Leur déploiement en gare de Saint-Lazare avait commencé en fin d’année 2018 avec une mise en service le 15 juillet dernier, les portiques de validation mass transit ont été inaugurés mercredi 28 août. Ces portes spécialement conçues pour les zones voyant passer des centaines de milliers de passagers par jour devraient être installées dans 34 autres gares franciliennes d’ici 2021.

Selon Île-de-France mobilités (organe satellite de la Région en charge des transports, Ndlr) et la SNCF, ces portiques permettront notamment de mieux lutter contre la fraude. Du côté de la fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) d’Île-de-France, si l’on comprend l’argument, on espère que ces portiques ne viendront pas créer un engorgement supplémentaire en heure de pointe ou en cas de ­problème.

Ce sont ainsi 140 portes qui ont été installées pour accéder aux quais mais aussi entre les quais Transilien et les Intercités normands, pour un coût de 14 millions d’euros, et ainsi contrôler les 450 000 voyageurs quotidiens de la gare en lisant les titres de transports franciliens mais aussi les ­billets grandes lignes.

D’ici 2021, plusieurs futures gares Eole devraient en être équipées, dont La Défense, Nanterre (Hauts-de-Seine) et Porte Maillot. Pour Mantes-la-Jolie, « des études sont en cours pour évaluer les possibilités techniques, si la gare est en capacité de l’accueillir, la réflexion n’est pas fermée », indique-t-on à la SNCF.

Avec ces portiques, la validation devient obligatoire pour sortir ou entrer sur les quais. La SNCF espère ainsi diminuer le manque à gagner contre la fraude qui s’élève à « environ 63 millions d’euros. » Mais pour Marc Pélissier, le président de la Fnaut Île-de-France, « il faudra qu’il y ait des contrôleurs dans les parages », un signal lumineux apparaissant en haut de la porte si deux personnes passent en même temps.

De la mise en service, Marc Pélissier évoque « un rôdage ». Pour lui, le vrai test commence en cette semaine de rentrée. « Cela ne lève pas nos inquiétudes », note-t-il des expérimentations menées. « Les gens n’auront pas forcément l’habitude de valider pour sortir, en particulier pour les trains grandes lignes, soulignent-ils. Certains ne conservent pas leurs billets. En banlieue, on valide seulement à l’entrée, il y aura des habitudes à changer. »

La gestion des passages est également attendue au tournant. Alors que la SNCF indique dans un communiqué que les portiques peuvent faire passer « 35 » personnes par minute, « il suffira que quelqu’un cherche son ticket, son pass dans son sac pour faire ralentir, cela pourra être source de tensions, analyse Marc Pélissier. Le personnel devra être présent en gare. »

Il en est toutefois conscient, « cela va sûrement râler un petit peu » dans les rangs des usagers, parfois déjà agacés par les péripéties quotidiennes pour arriver ou repartir de la gare Saint-Lazare. « Sur le fond, nous ne sommes pas contre, nuance-t-il toutefois. Mais il ne faut pas que cela vienne aggraver la situation, qui peut être très tendue en heure de pointe où lorsque ­survient un incident. »