« Macron, si tu savais, ta réforme où on se la met. » Les slogans à l’encontre du président de la République étaient nombreux à être scandés par les 220 manifestants environ de la CGT, des Gilets jaunes et de Sud Éducation le 10 décembre à Mantes-la-Ville et Mantes-la-Jolie. Ils étaient venus montrer leur mécontentement vis-à-vis du projet de réforme des retraites. Plusieurs villes de vallée de Seine ont connu des manifestations semblables.

« On manifeste parce que le projet de réforme est dangereux pour la population, déclare Jacqueline, une professeure en lettres au collège dans le Mantois. Je suis de Sud Éducation mais je me bats pour toute la population […]. Notre pension de retraite va diminuer de 20 % au moins. C’est un système complètement inégalitaire, instable parce que la valeur du point va être en 2020 à tant de pourcent ou à tant d’euros et en 2025 il suffira d’un simple décret pour que cela change, à la baisse sans doute. »

Le 11 décembre, le premier ministre Édouard Philippe s’est exprimé à ce sujet. S’il affirme que les enseignants ne seront pas concernés, il fait également part de sa volonté de mener l’ambition du gouvernement à son terme. « Le projet de loi de réforme des retraites sera prêt à la fin de l’année, affirme-t-il à 20 Minutes. Nous le présenterons en conseil des ministres le 22 janvier et il sera discuté à l’assemblée en février […]. Je suis totalement déterminé à mener cette réforme car je la crois juste ».

La secrétaire générale de l’union départementale de la CGT, Sonia Porot, se dit prête à poursuivre la grève tant que le projet de réforme des retraites ne sera pas abandonné.

Cette annonce ne réjouit pas Sonia Porot, la secrétaire générale de l’union départementale de la CGT. Si elle s’attendait à un tel discours du premier ministre, Sonia Porot déplore « le manque d’écoute de la part du gouvernement » et se dit prête à poursuivre la grève. Pour preuve, avant même l’annonce d’Édouard Philippe, la CGT prévoyait une reconduction de la grève le 17 ­décembre.

De leur côté, si la plupart des usagers des transports en commun interrogés mardi après-midi comprennent les motifs de la grève, plusieurs s’inquiètent de sa durée. « Je comprends mais j’ai hâte qu’elle se termine, affirme une étudiante en première année de master communication à Paris […]. C’est un stress supplémentaire. On ne sait pas comment cela va se passer. On essaye de se débrouiller ». En guise de réponse, Sonia Porot les « invite à prendre pleinement la mesure de la gravité du projet du gouvernement » qui est, selon elle, « un changement total de philosophie des retraites ».