Le 18 octobre dernier, un violent affrontement opposait des groupes de jeunes Carrièrois et Pisciacais devant le lycée Le Corbusier et le centre social André Malraux, dans le quartier Beauregard. Plusieurs attroupements, aussi violents, ont été recensés durant les derniers mois.

Pour rassurer et tenter de trouver une solution, une réunion était organisée en mairie de Poissy le 25 octobre dernier réunissant les deux maires concernés, proviseur, représentant des parents d’élèves et forces de l’ordre.

Le maire de Carrières-sous-Poissy, Christophe Delrieu (DVD), plaide pour de plus fortes sanctions (son homologue pisciacais, Karl Olive (DVD) n’a pas pu répondre à la rédaction dans les délais impartis, Ndlr).

« Si c’était vraiment des bandes, on pourrait les retrouver et les identifier, mais là ce sont des groupes de circonstances, précise du contexte ­Christophe Delrieu. Ils se rassemblent l’après-midi […]. Ils se livrent une petite guérilla territoriale depuis un an et demi, deux ans ­particulièrement. »

Selon lui, l’une des origines du conflit serait liée à une vidéo réalisée par un Carrièrois. « Il s’est pris en vidéo devant un panneau de Poissy en disant on est chez vous. Poissy l’a perçu comme une provocation », détaille-t-il. Il précise ainsi que le 18 octobre, « ce n’était pas les structures en elles-mêmes qui étaient visées ».

Les problèmes d’affrontements entre jeunes ne datent pas d’hier mais « cela n’avait pas la même forme, insiste-t-il. Aujourd’hui, cela prend de l’ampleur car cela est rendu public, diffusé par les réseaux sociaux. On a des comportements encore plus fous. » Des actions auraient été mises en place suite aux évènements du 18 octobre : « La police municipale de Poissy a renforcé ses patrouilles. »

Si identifier clairement les participants, parfois armés, à ces attroupements n’est pas aisé, lorsqu’interpellation il y a, l’élu regrette un manque de suivi judiciaire. « Un rappel à la loi pour de tels faits c’est minime, déplore l’édile carrièrois. Il n’y a pas le sentiment de réparation. Tout cela a un coût pour les collectivités, un coût social, un impact psychologique. » Et demande un soutien aux députés pour ­travailler sur cette question.

La députée de la sixième circonscription, Florence Granjus (LREM), a elle interrogé le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer le 24 octobre : « Vous avez mis en place un plan de lutte contre les violences scolaires pour une réponse plus efficace. […] Enseignants et élus locaux se sentent démunis […] Comment cette évolution de la violence est-elle prise en compte dans le budget 2020 ? »

En réponse, le ministre indique : « Ce ne sont pas toujours des violences scolaires, ce sont des violences de la société qui s’invitent dans les alentours du système scolaire. […] Il y a eu une flambée pendant une semaine donnée. […] Il y aura par exemple un développement des équipes mobiles de ­sécurité. »