Les Meulanais, et particulièrement les licenciés du CN Meulan, en ont malheureusement l’habitude. Régulièrement, depuis plusieurs années, le stade des Aulnes est impraticable du fait d’inondations répétées. Des inondations qui surviennent lorsque Veolia eau diminue les pompages de la nappe phréatique, faisant donc remonter son niveau. Difficile de trouver une solution pour pallier ces inondations, les différents acteurs se renvoyant la balle. Mais pour le moment, impossible pour le CN Meulan de disputer des matchs, laissant le club dans un avenir ­incertain.

Les footballeurs l’utilisent depuis 1942 mais risquent aujourd’hui de devoir faire une croix sur leurs entraînements meulanais pour cette saison. La situation aurait empiré « depuis une dizaine d’années », souligne Stéphane Couleaud, le ­trésorier du CN Meulan, à propos des inondations.

Lui, voudrait que la commune autorise l’accès au second terrain, situé plus en hauteur, et réservé habituellement aux débutants, car actuellement, c’est l’ensemble du stade qui est interdit au public. Contactée, la maire n’a pas pu répondre à nos sollicitations dans les délais impartis à publication pour expliquer son choix. Elle n’est en revanche pas optimiste pour leur retour dans les mois prochains. « Il est conseillé à tous les pratiquants de football de rechercher un club dans les communes alentours pour la prochaine saison », indique le site internet de la mairie.

Une entente pourrait être trouvée pour les vétérans avec la commune d’Ecquevilly. En revanche, pour les plus jeunes, aucune solution n’a été avancée. À cause de cette situation, le nombre de licenciés baisse continuellement. « Actuellement, on a 200 licenciés, on est déjà monté jusqu’à 650 auparavant, regrette Stéphane Couleaud. Le club en perd chaque année à cause de la vétusté des locaux et des inondations. »

Pour Veolia eau, la situation n’est pas une surprise, au vu de l’emplacement du stade des Aulnes. « Historiquement, le stade et toute cette zone-là est une tourbière. Il y a 11 mètres de tourbe et on est sur des anciennes cressonnières », explique Eric de Saint-Martin, directeur territorial des Yvelines pour Veolia Eau. Depuis le début d’année, les pompages ont été réduits pour faire respecter « un principe de précaution » de l’Agence régionale de santé (ARS) qui « applique par anticipation des probables futures réglementations » sur le taux de chrome présent dans l’eau. « On est obligé de respecter ce que l’ARS nous demande », conclut-il.

Dans un courrier adressé à la mairie daté du 15 juillet, l’entreprise prévient : « À l’automne, la nappe phréatique commencera sa recharge annuelle et il est fort probable que le stade soit de nouveau noyé jusqu’à l’été prochain […]. » De quoi venir contrarier les plans de la mairie qui prévoyait de mener des travaux suite aux inondations du mois de mars « pour la remise en état des terrains permettant la pratique du football à compter du mois de septembre sous réserve de l’évacuation totale de l’eau stagnante ».

Le trésorier du club verrait bien une solution à ce problème : que Veolia vienne pomper l’eau et la rejette ailleurs. Impossible pour Eric de Saint-Martin. « Les volumes d’eau pompés sont trop importants […], fait-il remarquer. Il y aurait des risques d’inondations ailleurs et dans le centre-ville. » Des solutions devraient être présentées à l’ARS d’ici octobre, pour une remise en service du stade espérée pour l’an prochain. La mairie, elle recherche « une solution pérenne », souligne-t-elle dans un courrier daté du 18 juillet adressé au club.