Rien n’a changé ou presque. Voici le constat qui peut-être fait depuis l’article publié dans La Gazette le 30 octobre sur les conditions de vie des demandeurs d’asile Tibétains. Selon les associations, ils sont désormais 550. Si en parallèle le nombre de bennes à ordures mises à leur disposition a doublé, passant de « sept à 14 », les sanitaires et douches exigés par l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles du 11 octobre n’ont pas été installés.

Face au recours demandé par les associations devant le juge des référés du Conseil d’État le 22 octobre, le verdict rendu le 15 novembre va dans leur sens mais n’apporte pas de réponse explicite concernant leur mise à l’abri. À l’approche de l’hiver, les associations s’inquiètent et un élan de solidarité s’organise (voir encadré).

« Désormais on espère un hébergement, affirme Michelle Béharel, représentante de la Ligue des droits de l’homme conflanaise en amont de l’annonce du verdict. Ils n’arrivent pas à dormir à cause du froid et ont du mal à venir aux activités qu’on propose le matin. Je pense que c’est parce qu’ils s’endorment le matin. Il y en a même qui dépérissent. Cela se voit sur eux : ils ont les visages amaigris et les traits tirés. C’est grave ! »

D’après un exemplaire que s’est procuré La Gazette de l’ordonnance du 15 novembre, la mise à l’abri des demandeurs d’asile Tibétains n’est pas spécifiquement annoncée : « Une astreinte de 100 euros par jour de retard est prononcée à l’encontre de l’État et de la commune d’Achères s’il n’est pas justifié, au 1er décembre 2019, de l’exécution de l’injonction prononcée par l’ordonnance […] du 11 octobre 2019 du juge des référés du tribunal administratif de Versailles, sauf à ce que les occupants du campement de migrants d’Achères soient mis à l’abri à cette date. »

Selon l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), la mise à l’abri devrait cependant pouvoir être effective d’ici le 1er décembre. « L’organisation par les services de l’État de la mise à l’abri des personnes présentes sur le ­campement est en cours et si ces services, n’ont pu préciser à l’audience l’échéancier ni les modalités de cette mise à l’abri, ils ont estimé être en mesure de l’assurer au plus tard le 1er décembre, notamment du fait des places rendues disponibles par le plan hivernal », peut-on lire dans l’ordonnance du 15 novembre.

Il est également indiqué qu’ « une mère et son enfant handicapé arrivés récemment [et] identifiés comme présentant une vulnérabilité particulière » devraient rapidement être hébergés. Selon Michelle Béharel, c’est chose faite depuis vendredi dernier.

La veille, la question de la mise à l’abri des femmes et des enfants avaient provoqué quelques tensions entre des membres associatifs et la députée de la sixième circonscription des Yvelines, Natalia Pouzyreff (LREM). Venue sur place avec d’autres parlementaires, elle avait déclaré que ces personnes étaient censées être rapidement mises à l’abri. Cela avait fait réagir Odile Roy, membre de la Ligue des droits de l’homme et du collectif de la confluence qui avait alors affirmé qu’il s’agissait d’un « discours ­erroné ».

Malgré tout, les tensions ont rapidement disparu au fur et à mesure de la visite de la députée qui était déjà venue sur place en ­septembre. Contrairement à sa précédente visite, elle s’est notamment aperçue que des femmes et des enfants vivaient sur le ­campement. Elle a aussi profité de sa présence pour annoncer qu’une mise à l’abri devrait leur être proposée sans pour autant préciser la date. « C’est une population qu’on ne peut pas laisser dans des conditions de vie précaires, avait-elle déclaré […]. Je me suis mobilisée pour qu’il y ait une mise à l’abri et qu’elle soit la plus rapide possible. Et cela va être le cas. Ils seront mis à l’abri avant l’hiver ».

Une distribution alimentaire organisée le 16 novembre


Selon Michelle Béharel, représentante de la Ligue des droits de l’homme conflanaise, une association turque aux Mureaux est venue apporter une cinquantaine de duvets. « Plein de gens écrivent pour savoir ce qu’ils peuvent apporter », souligne-t-elle.

Ce samedi 16 novembre, l’association Mali Lemounou, basée à Plaisir était présente à l’entrée du camp pour une distribution de nourriture, de duvets et couvertures et de produits de première nécessité par une petite quarantaine de personnes. « Il s’agissait de notre deuxième distribution, souligne le président Dayé Diakité. Nous avons fédéré des jeunes de Chanteloup, des Mureaux, de Mantes, de Plaisir, de Sartrouville […] La solidarité c’est inné en eux. »