Jeudi dernier, une manifestation à l’initiative du collectif inter-­urgences avait lieu devant le service des urgences du centre hospitalier François Quesnay. Soutenu par le syndicat Force ouvrière, les urgentistes dénonçaient leurs conditions de travail et notamment les difficultés à recruter du personnel soignant.

« Nous, aux urgences, on a été dimensionné pour 17 000 passages par an, déclare Julie, une infirmière. On est à plus de 46 000 […]. C’est l’enfer […]. Il faut avoir la fibre urgence parce que sinon vous ne tenez pas. » À cette saturation, s’ajoutent pour le centre hospitalier des ­difficultés de recrutement.

« On est en cours de recrutement de personnel, ajoute Julie. Il y a eu une titularisation d’infirmières (suite à la manifestation de mai, Ndlr). On va avoir un audit pour la création de postes d’aides-soignants. Ce qu’il nous faut maintenant ce sont des médecins. Ce ne sont pas des créations de poste pour les médecins. Ce sont des postes qui sont vides. »

Pour résoudre ce problème, Bernard Landais, secrétaire adjoint de Force ouvrière au centre hospitalier François Quesnay, ne voit qu’une solution : « On n’attire pas les mouches avec du vinaigre. Il faut donner un salaire décent et des conditions de travail décentes pour que les gens restent. »

« C’est de l’exploitation, s’indigne Bernard Landais. Il faut arrêter les bêtises […] On est vraiment sur une problématique de santé publique. Les gouvernements successifs n’ont pas suffisamment prévu cette pénurie et là, à l’heure actuelle, c’est la prise en charge des patients aux urgences qui est lourdement pénalisée. »

Le manque de médecins urgentistes à François Quesnay, et plus généralement « à l’échelle nationale », n’est pas l’unique inquiétude de Julie : « Il faut faire en sorte que les infirmières restent aussi et que les anciennes ne soient pas usées. Quand elles arrêtent ce n’est pas pour partir dans un autre service d’urgence » Si l’intéressée ne nous a pas communiqué de données chiffrées, elle reconnaît toutefois qu’il y en a eu récemment « plusieurs ».

Dans un communiqué de presse daté du 26 septembre, la direction rappelle qu’un comité de suivi, « composé de la Direction, des organisations syndicales signataires et d’une délégation de l’équipe des urgences », s’est créé suite à la grève du mois de mai et que trois réunions ont été organisées. Elle indique également que « depuis septembre, les recrutements d’effectifs paramédicaux ont été entièrement réalisés » et qu’une « première partie des travaux de sécurisation a été réalisée », la seconde devant être effective pour la fin de l’année. « Des rencontres inter-services notamment entre les professionnels des urgences et de la psychiatrie ont eu lieu pour réviser les processus d’accueil et de prise en charge aux urgences », ­précise-t-elle.

Dans ce communiqué, la direction annonce également avoir fait appel à un programmiste pour réaliser « un projet d’étude de faisabilité de la rénovation globale des locaux des urgences » pour « exprimer les besoins en organisation et en locaux des urgences et des soins non programmés en repensant les circuits à l’Hôpital et avec la Ville ». Pour Valérie Gaillard, directrice déléguée du site François Quesnay, « le programmiste va travailler avec les équipes pour rénover aux urgences le circuit patient pour leur bien-être. » ce qui améliorerait aussi les « conditions de travail du personnel hospitalier. » Il est attendu par les manifestants. « On attend beaucoup de lui » affirme Julie.