Prendre le sujet du repli communautaire à bras-le-corps, telle était la raison de la venue du ministre de l’intérieur Christophe Castaner (LREM) et de son secrétaire d’État Laurent Nuñez, le 29 novembre dernier. Il y a notamment rencontré la commission intercultes muriautine, le Conseil des institutions musulmanes des Yvelines et les forces de l’ordre. À cette occasion, il a salué les actions menées au sein de la ville contre le repli communautaire et l’islamisme. « Oui, l’islam a toute sa place en France et ici aux Mureaux. L’islamisme non », a rappelé le ministre. Un point que semblaient partager les représentants religieux qu’il a rencontrés. « Les musulmans sont les premiers confrontés à ces problématiques. Il ne faut pas dire « ça ne va pas », mais plutôt voir comment y répondre à travers une vision partagée avec un cahier des charges exigeant », soutenait au micro de TV 78, Mohamed Ould Kherroubi, le président du conseil des institutions musulmanes des Yvelines (CIMY).

Cette politique globale, le ministre de l’intérieur en a détaillé les grands axes au commissariat des Mureaux. Pour arriver à ses fins, le ministre évoquait la création « de cellules départementales des services de l’État » qui devraient permettre de contrôler les lieux culturels, sportifs et religieux qui se radicalisent comme lors de la fermeture de la mosquée d’Ecquevilly, ou encore le refus par la ville des Mureaux d’ouvrir une école coranique. « Aux Mureaux nous avons constaté que cette politique d’entrave à l’islamisme portait ses fruits : cette méthode nous voulons la renforcer et l’appliquer sur tout le territoire », indique le ministre.

« Il ne faut pas croire que le risque du développement de l’islamisme serait cantonné à quelques quartiers, y compris ceux qui ne collent plus à l’image populaire que l’on peut avoir. On voit que Les Mureaux de 2019 n’a plus rien à voir avec Les Mureaux des années 2000 », a-t-il poursuivi. Au pôle Molière, un centre social situé à l’endroit exact où se trouvait une tour de 18 étages, François Garay, le maire des Mureaux (DVG), nuançait, lui, quelque peu les propos du ministre. « Je ne parle pas de reconquête républicaine, mais de la reconquête de l’autorité et du respect de la règle », appuyait le maire. « Je comprends que l’on puisse se regrouper en communauté mais ça ne veux pas dire ne pas participer à la vie publique […] De même que la rénovation urbaine n’est pas efficace si on ne se préoccupe pas de l’humain ».