Samedi 6 juillet, « environ trois tonnes de poissons morts ont été découverts dans la Seine entre Achères et le barrage d’Andrésy » a indiqué Yann Bourbon, directeur du site du Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne (Siaap) à l’AFP. Plus de 400 kilos avait déjà été récupérés la veille.

L’origine de cette hausse de mortalité est due à l’incendie ayant détruit l’unité de clarifloculation (servant à l’élimination des particules en suspension des eaux usées, Ndlr) ce mercredi 3 juillet, aux environs de 16 h 45. « La mortalité piscicole […] s’explique par la diminution significative de ce taux d’oxygène dans les premières heures ayant suivi la déclaration du sinistre », indique le Siaap ce dimanche dans un communiqué de presse. Ce lundi, un nouveau ramassage de cadavres devait être ­organisé dans les zones difficiles d’accès.

« Nous avons dû interrompre une partie de notre traitement d’eau usée mercredi de 17 h 15 à 19 h 30 à la suite de l’incendie. 23 m³/seconde d’eau partiellement traitée (soit 12 % de l’eau traitée sur une journée) ont été rejetés dans la Seine », précise le directeur des conséquences ­immédiates pour la station d’épuration. Néanmoins, ce vendredi 5 juillet, Yann Bourbon indiquait lors d’une conférence de presse que « ces rejets ne présentent pas de risques pour la santé de l’homme ».

« À la suite de cet incendie, nous ne pourrons temporairement traiter que 40 % des eaux usées que nous recevons d’ordinaire, poursuit Yann Bourbon. Les eaux usées restantes seront dispatchées sur les cinq autres sites d’Île-de-France dont celui se trouvant à Triel-sur-Seine. » Cependant, selon nos informations, certaines personnes présentes lors de la conférence de presse s’inquiétaient de la ­récurrence de plusieurs incidents.

En février 2018, les sapeurs-pompiers avaient dû intervenir à 3 heures du matin pour éteindre un incendie qui s’était déclaré dans le bâtiment « filtre-presse » de l’usine de traitement. Un mois après, ils ont été de nouveau sollicités pour une émanation suspecte. Par le biais d’un communiqué de presse, l’entreprise avait indiqué que « deux produits chimiques sont entrés en réaction dans une cuve, générant une fumée de couleur orangée ».