Ils évoquaient en janvier dernier la possibilité de mener une liste commune face au maire sortant Cyrl Nauth (RN). Cela ne sera finalement pas le cas. Dans un communiqué de presse daté du vendredi 30 août, Eric Visintainer (Libres!) annonce finalement sa candidature en tant que tête de liste, sans la participation du groupe de l’ancienne maire PS Monique Brochot. Cette dernière confirme suivre la ligne préconisée par son parti à savoir « rassembler la gauche ». Tous deux poursuivent toutefois les discussions avec le groupe d’Annette Peulvast (DVG, maire entre 1995 et 2008), chacun de leur côté.

« On avait décidé de ne pas mêler les partis, elle [Monique Brochot] n’a pas su le faire », regrette le président du groupe Mantes en mouvement, à propos des discussions menées autour d’une liste commune. En janvier dernier, la présidente du groupe Ensemble pour Mantes-la-Ville, soulignait pourtant que « malgré nos courants politiques et nos opinions divergentes, nous avons eu à cœur de parvenir à un consensus cohérent tout en conservant notre liberté de vote et aussi un certain respect entre élus », en évoquant le travail d’opposition mené conjointement par les trois groupes et la possibilité d’une liste commune.

Un souhait qu’elle n’aura finalement pas pu appliquer puisqu’au mois de février, la fédération yvelinoise du PS s’est offusquée de cette potentielle alliance, qu’elle jugeait contre-nature, préférant qu’elle se rapproche de listes clairement identifiées à gauche, notamment Nous Mantevillois, dont la tête de liste est Romain Carbonne (FI, candidat aux législatives de 2017 et fondateur du Conseil de réflexion et ­d’initiatives citoyennes en 2014, Ndlr).

« La fédération nous l’avait demandé et lors de l’université d’été, la consigne d’Olivier Faure a été claire, on rassemble à gauche, confirme de sa ligne de conduite Monique Brochot. Nous avons entamé des discussions avec le Parti communiste, Nous Mantevillois, on espère également toucher EELV et le groupe de madame Peulvast. […] On prépare un vrai programme de gauche. » La situation est ainsi accueillie avec satisfaction par la fédération yvelinoise. « Nous voulons que les Mantevillois puissent choisir une politique cohérente », détaille Boris Venon (PS), secrétaire fédéral adjoint.

« On avait décidé de ne pas mêler les partis, elle [Monique Brochot] n’a pas su le faire », regrette Eric Visintainer (Libres!), président du groupe Mantes en Mouvement. « La fédération nous l’avait demandé et lors de l’Université d’été, la consigne d’Olivier Faure a été claire, on rassemble à gauche », confirme de sa ligne de conduite Monique Brochot (PS).

Bien qu’ayant quitté Les Républicains, « Eric Visintainer a un passé de droite », souligne Monique Brochot. Eric Visintainer lui réfute toute alliance avec les extrêmes « de droite, comme de gauche » et voit donc d’un mauvais œil les discussions engagées avec Nous Mantevillois …. que Romain Carbonne ne souhaite pas commenter. « Nous avons la responsabilité de ne pas faire la liste de trop, fait-il remarquer de Nous Mantevillois. Nous voulons rassembler […]. Mais cela n’engage à rien. »

Avec ces récentes prises de position, le risque d’une multiplication des listes ne semble-t-il pas se profiler, avec le risque de se voir reproduire le scénario des municipales de 2014 ? « Nous essayons de rassembler pour que justement, il y ait le moins de listes possibles », insiste Monique Brochot. Pour sa part, Eric Visintainer indique que sa liste sera une liste « divers » et qu’il « n’acceptera[it] aucune ­investiture d’un parti politique ».

Le groupe Ambition pour Mantes-la-Ville, mené par Annette Peulvast, apparaît ainsi comme une charnière pour les deux autres leaders de l’opposition municipale. « On est au milieu du gué, chacun se positionne en fonction des uns et des autres, de son parti, de ses collègues », analyse cette dernière de l’ambiance générale et refusant de commenter la récente déclaration d’Eric Visintainer, mais laissant sous-entendre que les tractations ont débuté en coulisses. De la future campagne à venir, elle précise : « Nous sommes encore à sept mois des élections, il peut se passer tellement de choses, la situation est tellement mouvante … »

Pour Cyril Nauth, la candidature affichée d’Eric Visintainer « est un non-évènement. Tout le monde sait qu’il rêve d’être le maire de Mantes-la-Ville et ce depuis longtemps ». Il décrit ainsi son opposant comme « seul et isolé » malgré « ses tractations et ses marchandages […]. Son propre parti n’a pas voulu de lui ni en 2014, ni en 2020 […]. Aujourd’hui les socialistes, pourtant considérablement affaiblis n’en veulent pas davantage ». Pour autant, s’ils ne feront pas de liste commune, « je ne confonds pas opposition et campagne, nous continuerons de travailler ensemble », indique Eric ­Visintainer.