Ils y réfléchissaient depuis presque un an. L’opposition a finalement donné sa démission du conseil municipal. Après concertation, les deux membres restants sur les quatre initiaux de la liste Vaux avec vous siégeant au conseil ont rendu leur décision publique dans un communiqué datant du 11 octobre. À cinq mois des municipales, le président de la liste, Jean-Pierre Zolotareff (DVG), affirme avoir voulu « faire un coup d’éclat pour que ça rentre dans les annales » et dénoncer certaines pratiques des élus de la majorité rendant l’ambiance du conseil municipal délétère selon lui.

De cette ambiance qui aurait été réservée à l’opposition, le titre du communiqué est explicite : « Après cinq ans et demi d’entraves, de mépris, de provocations et d’insultes : nous démissionnons du conseil municipal ! ». Interrogé sur ce sujet, Jean-Pierre Zolotareff déclare : « À chaque fois que je voulais intervenir, j’étais hué […]. On me disait « vous êtes incompétent » […]. » Pour le démissionnaire, en cinq ans et demi, d’autres membres de l’opposition auraient vécu des situations similaires. « On était boycotté, ajoute-t-il. Une fois, on a même dû sortir de la salle tellement on se faisait conspuer. »

Interrogé sur ce sujet, l’édile Jean-Claude Bréard (SE) ne semble pas surpris. « C’est son angle d’attaque habituel, prévient-il. Je ne me sens pas concerné par ces attaques […]. Ses propos ne sont pas réalistes. » Malgré tout, en avouant que « des propos véhéments des deux côtés » peuvent parfois être proférés, le maire reconnaît à moitié les accusations de l’opposant concernant certains propos tenus en conseil. Pour autant, il ne régnerait « pas une mauvaise ambiance » au sein du conseil municipal et l’édile nie toutes insultes ayant pu être tenues durant les réunions.

Mais pour Jean-Pierre Zolotareff, le maire n’est pas à blâmer. Le président de la liste Vaux avec vous reconnaît même en aparté que Jean-Claude « Bréard est un homme charmant sur le plan humain et courtois ». D’après le démissionnaire, le fautif ne serait autre que l’ancien maire de la commune, Julien Crespo (SE) qui, en 2017, avait réalisé une passation de pouvoir à mi-mandat.

L’opposant ne mâche pas ses mots le concernant et accuse l’ancien maire, désormais en charge des finances et des services à la population, d’être en réalité toujours aux commandes de la municipalité. « Le maire, encore aujourd’hui, est Crespo, affirme Jean-Pierre Zolotareff. Depuis le début, il n’a jamais voulu avoir une vraie opposition. Il ne l’a jamais digéré […] Il ne supporte pas la démocratie. »

Contacté, Julien Crespo n’a pas souhaité s’exprimer. Quoi qu’il en soit, pour le maire Jean-Claude Bréard, cette démission ne change rien à l’organisation future des conseils municipaux. « On va demander au cinquième et au sixième de la liste d’intégrer le conseil municipal, déclare-t-il. S’ils refusent, on fera la même chose jusqu’au vingt-septième s’il le faut. »

Jean-Pierre Zolotareff admet ne pas se préoccuper pour le moment de son avenir politique : « Nous n’avons pris aucune décision […] On est toujours traumatisé […] Ce ne serait pas illogique de reconduire une nouvelle liste. On se décidera en janvier. »