Étonnement et colère ce lundi 25 novembre à Achères. Dans la soirée, une vingtaine d’habitants de la résidence Lucie Aubrac, située dans le quartier de la gare, s’étaient donné rendez-vous à l’Espace Boris Vian pour rencontrer leur ­bailleur, CDC Habitat.

Seulement, à la grande surprise de l’assistance, l’organisation gestionnaire de la résidence n’est jamais arrivée. « Une honte », pour les locataires présents qui espéraient « enfin » obtenir des réponses sur les nombreux problèmes, de sécurité, de charges, auxquelles ils font face depuis plusieurs années. Contacté, le bailleur social invoque « une incompatibilité d’agendas » mais soutient « qu’une réunion va être reprogrammée pour répondre aux questions et attentes des locataires ».

« C’est encore une preuve qu’ils ne font aucun effort : on est face à un mur », déplorait une locataire de la résidence. Ironie du sort, cette réunion, organisée par la mairie, devait, justement, tenter d’ouvrir un dialogue « qui n’a jamais eu lieu entre les deux parties », relatait Annie Debray-Gyrard, adjointe en charge du logement et de la solidarité. En cause, un ras-le-bol général des riverains quant aux délais de réalisation des travaux dans leur immeuble.

Lundi soir, Frédéric Falipe, l’un des habitants de la résidence, présentait à La Gazette une lettre, datée du 25 février 2013, ­adressant au bailleur CDC Habitat (anciennement Osica) un bilan peu reluisant de l’état de son bâtiment, tout juste âgé de trois ans au moment du cachet de la poste. Parking inondé, canalisations brisées ou très mal en point, façades fissurées, les photographies jointes à la lettre sont nombreuses. « Un panneau annonçant les travaux a été posé en 2011 depuis plus rien… », s’indigne Frédéric Falipe.

« À part mettre la pression sur le bailleur, je n’ai pas beaucoup de marche de manœuvre », répondait le maire d’Achères, Marc Honoré (DVD), aux habitants.

« L’absence du bailleur, ce soir, est inadmissible ! », s’insurgeait l’une des riveraines de l’assemblée. « J’ai le sentiment qu’ils (CDC Habitat) dénigrent totalement les locataires, peut-être à cause de la tranche sociale, poursuit-elle. Qu’importe le revenu, on est en droit d’attendre un service décent à la hauteur du loyer ». Contacté, le bailleur a répondu à propos des difficultés : « Nous avons pleinement connaissance des problèmes rencontrés au sein de la résidence Lucie Aubrac, que nous déplorons. Ceux-ci sont dus à une fin de travaux d’opération et une livraison très difficiles de la part du promoteur ».

Également à l’ordre du jour, les nuisances occasionnées par des groupes de jeunes au pied de l’immeuble qui perdurent maintenant depuis plusieurs mois, faute à un dysfonctionnement du portail du parking. « Je me sens oppressé, quand je rentre chez moi, je baisse la tête », confiait l’un des locataires à Marc Honoré (DVD), le maire d’Achères. Ce dernier s’est dit « très remonté » au moment de faire l’appel. Ainsi, l’édile s’est vu contraint de répondre, seul, aux doléances des riverains malgré « le peu de possibilités » que lui confère sa position dans ce dossier. « À part mettre la pression sur le bailleur, je n’ai pas beaucoup de marge de ­manœuvre », indiquait-il.

En revanche pour lutter contre les attroupements intempestifs, comme ceux relatés par les habitants de Lucie Aubrac, le maire prévoit de déployer un important plan de vidéo protection : « Neuf caméras vont être installées prochainement, l’objectif est d’atteindre 35 sur la commune », expliquait Marc Honoré de ce qu’il espère être une solution aux carences d’Achères en matière de présence policière.