Depuis début juillet, les Triellois ont participé à des réunions de concertatation ou encore à une concertation numérique pour évoquer les projets de réaménagement qui pourraient être engagés dans les prochains mois. D’un côté, l’entrée sud de Triel-sur-Seine, site en cours de réhabilitation par la société EMTA, de l’autre, le centre-ville et plus particulièrement la rue Paul Doumer.

Mercredi 10 juillet, lors de la première réunion publique sur le projet de centre-ville, les habitants sont unanimes concernant la rue Paul Doumer. Engorgements et difficultés de circulation, manque de stationnement, manque de commerces, le bilan partagé par les urbanistes présents n’est pas forcément positif alors que les propositions n’ont pas encore été ­formulées.

Plus avancée, la concertation autour du projet de réaménagement de l’entrée sud, ancienne décharge gérée par la société EMTA donne lieu aux premières propositions. Lors de la réunion publique du jeudi 12 septembre précédée d’une visite du site, l’installation d’un parking relais ou d’un golf divisent les habitants sur cette parcelle voisine de celle devant accueillir une ferme photovoltaïque.

« La Ville de Triel-sur-Seine a souhaité lancer une réflexion sur le centre-ville », explique lors de la réunion publique mercredi 10 juillet Pierre Vionnet, urbaniste et directeur général adjoint à la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO). « Il y avait un peu six éléments de diagnostics qui ressortaient », précise l’urbaniste des précédentes études menées sur le sujet.

Les pistes de réflexion proposées par Pierre Vionnet et Patrick Céleste, architecte urbaniste pour l’agence Paris U, tournent autour de la ­valorisation du patrimoine et des équipements municipaux de la reconquête des berges, des liens entre la Seine et le centre-ville, ainsi que l’« organisation commerciale » et « la revalorisation de la rue Paul ­Doumer ».

« Vous n’attaquez pas le sujet, on a un problème de stationnement, on a un problème de parking, on a un problème de sécurité. […]. Il faut arrêter, on en a ras le bol » réagit un habitant après la présentation des urbanistes. « Régulièrement, on est bloqué dans Triel. […] Ça devient un capharnaüm », se plaint un autre habitant des ­difficultés de ­circulation.

« Il y a un gros problème aujourd’hui de concentration de trafic dans une rue qui par son gabarit n’est pas faite pour ça », répond Pierre Vionnet. Des pistes d’aménagement possibles, l’urbaniste exclut un projet de contournement de la Ville : « Moi, j’ai tendance à penser que même si ça serait vachement plus facile, il ne faut peut-être pas trop se raconter d’illusions. »

L’urbaniste privilégie plutôt la possibilité d’un « aménagement sur une section où le transit serait rendu plus compliqué […] ça peut être aussi un moyen de décourager un peu de trafic de transit ». Du manque de stationnement et de la sécurité sur les trottoirs Pierre Vionnet souligne, « c’est vrai qu’on a très envie d’élargir les trottoirs parce qu’aujourd’hui ils sont très insécure et en même temps […] on manque de stationnement. Elargir les trottoirs, c’est au moins supprimer sur une section du stationnement ».

« Vous n’attaquez pas le sujet, on a un problème de stationnement, on a un problème de parking, on a un problème de sécurité. […] Il faut arrêter, on en a ras le bol » réagit un habitant après la présentation des urbanistes.

Du commerce en centre-ville, Pierre Vionnet pointe du doigt « un paradoxe dans le fonctionnement commercial » entre « une surface motrice qui est le supermarché Auchan » et les commerçants de la rue Paul Doumer plus éloignés. « C’est très bien que cette surface soit là, mais elle profite assez peu aux commerces autour parce qu’il n’y a pas de ­continuité », ­affirme-t-il.

« On est vraiment en lancement d’une démarche […], poursuit-il. Sur la base du dialogue entre nous, Patrick Céleste va vraiment prendre son crayon et dessiner des propositions précises qui seront soumises à débat. » Des propositions précises, certaines se dégagent déjà concernant le projet de réaménagement de l’entrée sud durant la visite du site en cours de réhabilitation et de la réunion publique qui s’en est suivie jeudi 12 septembre organisées par l’agence Res publica.

« Le site fait un peu plus de 70 hectares » avec une vingtaine d’hectares qui seront consacrés à la ferme photovoltaïque, explique Thierry Villerio, directeur du site EMTA lors de la visite du site. « Les déchets en-dessous ils doivent être par rapport au site actuel, on devait être à je crois trois mètres en dessous du terrain tel que vous le voyez, avant le réaménagement », précise-t-il du ­remblaiement de l’ancienne ­décharge.

Fin 2020, la première phase de remblaiement devrait prendre fin. Ensuite, « il faut qu’il y ait un projet d’entrée de ville pour faire la deuxième phase d’aménagement », évoque le directeur du site. Des propositions d’aménagements évoquées lors de la réunion publique.

Quelques habitants sont pour un parking relais proche du rond-point : « On peut imaginer qu’à cet endroit-là, il y ait une partie du terrain qui puisse servir aux Triellois pour se garer en voiture ou en vélo. » Un riverain fermement opposé à ce genre de parking réagit : « Je ne suis pas d’accord du tout avec le parking parce que je suis riverain et je n’ai pas envie d’avoir un tas de bagnoles devant moi. »

« Il faudra quand même mettre un parking raisonnable […] mais à une position qui ne soit pas face aux maisons », souligne Raphaël Wietzcke directeur pôle stockage chez Sarp Industries (filiale de Veolia, comme EMTA, Ndlr). « Le fait de faire un parc à vocation multi-activités […] c’est quand même quelque chose qui fait consensus » note-t-il.

« Ça sera des jeux pour enfants, ça sera une piste de vélo, c’est ce genre de choses, que moi je souhaiterais plutôt que l’on puisse faire et réaliser » indique le maire Joël Mancel (DVD). Du projet de golf soutenu par la mairie, l’édile précise : « Il y avait déjà des projets là-dessus, travaillés avec EMTA […] On dit que le golf est réservé à une certaine population […] mais ça s’est bien démocratisé. Ça peut rentrer aussi dans les cycles sportifs des enfants. » Un calendrier précis n’a pas encore été établi mais un projet concret pourrait être présenté dans les mois à venir.