Elle était peut-être l’une des investitures les plus attendues pour la ville et n’a pas manqué de provoquer son lot de surprises et de commentaires. Dans la soirée du lundi 7 octobre, la commission d’investiture nationale d’En marche a rendu sa décision et choisi officiellement son candidat pour la mairie mantevilloise en la personne de Christophe Desjardins, avocat à Mantes-la-Jolie et presque un inconnu pour les Mantevillois et au sein du milieu politique local.

Du côté de la gauche, une nouvelle candidature pourrait émerger en la personne d’Amitis Messdaghi (EELV), conseillère municipale d’opposition dans le groupe Ensemble pour Mantes-la-Ville de Monique Brochot (PS), maire de 2008 à 2014. Le Courrier de Mantes indiquait en effet dans son édition du 9 octobre que la conseillère municipale travaillait à la constitution d’une liste et estimait être en « capacité de fédérer » pour la constitution d’une liste à gauche. Du côté de la droite LR, et malgré la candidature d’Eric Visintainer (Libres), on espère l’émergence « d’une figure nouvelle » (voir encadré).

« Avocat en droit social et pénal, Christophe Desjardins consacre sa carrière à défendre les droits des victimes », fait savoir le comité départemental yvelinois d’En marche dans un communiqué. Et parmi les faits d’armes de ce juriste de 59 ans, celui d’avoir défendu Annette Peulvast (DVG, maire de 1995 à 2008 et députée de 1997 à 2002, Ndlr) lors des élections législatives de 1997 face à Jean-Marie Le Pen, venu soutenir sa fille, candidate contre Annette Peulvast. Il l’avait alors bousculé et insulté, ce qui lui avait valu une condamnation à un an d’inéligibilité et trois mois de prison avec sursis.

Dans le communiqué d’En marche, il s’agit de la seule action mise en avant, laissant sous-entendre que Christophe Desjardins pourrait avoir le soutien de l’ancienne maire. Mais cela ne sera visiblement pas le cas, la page Facebook de son groupe, Ambition pour Mantes-la-Ville, ayant publié une réaction dès le mardi matin : « L’ambiguïté voulue des propos tenus du communiqué de presse de LREM […] évoquant les liens du candidat LREM avec Annette Peulvast-Bergeal, laissent à croire que Christophe Desjardins aurait le soutien d’Annette Peulvast-Bergeal. Il n’en est rien. Les liens personnels qu’ils peuvent entretenir n’impliquent pas de la part d’ Annette Peulvast-Bergeal un soutien politique à LREM. »

« Elle était furieuse qu’ils aient utilisé son nom de cette façon-là », indiquent de sa réaction plusieurs observateurs de la vie politique locale. D’autant que, dans la foulée de ce communiqué, un dessin, déjà publié pour « dénoncer une tentative de parachutage (avortée) (celle de Philippe Pascal, voir encadré, Ndlr) » est à nouveau mis en avant sur la page du groupe municipal. Le parachutage n’est également pas du goût d’Eric Visintainer. « Ils n’ont vraiment aucun sens politique, déplore-t-il dans une publication Facebook. Dans une ville dirigée par le RN, parachuter un candidat totalement inconnu, qui vient de Mantes-la-Jolie, est une action qui va favoriser une possible réélection du maire RN. Cyril Nauth pourra les remercier ! »

Dans une rapide présentation, la page Facebook Christophe Desjardins Mantes-la-Ville souligne « qu’après son divorce, il a habité trois ans à Mantes-la-Ville. C’est une ville qu’il connaît très bien professionnellement et personnellement ». De son engagement politique, il est indiqué que le quinquagénaire a rejoint À gauche pour l’initiative, la responsabilité et la solidarité, courant néo-rocardien, dans les années 1980. La candidature que Christophe Desjardins porte est « sans étiquette politique, sans engagement partisan, ayant à cœur de lutter contre toute forme d’extrémisme », insiste le comité départemental dans son communiqué, en faisant selon lui « le candidat du rassemblement tel que nous ­l’appelons de nos vœux ».

À gauche, les chances de présenter une liste unie entre les différents courants semblent s’amenuiser à en croire le communiqué publié le 8 octobre dernier par la page Facebook Nous Mantevillois, dont la tête de liste est Romain Carbonne : « Les interlocuteurs avec lesquels nous avons discuté à plusieurs reprises, du PCF, du PS et d’EELV ne jugent pas nécessaire pour le moment de s’engager avec nous dans cette démarche de renouvellement des pratiques politiques, démocratiques et citoyennes. »

Favoriser l’émergence d’une « figure nouvelle »

S’il semble être le leitmotiv principal pour ces élections, le rassemblement semble de plus en plus difficile à concrétiser, du moins à six mois des municipales. Alors qu’il appelle au Rassemblement yvelinois (voir p.6), le président du Département Pierre Bédier indique, à propos de la candidature d’Eric Visintainer : « Il est candidat, il n’y a aucun problème, mais je pense que sa candidature n’est pas une candidature de rassemblement. »

Au début 2018, Pierre Bédier avait tenté d’apporter « une figure nouvelle, parachutée », en la personne de Philippe Pascal « ancien militant socialiste, devenu suppléant du député LR Vialay », rapidement mise en échec. « Les Mantevillois voulaient une candidature mantevilloise, analyse-t-il de cet échec. Il faut trouver une personnalité mantevilloise qui ne soit pas ­impliquée dans l’échec de la dernière fois. »

De sa position à l’approche des élections, il précise : « Je ne serai pas impliqué dans la campagne de premier tour s’il n’y a pas union. S’il y a l’union entre [les partis compris entre] l’extrême-droite et l’extrême-gauche, je m’engagerai, s’il n’y a pas l’union, je resterai un peu en retrait pour préparer le deuxième tour pour faire des fusions parce que si on fait comme la dernière fois, s’il n’y a pas de fusion de liste, on connaît le résultat par avance. J’essaierai d’être un facilitateur. »