En octobre 2018, la ville de Mantes-la-Jolie a intégré le plan gouvernemental « Action cœur de ville ». Après un an de concertation avec les habitants et de réflexion, la municipalité a présenté les premières mesures qui devraient être mises en place à plus ou moins long terme pour « redynamiser le centre-ville » et améliorer son attractivité. Aides aux commerçants, mise en place de nouveaux services dans les espaces publics, mesures sur le stationnement, mise en lumière des lieux culturels ou touristiques, de nombreuses idées ont été abordées devant les habitants lors de la réunion de clôture de la concertation mardi 8 octobre. Des propositions qui ont reçu un accueil favorable.

Suite à la présentation aux habitants, le maire Raphaël Cognet (LR) a convoqué un conseil municipal dit « extraordinaire » pour faire voter dix délibérations sur « l’attractivité du coeur de ville ». Les élus d’oppositions ont émis des objections concernant notamment le financement ou encore le calendrier.

« Il y a un an, on avait annoncé l’élaboration d’un plan global de développement et de modernisation du centre-ville, rappelle du plan Action cœur de ville à la centaine d’habitants présents lors de la réunion de clôture de la concertation mardi 8 octobre le maire Raphaël Cognet. L’État a ainsi promis aux communes de « mobiliser un certain nombre de leviers et de financements », poursuit l’édile.

« Action cœur de ville, nous a permis de catalyser toutes ensembles un certain nombre d’initiatives », précise Raphaël Cognet en conférence de presse pré-conseil municipal, jeudi 16 octobre. Des leviers d’actions identifiés lors de la concertation, l’édile en cite cinq devant les habitants « l’organisation efficace de la circulation et du stationnement », la rénovation des espaces publics, « la maîtrise de l’habitat en centre-ville », l’attractivité commerciale et artisanale ainsi que l’animation culturelle et touristique. Des mesures importantes, le maire évoque la création de l’office de commerce qui devrait ouvrir dès le printemps 2020 dans l’ancien magasin Running Mantes, place Saint-Maclou. Il le décrit comme : « Un point unique pour tous les porteurs de projets, les commerçants, et tout ce qui a un rapport avec le commerce. »

L’édile annonce également la mise en place d’une aide directe pour les commerçants. Un soutien de la mairie pour les commerçants qui le ­souhaitent et voudraient moderniser leurs boutiques. Elle pourrait être financée en partie par la taxe sur les friches commerciales adoptée lors du conseil municipal. « Il y a très longtemps qu’on parle d’horaires d’ouverture et visiblement rien ne change dans Mantes. Je veux bien que les Mantais payent et aident les commerçants, mais il faudrait peut-être revoir les temps d’ouverture pour que les commerçants renvoient un peu l’ascenseur », réagit un habitant. « Si notre centre-ville va bien, tout le monde y gagne […]. Donc on considère que ça rend légitime une intervention financière pour aider les commerçants », justifie l’édile.

Le maire Raphaël Cognet (LR) évoque la création de l’office de commerce qui devrait ouvrir dès le printemps 2020 dans l’ancien magasin Running Mantes. Il le décrit comme : « un point unique pour tous les porteurs de projets ».

Arnaud Léonard, nouveau président de l’association des commerçants Coeur de Mantes, tente de rassurer : « On va essayer de faire des nocturnes, on va essayer de faire des horaires d’ouverture un peu plus larges, peut-être le samedi […]. Le but du jeu, c’est que tout le monde soit uni dans les mêmes temps d’ouverture. » Le maire annonce également aux habitants d’autres mesures comme l’extension de la gratuité des parkings le samedi ou la mise en place d’un plan lumière pour la collégiale ou la tour Saint-Maclou. En conseil municipal, des délibérations concernant l’installation d’un kiosque à journaux dans le courant de l’année 2020 ou l’installation de boutiques innovantes dans le centre-ville sont inscrites à l’ordre du jour. « Je pense qu’on va avoir un beau conseil, à mon avis assez consensuel, qui va nous permettre de mettre un petit coup de fouet à cette question, se satisfaisait Raphaël Cognet lors de la conférence de presse. Je veux que l’on garde l’implication des habitants en leur disant « c’est vous qui êtes responsables de votre centre-ville, nous on crée des conditions favorables mais vous, il faut que vous les saisissiez ». »

L’opposition viendra ternir les souhaits du maire. « Je rappelle le coût, la question des inégalités entre les quartiers, la question qui peut se poser à terme de la santé des populations », annonce dès le début du conseil municipal David Stefannely (PS), du groupe Parti socialiste et citoyen, de son choix de s’abstenir lors des votes des délibérations. Le conseiller d’opposition ajoute : « Par ailleurs, au niveau de la méthode, nous déplorons ce calendrier précipité et ces mesures prises en fin de mandat […] qui s’apparente, hélas, à de la communication. » Une analyse partagée par les élus d’opposition Marc Jammet (communiste) et Joël Mariojouls (DVG) du groupe Ensemble pour une gauche citoyenne à Mantes-la-Jolie.

Du calendrier, l’édile précise alors : « Le fait que vous invoquiez un argument électoral prouve que vous n’avez absolument rien lu sur tout Action cœur de ville. Le gouvernement nous demande d’engager des actions avant le 31 décembre, sous peine de perdre tout les financements et de ne pas pouvoir postuler sur les prochains dispositifs. » Marc Jammet pointe lui un coût trop important pour la Ville. « Un bel effet d’annonce qui va coûter très cher aux finances communales, […] une dizaine de locaux mise à disposition à titre gratuit et puis le stationnement gratuit en parking souterrain qui n’est pas chiffré », évoque-t-il.

Du financement et des aides que devrait accorder l’État, Raphaël Cognet se dit toujours dans l’attente. « Ça va rentrer en œuvre quasiment tout de suite pour certaines choses, un peu plus longuement pour d’autres » insiste-t-il lors de la réunion publique. Des prochains chantiers concernant le centre-ville, le maire assure : « Il y a encore des sujets qui sont en développement, […] c’est des sujets qui restent à traiter. » Il aborde notamment la question des mobilités douces, la rénovation de l’habitat ou encore la création de liens entre les pôles gare en prévision de l’arrivée du RER E à Mantes-la-Jolie.