Encore dans les cartons à l’automne dernier, le projet de cité éducative et plus globalement du second plan de rénovation urbaine commence à entrer dans une phase plus active. Dès l’année prochaine, démarreront les travaux de la cité éducative, entre le groupe scolaire Dorgelès et le collège René Cassin, l’aménagement des espaces publics ainsi que la démolition de 20 logements dans la résidence du Trident, où est également situé le centre communal d’action sociale. Le chantier devrait finir en 2023.

En parallèle, dans les rues des Petits pas, Trident, des places de l’Ellipse et Béguinage, un programme de réfection des immeubles, ainsi que la transformation, rue Cours toujours, de locaux commerciaux en logements par le bailleur social Les Résidences Yvelines-­Essonne seront engagés. À partir de 2021, c’est au niveau de l’avenue de Poissy que seront construits 260 nouveaux logements, ainsi qu’une maison médicale pluridisciplinaire. Dans le même temps, l’avenue Charles de Gaulle sera ­également requalifiée.

Ces deux derniers chantiers devraient être terminés pour l’année 2027, permettant à la ville de clore son deuxième programme de rénovation urbaine. Au total, ce deuxième PRU a un coût de 43,3 millions d’euros, et est subventionné par le Département, l’Agence nationale de la rénovation urbaine (Anru), la Région, la communauté urbaine, les bailleurs sociaux… et la Ville, à hauteur de 1,3 million d’euros.

Une première présentation du projet global a été évoquée lors d’une réunion publique organisée le 20 juin dernier devant une trentaine d’habitants. Quelques semaines plus tard, le 5 juillet, une autre réunion avait lieu, cette fois-ci pour définir les contours et la méthodologie de cette cité éducative. Si lors de la première réunion, les habitants s’étaient surtout inquiétés de modalités pratiques, notamment l’accès à la formation, au code et au logement pour les jeunes, lors de la seconde, la cinquantaine de participants s’est surtout penchée sur la façon de faire travailler et d’impliquer ensemble professeurs, enseignants et parents pour l’éducation de l’enfant.

« Il y avait un secteur que nous voulions changer et conforter durablement ; c’est tout le secteur que l’on appelle Dorgelès Trident, rappelle de l’ambition de ce deuxième programme de rénovation urbaine la maire DVD Catherine Arenou, au soir du 20 juin. Un deuxième est également très important, celui de la voie Charles de Gaulle, puisque vous le remarquez cette voie a été faite comme si on voulait éviter que l’on rentre dans Chanteloup-les-Vignes. »

Des sept ans de chantier à venir, elle ne cache pas que leur ­finalité est que le regard sur la ville change : « Cette rénovation et cette fin de rénovation, elle doit contribuer à améliorer encore l’image des quartiers […], l’image que les habitants ont d’eux-mêmes »… Tout en aidant une nouvelle population, principalement des jeunes couples avec enfants, à « s’intégrer » au sein de la commune.

Dans l’assistance, une habitante demande toutefois si les Chantelouvais pourront être prioritaires dans les 260 logements à venir. « Ce ne seront pas des logements sociaux, nous sommes dans le domaine privé, il n’y a pas de priorité, fait remarquer Catherine Arenou. Ce qu’on fait généralement c’est qu’on fait savoir plus tôt à la population qu’il y a des programmes qui sont mis en vente. » La ville ayant atteint son quota de logements sociaux, la construction de ces derniers n’est plus financée. « On essaie de trouver un certains nombre de solutions, de dispositifs comme l’accession sociale à la propriété, qui correspondent au parcours résidentiel des habitants », souligne l’édile.

Les participants étaient invités à repartir avec un « cahier de vacances », afin de continuer à y inscrire leurs idées. Leur collecte est prévue en septembre, avec le lancement d’un nouveau cycle de réunions.

Le premier chantier d’envergure à débuter sera celui de la cité éducative. « Nous avons actuellement trois bâtiments, au Sud, le groupe scolaire Dorgelès qui va être entièrement démoli avec la cantine scolaire pour donner place à une nouvelle construction qui va intégrer l’école élémentaire, maternelle et surtout le centre de loisirs », précise Catherine Arenou. Face au collège René Cassin et la résidence du Trident sera construit le restaurant scolaire, « mais surtout des services qu’on n’a pas encore à Chanteloup-les-Vignes, notamment une bibliothèque et une ludothèque ». Enfin, le collège sera lui rénové et réaménagé par le conseil départemental.

Lors de la réunion du 20 juillet, la maire insistera sur la nécessité pour les Chantelouvais de s’impliquer dans la construction du projet éducatif. Si une mère de famille juge « très beau » le fait de « mettre la réussite entre les mains des jeunes Chantelouvais », elle s’interroge toutefois : « Est-ce qu’on n’est pas en train de zapper quelque chose ? Nos jeunes vont avoir 15-16 ans, ils sont en décrochage scolaire, est-ce qu’on ne pense pas à faire un centre de ­formation pour qu’ils puissent se former ? »

La réponse de la maire sera claire. « Nous avons un centre de formation qui s’est installé place des arcades qui forme aux métiers de la restauration. Chaque mois nous avons dans le département 400 postes non-pourvus dans ce secteur, insiste Catherine Arenou. Ça veut dire qu’il faut former des jeunes dans ces métiers qui sont en tension. » Elle évoque également le partenariat noué avec l’école de commerce Essec à Cergy-Pontoise (Val-d’Oise) afin que les adolescents, après le collège « puissent commencer à se penser ailleurs ».

Mais avant de penser à l’ailleurs, la cinquantaine d’enseignants, éducateurs, associatifs participant à la réunion du 5 juillet devaient se pencher sur les éléments clés de cette cité éducative qui accueillera au total 500 élèves, âgés de trois à 16 ans. « Nous allons travailler sur les notions de fonctions, détaille Grégory de l’agence Indivisible, mandaté par la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise pour consulter la population. Qu’est-ce que voudrez avoir dans cette cité éducative ? »

Co-éducation, intégration des professionnels, outils pédagogiques, … les participants doivent ainsi proposer des mesures concrètes afin de poser les bases du projet éducatif. « On nous a dit qu’il fallait que cela soit un outil de pilotage, note Grégory. Qu’on mette en place un plan d’actions, un échéancier et penser les choses de manière raisonnable et pragmatique. » En premier lieu, les participants demandent à ce que soit écrite au sein de la cité éducative une phrase philosophique, artistique, visible dès l’accueil, « afin de montrer que l’on est dans l’art et la culture », ­souligne une ­participante.

La création d’espaces communs, l’ouverture de l’aide aux devoirs à des personnes extérieures, organiser des temps de rencontres afin de présenter les équipes, travailler à l’intégration des nouveaux enseignants, sont autant de pistes proposées. « Certains ne connaissent pas Chanteloup à part leur école », note ainsi un enseignant de l’intégration de nouveaux collègues au sein de la commune. Les participants étaient invités à repartir avec un « cahier de vacances », afin de continuer à y inscrire leurs idées. Leur collecte est prévue en septembre, avec le lancement d’un nouveau cycle de réunions.

« C’est vraiment avec ça que vous allez changer Chanteloup ? Vous y croyez ? » demande un riverain au soir du 20 juin, visiblement peu convaincu. Sa question n’entachera pas l’optimisme de Catherine Arenou. « Oui, c’est avec ça », ­assène-t-elle en guise de ­conclusion.