Tandis que plusieurs bus stationnent rue Camille Jenatzy, les associations humanitaires d’aide aux migrants s’affairent sur le campement des demandeurs d’asile Tibétains où une gigantesque file d’attente se forme. Le 3 décembre, ils ont effectivement été évacués vers différentes villes, la majorité dans le département, après que des solutions d’hébergement pour l’hiver aient été trouvées par la préfecture. Soulagés, beaucoup d’entre eux ont toutefois manifesté une certaine appréhension concernant leur avenir une fois la trêve hivernale passée.

« Même si je ne sais pas encore où je vais, je suis contente de partir d’ici, affirme une Tibétaine de 33 ans. Il fait très froid sur le campement, surtout la nuit. Au moins, je sais que cela ne sera pas le cas où j’irai mais j’espère vraiment ne pas être obligée de revenir ici par la suite. »

Les demandeurs d’asile ne découvrent effectivement le nom de leur ville d’accueil qu’au moment où ils enregistrent leurs identités avant de monter dans les bus à destination des différents lieux. Un à un, dans des tentes blanches montées spécialement pour l’occasion, ils apprennent ainsi le lieu où ils seront hébergés sur un papier qui leur est distribué. Si les familles devraient être réunies, plusieurs autres s’interrogent sur la présence ou non de leurs collègues dans les lieux d’hébergement. Ils sont donc nombreux à comparer le nom des diverses villes et à se réjouir d’y voir inscrites les mêmes lettres.

La représentante de la Ligue des droits de l’homme conflanaise, Michelle Béharel, était en tout cas « satisfaite » d’assister à la mise à l’abri des demandeurs d’asile Tibétains avec lesquels elle a noué des liens d’amitié. « Ils sont enfin mis à l’abri, déclare-t-elle avec une pointe d’émotion dans la voix […]. On va suivre cela maintenant. Il faut que le gouvernement comprenne qu’il ne faut pas les envoyer individuellement dans un lieu car sinon cela ne marche pas ».

Les demandeurs d’asiles ne découvrent le nom de leur ville d’accueil qu’au moment où ils enregistrent leurs identités avant de monter dans les bus à destination des différents lieux.

À ce sujet, Michelle Béharel semble soulagée. En regardant sa feuille où est inscrit la répartition, elle énumère certaines villes : « Pour le moment, j’ai vu qu’il devrait y en avoir 15 à Ris-Orangis (Essonne), 44 à Nanterre (Hauts-de-Seine), une centaine à Port-Marly. À Mantes-la-ville, il doit y en avoir 90 mais je pense qu’ils seront aussi une centaine et 200 à Versailles. »

Pour le maire de la ville, Marc Honoré (DVD), présent lors de l’évacuation des demandeurs d’asile, la satisfaction est également présente. « Ils vont enfin être mis à l’abri, se réjouit-il. C’est inadmissible qu’on puisse laisser en bordure de forêt sans eau, sans électricité et sans chauffage [ces] personnes. C’est bien que l’État, enfin, se réveille. »

Quant à l’éventualité de voir revenir les demandeurs d’asile Tibétains au printemps prochain, les propos tenus par l’édile laissent transparaître une certaine inquiétude. « Si on accepte que des gens vivent sous des tentes, sans eau, sans électricité, ça ne pose pas de problèmes mais moi je ne l’accepte pas, assène-t-il. Donc, aujourd’hui, on fera en sorte qu’ils ne reviennent pas sur le territoire d’Achères pour vivre dans ces conditions-là. L’État doit faire son travail. On va essayer de faire en sorte qu’ils ne reviennent pas. Mais s’ils ne reviennent pas ici, ils iront ailleurs. Il ne faut pas se faire d’illusions. Tant qu’on n’aura pas coupé les filières, cela va continuer. Ce n’est pas récent. Les premiers c’était en 2015. »