Le fossé se veut toujours plus large entre Christophe Delrieu (DVD), le maire de Carrières-sous-Poissy, et son opposition. Jeudi dernier les élus de la municipalité ont été convoqués pour un conseil à un horaire devenu habituel pour cette réunion, à 13 h 30.

La séance de ce jeudi avait toutefois une ambiance particulière. Les délégations de Christophe Delrieu lui ont été retirées, comme le réclamait ses opposants depuis le printemps, venant clore six mois d’absence de quorum répétées ou de levées de séances sur ce sujet.

À l’ordre du jour également, l’attribution de subventions au centre communal d’action sociale et à la caisse des écoles, une première fois refusée en juillet. Les deux ont été adoptées : 495 000 euros au CCAS et 30 000 euros pour les scolaires. « Ces aides financières étaient bloquées parce que l’opposition avait refusé de voter le budget au printemps », rappelle Christophe Delrieu.

Pourtant si ces deux décisions pourraient laisser penser à un retour au calme, il n’en est rien. Les trois groupes d’opposition de Carrières-sous-Poissy ont de nouveau exigé le retrait des délégations du maire. Une demande qui découle déjà du 12 avril mais qui n’avait pu se conclure aux votes lors du conseil municipal du 12 juin, les élus du groupe So Carrières, soutenant le maire Christophe Delrieu, ayant quitté la salle afin d’empêcher l’assemblée d’atteindre le quorum.

Ce jeudi, il en fut autrement avec 18 votes pour le retrait des délégations de Christophe Delrieu, contre 15. Ainsi, ce dernier a perdu toute possibilité de statuer seul à propos des affaires courantes, et devra soumettre chaque sujet, quel qu’il soit, au vote du conseil municipal.

« Ce qui est navrant c’est que certains opposants, qui ont pourtant été ancien maire ou conseillère régionale (Khadija Gamraoui, Ndlr.), occultent le côté humain de ce genre de décision », regrette Christophe Delrieu. Chacune des décisions municipales devra, dorénavant, être soumise à une délibération. « À présent, il y a une vraie urgence à retrouver un fonctionnement apaisé », souligne Eddie Aït (SE), l’ancien maire de la ville visé quelques instants plus tôt par son successeur.