L’émotion est toujours palpable devant les ruines du chapiteau de la Compagnie des contraires. Son incendie provoqué par une bande de jeunes dans la soirée du samedi 2 novembre, a largement interpellé la classe politique. Christophe Castaner, le ministre de l’intérieur, s’est rendu ce mardi 5 novembre à Chanteloup-les-Vignes entouré de la ministre de la justice Nicole Belloubet et de Julien Denormandie, ministre auprès de la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales.

Un déplacement très remarqué puisqu’en comparaison, lorsque l’école maternelle Roland ­Dorgelès, avait, elle aussi, été emportée par les flammes dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2018, seul Jacques Mézard (LREM), alors ministre de la cohésion des territoires, s’était déplacé. Cette fois-ci, la délégation était voulue par Christophe Castaner comme « un message de fermeté », a-t-il tweeté sur place.

« Justice sera rendue à Chanteloup. Justice sera rendue à ce quartier et à ses habitants. Justice sera rendue à ces femmes qui nous accueillaient, à ces mères de famille qui portaient ce cri de détresse de voir à nouveau un lieu de culture, de vie et de rassemblement incendié et attaqué comme il l’a été », s’insurgeait le ministre de l’intérieur, au micro de LCI ce mardi à Chanteloup-les-Vignes.

Venu saluer les forces de sécurité et les pompiers, dont Catherine Arenou (DVD) rappelait, ce vendredi, que l’intervention avait duré « près de six heures », le ministre indiquait vouloir porter un plan de recrutement « de 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires pour notre pays ». Pour rappel, les forces de l’ordre avaient été prises à partie par une trentaine de jeunes avant l’incendie. Affrontements à la suite desquels ils déploraient, dans leurs rangs, deux blessés légers.

« L’État participera à la reconstruction de l’Arche, lieu symbolique de la ville, s’est pour sa part engagé Julien Denormandie sur Twitter. La République sera aux côtés de la maire et de ses habitants pour que ce beau lieu de culture rouvre le plus vite possible. »

Une promesse qu’avait également faite Pierre Bédier (LR) le président du département des Yvelines à Catherine Arenou dès son arrivée dans le quartier de la Noé, lundi 4 novembre. « Nous allons nous entretenir sur les besoins de Chanteloup-les-Vignes en termes de médiation, de prévention et s’il faut investir pour que la ville bénéficie d’agents de police municipale pour agir la nuit, nous le financerons aussi ». Ce dernier avait également engagé le département pour reconstruire « en moins d’un an » la structure inaugurée en 2018, restant toutefois ouvert à des subventions d’autres collectivités.

Un appel du pied bien réceptionné par Valérie Pécresse (Libres), la présidente de la région Île-de-France, qui est venue fermer la marche des visites officielles ce vendredi 8 novembre. Touchée par cet uppercut envoyé vers la culture, la présidente régionale a promis une subvention pour le site ainsi que la création d’un fonds dédié à la culture dont Catherine Arenou sera la marraine. « Nous allons dès la semaine prochaine voter 100 000 euros de subvention d’urgence pour permettre de relocaliser les activités du cirque pour la jeunesse chantelouvaise », a annoncé Valérie Pécresse.

Les activités de la Compagnie des contraires ont d’ores et déjà repris ce lundi 11 novembre à la salle des fêtes Paul Gauguin, en attendant l’installation d’un chapiteau temporaire. « J’apporte tout mon soutien à Catherine Arenou qui mène une opération de rénovation urbaine très importante : elle doit continuer même si elle se heurte à des intérêts bien compris de l’économie ­souterraine », a conclu Valérie Pécresse.

L’un des jeunes interpellés passe aux aveux

Les deux jeunes de 17 et 21 ans interpellés samedi soir, peu après l’incendie de l’Arche de Chanteloup-les-Vignes, ont été mis en examen pour destructions ou dégradations de biens par incendie en bande organisée, embuscade en réunion et violences volontaires avec arme en bande organisée sur personnes dépositaires de l’autorité publique. Comme le relève Le Parisien, les deux jeunes ont été présentés devant le juge des libertés et de la détention. Un interrogatoire à l’issue duquel le mineur de 17 ans, arrêté lors de la soirée d’affrontements, est passé aux aveux. Le plus jeune a reconnu avoir insulté la police et leur avoir jeté des pierres tandis que l’autre suspect, âgé de 21 ans, a continué à nier.