Le Val Fourré devrait entrer durant l’année 2020 dans sa deuxième phase de rénovation urbaine. La première phase s’était achevée en 2010 et concernait à l’époque les secteurs des Peintres, des Médecins, des Explorateurs, des Garennes, des Inventeurs et des Ecrivains. Pour cette seconde opération, les Physiciens, les Aviateurs, les Musiciens et la centralité (le secteur autour du centre commercial Mantes 2, Ndlr), sont concernés. La convention avec l’Agence nationale de la rénovation urbaine (Anru) devrait être signée d’ici les prochaines semaines et un plan d’amorce départemental permettra dans le courant de l’année prochaine d’intervenir sur les espaces publics, notamment sur le mail piéton de la tour Vega.

Alors c’est une municipalité mantaise plutôt enthousiaste qui a lancé mercredi 6 novembre un atelier de concertation avec les habitants au sein du centre de vie Aimé Césaire. Cette première réunion était dédiée au secteur des Physiciens. Insalubrité de certains logements, mauvaises dessertes des transports en commun, manque d’aires de jeux et problèmes de stationnement ont notamment été soulevés par la trentaine de participants, pointant les problèmes du ­quotidien.

« La bonne nouvelle c’est qu’on va enfin pouvoir commencer la phase Anru 2 que les habitants du quartier attendent depuis dix ans », se réjouit le maire LR Raphaël Cognet ce soir-là. Ce délai d’attente entre les deux opérations de renouvellement urbain, l’élu l’explique surtout par des raisons économiques. « Cette phase va coûter en gros, d’après nos estimations 450 millions d’euros, c’est-à-dire à peu près ce qu’a coûté la première phase, détaille l’édile. La ville est incapable de les mettre, il faudrait qu’on y consacre le budget de la ville pendant 60 ans. »

Un chantier « colossal » et long, entre dix et 15 ans, qui permettra selon lui de réduire l’injustice territoriale du quartier : « Il y a des quartiers réhabilités propres et agréables à vivre et d’autres qui n’ont pas vu un début de rénovation depuis 40 ans et donc sont dans un état lamentable sur la question du logement. » La question du logement est d’ailleurs l’un des premiers éléments de ­diagnostic ­établis par la Ville.

« Il y a une problématique générale de vétusté des locaux, que ce soit des logements ou des ­équipements ­publics », relève une chargée d’étude aménagement au sein de la mairie, les bâtiments datant pour la très grande majorité des années 1960-1970. Elle poursuit des objectifs de cette deuxième phase de renouvellement urbain : « L’objectif de l’Anru 2 c’est de s’attaquer au cœur du quartier du Val Fourré, vraiment la centralité. »

Pour une jeune femme, il y aurait d’abord un problème de sécurité à régler : « L’aire de jeux Chaptal est en mauvais état, il y a des racines, et les enfants ne vont pas sur le terrain de basket car ce sont les voitures qui s’y mettent. »

S’ils sont globalement satisfaits des services qu’ils trouvent dans le quartier, les habitants regrettent toutefois le manque de certains commerces. « Il faudrait un coiffeur pour femmes, un fleuriste », souligne une mère de famille. Concernant le déménagement du marché, si les avis sont partagés, tous les participants sont unanimes sur un point, celui les difficultés à se stationner dans le quartier. « Au pied de la tour Vega on ne peut plus se garer trois fois par semaine », déplore une habitante, demandant à ce que les places de parking soient privatisées, ou qu’un système de barrières soit mis en place pour distinguer les stationnements publics et privés. Le même problème est constaté avec les usagers de l’A14 express venant se garer gratuitement dans le secteur, celui de l’hôpital étant devenu payant.

Concernant les logements, tous demandent « une mise aux normes électriques » des logements et résidences, de nouvelles boîtes aux lettres pour remplacer celles cassées, mais aussi des locaux poubelles à l’extérieur des bâtiments, avec des conteneurs de tri. Une fois la convention Anru, « nous serons en capacité de lancer des études opérationnelles », précise Violette Fischer, directrice des projets urbains et de l’innovation pour les Résidences Yvelines-Essonne, l’un des bailleurs sociaux présents dans le quartier. Les travaux eux, se concentreront notamment sur « l’extérieur, l’enveloppe thermique du bâtiment, mais aussi dans les parties communes et les intérieurs de logements ». Une enquête sera menée auprès des locataires dans les prochains mois afin de récolter leurs attentes.

Plusieurs s’interrogent également sur le devenir du centre commercial Lavoisier, fermé depuis un incendie et la fermeture récente d’une boulangerie. « Je crois qu’il sera démoli », souffle la chargée d’aménagement lors de l’atelier, précisant toutefois que l’opération prendrait du temps. « On avait tout, une pharmacie, un cordonnier, énumère une habitante de l’offre du centre Lavoisier. Ce serait bien qu’il y en ait sur la dalle. »

Deux autres habitantes aimeraient également voir un retour de l’équivalent de la Pagode, centre aéré brûlé puis rasé il y a quelques années : « Ce serait bien qu’il y ait un lieu pour nous, qu’on puisse se rencontrer. » Un homme abonde, demandant un local spécifique pour les retraités : « Il n’y a pas que les jeunes. » Il demande également un renforcement de l’offre médicale pour les personnes les plus âgées et de leur faciliter les ­déplacements à pied.

Une meilleure desserte du quartier en transports en commun est également souhaitée pour se rendre en centre-ville, les habitants devant changer obligatoirement de bus en gare de Mantes-la-Jolie.

Un autre débat se pose, celui de positionner des bancs ou non aux alentours des aires de jeux. « S’il y en a, il y a des squatteurs qui viennent, on ne peut plus dormir », tranche net une mère de famille. Une retraitée lui oppose : « J’aime bien marcher dans le quartier, mais j’aimerais aussi pouvoir me reposer. » Pour une jeune femme, il y aurait d’abord un problème de sécurité à régler : « L’aire de jeux Chaptal est en mauvais état, il y a des racines, et les enfants ne vont pas sur le terrain de basket car ce sont les voitures qui s’y mettent. »

Le problème ne serait toutefois pas récent. « J’ai connu l’époque où les aires de jeux étaient fréquentées, il y avait moins de voitures, souligne un habitant ayant travaillé pour un bailleur social au sein du quartier. Le phénomène est apparu parce que la nature a horreur du vide. » Et de regretter qu’à l’époque « personne, ayant des pouvoirs de verbalisation, n’a[it] rien dit, n’a[it] rien fait. Ça a été signalé, des études ont été faites, mais rien n’a bougé. »

Un ancien correspondant de nuit souligne : « On a mis sur les pare-brises des documents leur disant que c’était interdit, les gens persistent, qu’est-ce qu’on fait après ? » La même mère de famille propose : « Il faudrait que ce soit fermé. Pareil pour les aires de jeux, pour éviter les squatteurs, et on pourrait mettre des bancs. »

Une meilleure desserte du quartier en transports en commun est également souhaitée pour se rendre en centre-ville, les habitants devant changer obligatoirement de bus en gare de Mantes-la-Jolie. « À terme, il y aura un transport en site propre, c’est-à-dire un bus qui roulera sur sa propre voie et qui sera prioritaire sur les voitures et gagnera un temps considérable pour les habitants qui souhaitent rejoindre la gare rapidement, détaille la chargée d’aménagement. Il est prévu dans la même temporalité qu’Eole ».

Si les attentes des habitants sont donc nombreuses, le maire tient à prévenir. « C’est nécessaire, mais on n’est pas le Père Noël, c’est-à-dire qu’on ne va pas pouvoir faire tout ce qu’on veut, insiste Raphaël Cognet. […] Refaire des logements sans agir sur les quartiers autour, c’est la certitude que la situation ne s’améliorera pas. On a besoin que vous vous exprimiez. » D’autres ateliers sont prévus les 13 et 14 novembre prochains, ainsi que le 2 décembre. La réunion de restitution aura elle lieu le 2.