Lorsqu’on déambule sur les bords de Seine des îles de Rosny et d’Herville, à Guernes, un bourdonnement sourd se fait entendre. Ce bruit, c’est vraisemblablement celui de jet-skis que Pascal Brusseaux (SE) ne veut plus entendre sur sa commune. Malgré des mesures restrictives mises en place en avril 2018, difficile de limiter, voire d’arrêter les mises à l’eau.

« Les week-ends de beaux temps c’est infernal, parfois ils sont quatre ou cinq à se relayer toute la journée, ça crée d’énormes nuisances sonores, explique l’élu. Déjà qu’on interdit les tondeuses pour que les gens puissent profiter de leur terrasse et de leur jardin, ce n’est pas pour avoir des jet-skis qui dérangent tout le monde. » Avant l’été, l’élu avait repris l’arrêté préfectoral qui interdit la mise à l’eau de scooters des mers sur la portion de Seine, en aval de Guernes, du point kilomètre 116.5 au point 118.

Cet arrêté s’est traduit par l’installation d’un panneau à l’endroit même où les mises à l’eau sauvages ont été constatées, au niveau de l’ancien ponton du bac reliant Guernes à Rosny-sur-Seine. De quoi en décourager certains, mais pas d’endiguer complètement le phénomène comme l’explique l’édile guernois : « Sur l’été 2019, on a eu sensiblement moins de problèmes, mais on m’a encore appelé récemment pour me faire savoir que ça avait repris. La signalétique ne fait pas tout, les gens ne respectent plus forcement les arrêtés. »

Pour faire face à ces incivilités, le maire n’a d’autres choix que de faire régulièrement intervenir la gendarmerie, voire les autorités fluviales. « Au début, c’était surtout de la prévention, maintenant ils verbalisent quasi-systématiquement, détaille Pascal Brusseaux. Visiblement c’est dissuasif, car c’est rare de revoir sur l’eau une personne déjà verbalisée. »

Afin d’échapper à cette importante présence des gendarmes, et pour continuer de se distraire, les contrevenants se seraient, selon l’élu, déplacés sur la commune de Rosny-sur-Seine puisque « là-bas il n’y a rien de fait ».

Et effectivement, sur les berges de cette dernière, on ne retrouve aucune signalétique. Contacté, Pierre-Yves Dumoulin (DVD), ne semble, lui, pas au fait de cette législation. « Il me semble que comme pour la pratique du ski nautique, celle du jet-ski n’est pas interdite », affirme-t-il. Cependant, il reconnaît en voir « de temps en temps, mais ce n’est pas aussi bruyant qu’à Guernes ».

Tout de même désireux de réduire les nuisances sonores, et pour couper court aux tracts sauvages apposés aux alentours des deux communes par des riverains excédés, Pierre-Yves Dumoulin prévoit de rendre la voie servant à la mise à l’eau des jet-skis, piétonne et d’y installer une barrière. Une initiative que le maire de Guernes salue même s’il craint un retour de flamme. « Ça calmera certainement un peu le jeu, mais j’ai peur que si aucune solution n’est trouvée d’ici à l’été prochain, ceux qui ne se sont pas fait verbaliser [ne] revien[nent] à Guernes », souffle Pascal Brusseaux.

L’élu aura donc l’hiver pour envisager d’autres solutions. « Ce ne sont pas les idées qui manquent, mais par exemple en mettant des barrières ça pénalise les bateaux qui payent déjà une vignette aux Voies navigables de France ou les pêcheurs qui payent, eux aussi, une redevance », explique Pascal Brusseaux. Il y aussi la possibilité d’installer de la vidéo protection pour relever les plaques, cela dit, je ne pense pas qu’on pourra faire de la vidéo verbalisation. »