« Quelle est la position du gouvernement par rapport à votre projet ? » La question du député de la cinquième circonscription de la Marne, Charles de Courson (Les Centristes), en conclusion de l’audition de Pierre Bédier (LR) et Patrick Devedjian (LR) pourrait faire sourire, mais elle est légitime.

Voilà plus de trois ans que les présidents des Yvelines et des Hauts-de-Seine œuvrent à fusionner leurs deux départements. Cependant, la question n’a toujours pas été actée par le gouvernement, malgré le prétendu feu vert d’Emmanuel Macron finalement démenti en septembre dernier. Ce mardi 5 novembre, Pierre Bédier et Patrick Devedjian précisaient leur projet devant les députés locaux.

« Il faut être juste et rappeler que le gouvernement a fait un pas vers nous, c’est important à mes yeux. L’État a saisi Sébastien Lecornu (ministre en charge des collectivités territoriales, Ndlr) de l’instruction de cette demande, il veut évidemment étudier, et il est temps, les conséquences, pour sa propre ­institution, d’une telle fusion », répondait Patrick Devedjian aux interrogations de Charles de ­Courson.

Cependant, si la commission a commencé par un exposé, l’impatience des deux hommes forts de l’Ouest parisien était palpable. « Aujourd’hui, l’État nous dit « si vous voulez la fusion il faut que vous payiez à ma place, ce à quoi je me suis engagé » […] Les préfets nous font chanter !», assurait Patrick Devedjian après avoir indiqué que les Yvelines-Hauts-de-Seine avaient déjà fusionné, « plus de 50 % » de leurs services. « Et cela, personne ne peut nous en empêcher. C’est un peu comme la soupe de poisson, une fois qu’elle est faite, vous ne pouvez pas remettre les poissons dans ­l’aquarium », souriait-il.

Durant cette commission, les présidents des deux départements étaient aussi invités à répondre aux mots de leurs détracteurs. En effet, pour certains, l’union des Yvelines et des Hauts-de-Seine s’apparente à « un mariage entre riches ». Une interprétation qui visiblement commence à irriter Pierre Bédier : « Regardez Chanteloup-les-Vignes, Trappes, Sartrouville, Mantes-la-Jolie, qu’on ne vienne pas nous dire que nous n’avons pas des territoires d’exclusions dans les Yvelines. » Le président du département des Yvelines a également profité de l’occasion pour indiquer, qu’une fois la fusion actée, il n’y aura plus qu’un siège unique du « bloc 98 » (voir indiscrets page 6.).