« On est les oubliés de l’hôpital. » Au centre hospitalier intercommunal de Poissy-Saint-Germain-en-Laye (Chips) ou à celui de François Quesnay à Mantes-la-Jolie, la phrase revient sans cesse dans la bouche des manipulateurs en électroradiologie en charge de la réalisation des examens d’imagerie médicale.

En manque de reconnaissance, tant auprès des patients que de l’État, une manifestation nationale était organisée jeudi 21 novembre. Sur les 39 manipulateurs radios au Chips, 30 étaient en grève. À François Quesnay, 11 des 19 manipulatrices radios accompagnées de sept collègues de travail ont fait de même sur le parvis de l’hôpital.

« On veut qu’on reconnaisse notre profession, déclare une jeune gréviste à Mantes-la-Jolie. On parle des infirmières et c’est vrai qu’elles ont un métier pénible mais nous on ne nous connaît même pas ! Même les patients nous confondent parfois avec des infirmières […]. On voudrait être reconnu au quotidien ».

En voyant le terme de manipulateur en électroradiologie écrit sur les pancartes des manifestantes à Mantes-la-Jolie, un passant au téléphone interroge justement son interlocuteur : « Manipulateur en électroradiologie, tu sais ce que c’est comme métier ? »

Ce manque de reconnaissance ne se limite pas aux seuls patients. Selon les manifestants, leur diplôme équivalent au « grade licence » est sous évalué par le gouvernement. De ce fait, ils ne bénéficieraient pas de primes. « On travaille comme les autres mais on n’a pas de primes, affirme une manifestante à François Quesnay. On n’a même pas la prime de pénibilité. On a pourtant le dos rond en fin de la journée car certaines machines sont lourdes ».

Selon le délégué syndical Sud au Chips, Yann Mensa, cela serait en partie responsable du manque de manipulateurs en électroradiologie. Il y aurait ainsi 14 postes vacants dans ce centre hospitalier qui enregistre en moyenne 200 passages par jour et une dizaine à François Quesnay qui tourne aux alentours de 130 passages par jour. Le personnel se tournerait effectivement vers les hôpitaux privés où la différence de salaire serait de « 500 à 1 000 euros par mois ».