Difficile pour les observateurs de la vie politique de vallée de Seine d’envisager un tel scénario à Aubergenville. Alors que l’actuel adjoint aux travaux et aux transports, Gilles Lécole (LR, conduit une liste divers droite élargie) annonçait sa ­candidature il y a quelques semaines, un retournement de situation s’est produit. Le 10 octobre dernier, à minuit et demi, le maire actuel, Thierry Montangerand, désormais DVD, faisait acte de candidature. Maire et adjoint s’affronteront donc durant cette campagne.

Le kinésithérapeute de 62 ans avait été désigné par la sénatrice Sophie Primas (LR), ancienne maire touchée par la loi de non-cumul des mandats, en octobre 2017. Mais pour cette échéance électorale, l’élue a choisi d’être sur la liste de Gilles Lécole plutôt que sur celle du maire sortant. La déclaration de candidature du maire sortant a elle reçu un accueil plutôt enthousiaste de la part du député de la neuvième circonscription Bruno Millienne (Modem) et de ­soutiens LREM locaux.

« La campagne sera plus animée que prévu, oui », reconnaît Gilles Lécole de la situation. D’autant plus qu’aux mois d’avril et juillet, l’édile avait annoncé à l’équipe majoritaire qu’il ne se présenterait pas à sa succession. « Est-ce qu’il a changé d’avis au dernier moment ou est-ce qu’il a ourdi ça depuis un long moment ? », questionne-t-il de ce revirement.

La première hypothèse semble la bonne à écouter la réponse de Thierry Montangerand. « Il y a quelques mois je pensais ­qu’effectivement je ne repartirai pas, approuve-t-il. Finalement, en y réfléchissant bien, cela faisait deux ans que j’étais en poste, j’avais quand même envie de prolonger un petit peu le travail que j’avais effectué. » Il indique ainsi que cette candidature sonne comme « une déclaration ­d’existence ­personnelle ».

« Personne n’a démissionné, on a été élus par les Aubergenvillois, si on devait démissionner on l’aurait fait avant », souligne Gilles Lécole (à gauche). Thierry Montangerand, lui, demande « aux uns et aux autres, de continuer leurs missions jusqu’au bout ».

Le maire évoque également l’envie d’apporter sa « touche personnelle » à des projets « qui ont été initiés peut-être avant moi mais au moins que j’aurai vu passer ». Pourtant, la candidature de Gilles Lécole semble avoir avancé sa décision. « Tout le monde est allé trop vite en besogne, analyse-t-il du calendrier. […] J’aurais pu attendre janvier, mais je ne souhaitais pas forcément qu’il n’y ait qu’une seule personne qui se déclare et lui laisser le champ libre. »

Plus que la déclaration en elle-même, c’est la forme et les réactions qui semblent avoir le plus surpris. « Aujourd’hui Monsieur Montangerand fait une campagne sur Facebook, moi j’ai distribué 7 000 tracts », relève Gilles Lécole. « Je suis connu, je suis le maire sortant, je n’ai pas besoin d’aller distribuer par monts et par vaux une profession de foi pour expliquer ma vie mon œuvre » rétorque l’actuel maire.

En commentaire, le député Bruno Millienne a lui salué un « élu intègre toujours à l’écoute de ses administrés et ne comptant pas ses heures ». Des propos qui suscitent de l’incompréhension du côté de Gilles Lécole. « Ce n’est pas clair du tout […]. Nous voyons apparaître des soutiens que nous ne comprenons pas », note l’adjoint.

De sa position à lui, il poursuit : « Un seul fil, celui qui nous conduit dans la continuité de François Bony (maire de 2001 à 2014, Ndlr) en direction d’Aubergenville pour 2020 et au-delà du mandat qui nous attend. »Thierry Montangerand, lui, précise : « Je n’ai demandé de soutien à personne, je m’aperçois qu’il y a un certain nombre de personnes qui veulent me soutenir, et bien j’échangerai avec elles au moment opportun. »

Si les deux hommes et une partie de l’équipe majoritaire seront opposés en mars, l’heure ne semble pas à la scission au sein du conseil municipal. « Personne n’a démissionné, on a été élus par les Aubergenvillois, si on devait démissionner on l’aurait fait avant », souligne Gilles Lécole. Le maire sortant, lui, demande « aux uns et aux autres, de continuer leurs ­missions jusqu’au bout ».