avait juste inscrit des crédits de principe parce qu’on attendait la réponse du conseil départemental qui finance à hauteur de 70 %, explique-t-il. Finalement, ce ne sera pas 3,2 millions de recettes, mais cinq millions de recettes, car la vie budgétaire a continué. » Une nouvelle délibération devrait être ainsi présentée lors d’un conseil ­municipal.

Pour le moment, pour Eddie Aït, l’école « a été annulée par la faute d’un maire qui n’a même pas fait délibérer en conseil », s’indigne-t-il lors d’une conférence de presse ce 2 juillet. À ses côtés, Anthony ­Effroy, poursuit : « Il y a près de quatre millions d’euros d’investissement qui sont supprimés. » Sur la section de dépenses d’investissement, le préfet a en effet choisi de retenir la proposition de la CRC d’un total de 16 millions d’euros, contre 20 millions d’euros ­présentés par la Ville.

« Il y a des choses normales, qu’on peut comprendre », soulignait l’édile le 27 juin dernier de cette coupe. Une fois la décision préfectorale tombée, il fait remarquer : « Un budget prévisionnel, […] c’est juste une question de temporalité. […] Je rappelle qu’on peut même le voter avant le 31 décembre. Forcément quand on le vote avant le 31, vous avez une vie budgétaire en marge de l’année civile qui se déroule. »

Autre sujet de crispation entre les élus, les marchés publics liés aux travaux de l’hôtel de ville, la CRC ne les ayant pas comptabilisés, et le préfet « partiellement », selon l’opposition. « Le marché, il y est forcément, elle a un document où le numéro de marché est écrit partout. Des fois vous avez une, deux, trois lignes, alors du coup, le bureau, il est écrit une fois par exemple, note Christophe Delrieu. Elle dit « cette ligne-là, je n’ai pas vu le numéro, j’ai considéré qu’il n’y avait pas de ­marché ». »