C’est la fin d’un long bras de fer entre l’édile RN mantevillois Cyril Nauth et le président de l’Association mosquée Mantes Sud (AMMS), Abdelaziz El Jahouari. Jeudi 4 juillet, l’association a été expulsée des locaux qu’elle occupait boulevard Roger Salengro depuis 2014 (elle s’est alors susbtituée à l’association El Fethe qui y demeurait depuis 2002, Ndlr). « C’est une expulsion décidée par la préfecture », précise le maire. Contactée, cette dernière n’a pas répondu, mais selon nos informations, cette décision aurait été prise très ­rapidement par le préfet.

Dans la matinée, les ouvriers s’affairaient à barricader le site, les services municipaux vidant les locaux des objets entreposés sous la surveillance de policiers municipaux. En fin de journée, l’ancienne salle de prière transformée en lieu d’enseignement de l’arabe était complètement fermée, avec un permis de démolir affiché.

Dans la matinée, les ouvriers s’affairaient à barricader le site, les services municipaux vidant les locaux des objets entreposés sous la surveillance de policiers municipaux.

« Nous avons choisi de partir nous-mêmes pour éviter que la communauté musulmane locale soit utilisée pour des fins de communication et politiciennes », a tenu à indiquer Abdelaziz El Jahouari par courriel, de cette remise des clés effectuée à 8 h, « dans le calme », selon le maire RN de Mantes-la-Ville (et dont la commune compte aujourd’hui deux mosquées, Ndlr).

« Cela fait cinq ans que l’association occupe sans droit ni titre ce pavillon appartenant à la commune, il y a eu de nombreux travaux réalisés sans autorisation », tient à rappeler du contexte Cyril Nauth. « Nous nous étions engagés à les quitter à la rentrée en ayant accéléré les travaux rue des Merisiers (dans l’ancienne trésorerie devenue mosquée, Ndlr) pour y rapatrier toutes nos activités à la rentrée », indique pour sa part l’AMMS sur sa page Facebook.

« Nous sommes surpris par le concours apporté par le sous-préfet », note toutefois Abdelaziz El Jahouari, évoquant un recours toujours pendant devant le tribunal administratif de Versailles. « Nous accueillerons les fidèles à la mosquée rue des Merisiers dès aujourd’hui et nous accueillerons également nos élèves aux Merisiers à la rentrée en septembre »,
détaille-t-il.

À la place des locaux, des travaux seront réalisés afin d’aménager un parking. « Il y aura un double usage, à la fois pour les usagers qui voudront se rendre au poste de police municipal juste derrière, au centre technique municipal, précise l’édile. Au-delà, je pense que les commerçants à proximité seront tout à fait contents de disposer d’un parking pour leur clientèle. »