Alors que le 2 décembre s’est ouvert la COP 25, conférence dédiée au climat présidée par l’Organisation des nations unies, la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise franchit une nouvelle étape dans la lutte contre le réchauffement climatique. Le lendemain, elle a inauguré l’unité de biométhane de sa station d’épuration aux Mureaux alors qu’elle s’apprête à voter son Plan Climat Air Energie territorial qui comprend une série de nouvelles actions pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. (voir encadré).

Construite et exploitée par Suez, cette unité de méthanisation est le tout premier site francilien à produire du biométhane à partir des boues liquides issues du traitement des eaux usées pour ensuite le réinjecter dans le réseau de gaz exploité par GRDF. En chantier depuis le printemps 2017, la station d’épuration a aussi fait l’objet d’une importante restructuration notamment pour pouvoir augmenter sa capacité de traitement des eaux usées tout en améliorant la qualité des rejets en Seine afin de mieux ­préserver la biodiversité.

Ces deux phases de chantier représentent un investissement de 40,5 millions d’euros, dont 27,2 millions pris en charge par la communauté urbaine. L’agence de l’eau Seine Normandie a contribué à hauteur de 10,2 millions d’euros et Région et Département, respectivement 1,8 et 1,3 million d’euros. Les recettes de cette production de biométhane, sont quant à elles estimées à environ 500 000 euros par an.

« La communauté urbaine veut contribuer à la construction d’un territoire plus vertueux, plus soucieux d’utiliser des ressources existantes jusqu’alors inexploitées pour réussir sa transition énergétique, rappelle ainsi Philippe Tautou, président de Grand Paris Seine & Oise. Cette unité construite et exploitée par Suez est réellement une petite révolution. […] Elle concentre les axes forts de la politique de développement durable de la communauté urbaine, à savoir, parier sur l’économie circulaire, parier sur la qualité de l’eau et parier sur la transition ­énergétique. »

L’équipement produira ainsi chaque année 4 GWh de biométhane à partir de 71 000 m³ de boues liquides, de quoi alimenter 800 foyers basse consommation en eau chaude et en chauffage. Une énergie 100 % renouvelable qui représente une économie de 1 000 tonnes de CO2 par an. « Je suis sûr qu’avec une unité comme celle-ci, nous allons dépasser l’objectif national de [production de] 10 % de gaz vert en 2030 », se satisfait pour sa part Bertrand de Singly, directeur régional de GRDF.

Pour Maximilien Pellegrini, directeur Eau France de Suez, ce nouvel équipement et la station d’épuration restructurée, incarnent « les enjeux de la transition écologique », notamment par l’augmentation de la capacité de traitement des eaux usées, prévue pour accompagner la croissance démographique du bassin de vie muriautin. De 100 000 équivalents habitants, cette capacité est désormais de 125 000 équivalents habitants, permettant d’agir sur 4,6 ­millions de m³ d’eaux usées par an.

Le volume des boues liquides obtenues après traitement, est lui diminué d’environ 30 % grâce à leur transformation en biométhane. Une réduction qui se traduit par une économie d’émissions de CO2 de l’ordre de 200 camions par an. Les boues déshydratées et non transformées en biogaz sont, elles, valorisées par de l’épandage ou du compostage, en les mêlant à d’autres déchets verts, complète Philippe Tautou.

L’efficacité énergétique du site a également été améliorée, une pompe à chaleur ayant été installée au sein de la station d’épuration pour récupérer et valoriser une énergie utile d’environ 400 000 kWh par an. « Je suis convaincu que l’alliance entre les collectivités et le secteur privé est la seule capable de faire face aux enjeux absolument considérables qui s’imposent aux nouvelles générations pour faire en sorte que petit pas par petit pas nous enrayons le changement climatique », insiste Maximilien Pellegrini.

Cette station est désormais considérée comme pilote, dans le cadre de la lutte contre le changement climatique et confirme la volonté de la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise de développer une politique environnementale ambitieuse et volontariste. « Un projet de cette nature révèle bien une volonté politique, conclut Philippe Tautou. […] Nous sommes impliqués dans tous les domaines et sur tous les champs du possible pour la ­communauté ­urbaine. »

Un Plan Climat Air Energie Territorial ambitieux

« Véritable partition de la transformation écologique de Grand Paris Seine & Oise, le Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET) prévoit notamment de diversifier le bouquet d’énergies renouvelables en développant la géothermie, la biomasse, l’éolien, la chaleur fatale et le solaire photovoltaïque et thermique. » En quelques mots, le président de la communauté urbaine Philippe Tautou, résume les objectifs du PCAET, qui sera présenté et voté lors du conseil communautaire du 12 décembre prochain.

Ce programme, comprend 44 actions effectives à déployer sur les 6 prochaines années et s’inscrivant dans une stratégie à l’horizon 2030. Les efforts vont particulièrement porter, sur la rénovation énergétique des bâtiments et le développement d’énergies renouvelables sur le territoire. Parmi les actions prioritaires : la création d’un guichet unique à destination des particuliers, des entreprises, des bailleurs sociaux et des communes, « pour disposer d’information sur la rénovation thermique et la production d’énergies renouvelables, être accompagnés vers les bons professionnels et vers les bons financements. L’objectif est d’être en capacité de réaliser des travaux d’efficacité énergétique et de mesurer concrètement leur impact [de cette rénovation énergétique] », explique-t-on à la communauté urbaine.

Autre priorité, l’élaboration d’un schéma directeur stratégique multi-énergies pour faire coïncider « les besoins énergétiques et les potentiels de productions d’énergie. Il s’agit de coordonner les projets de développement urbain et économiques, les nouveaux quartiers qui vont émerger (identifiés grâce au PLUi et au PLHi) » afin de pouvoir accompagner les industriels dans le lancement « de projet de production d’énergie verte », poursuit la communauté urbaine.

Deux réseaux de chaleur biomasse primés

Lancé en 2013 par l’association de collectivités Amorce, le label Ecoréseau de chaleur récompense chaque année les réseaux de chaleur vertueux au sein des territoires. Pour la troisième fois, les réseaux de chaleur biomasse présents dans les quartiers du Val Fourré à Mantes-la-Jolie et des Musiciens aux Mureaux, ont été primés.

« Ces réseaux sont alimentés à plus de 70 % par du bois, détaille-t-on à la communauté urbaine. C’est une énergie vertueuse car le bois capte le carbone, et se substitue aux énergies fossiles non renouvelables. Pour cette énergie verte, on a installé une gouvernance avec des comités d’usagers, on propose des tarifs compétitifs, puisqu’ils alimentent des quartiers populaires. C’est pour l’ensemble de ces critères écologiques, économiques et sociaux que nous avons été ­primés. »

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