Des six listes pour le moment candidates à la mairie, pas une seule n’a omis de mentionner, dans sa communication, la promesse d’un œil attentif aux sujets environnementaux. Au vu de cet élan, l’association locale Triel environnement a pris, vendredi 17 janvier, les devants du débat démocratique en conviant candidats et habitants autour d’une soirée d’échange intitulée « Élections et transition ».

En arrivant à l’espace Rémi-Barrat, où était organisée la soirée, trois boîtes accueillent le public. Chacune d’elle, où l’on pouvait lire respectivement, « mobilité et urbanisme », « alimentation » et « consommation durable », invite les riverains à interroger les candidats sur leurs préoccupations liées à ces trois thèmes. En tout, près de 80 personnes sont venues constater les positions des trois candidats ayant répondu présents : Sophie Kerignard (SE) cheffe de file de la liste Triel autrement, Martine Cartier (SE) pour Triel à Venir et Michel Poirot (DVD), le candidat de la majorité soutenu par le maire sortant Joël Mancel (DVD).

Des absences que regrette Frédéric, un adhérent de Triel environnement, au moment de faire la clôture. « La forme m’a bien plu, ça permet de mieux connaître les candidats car, durant une campagne, ce n’est pas évident de les voir au même moment, décrypte-t-il. Cela dit, j’aurais bien aimé les voir tous les six, même si dans le temps imparti ça paraît compliqué. »

Les questions des Triellois, dont la plupart étaient tournées vers l’urbanisme et l’environnement, ont donné à voir les enjeux du scrutin dans la commune. Et ce, bien que le débat n’ait pas vraiment eu sa place dans la soirée. C’est à tour de rôle que les candidats ont répondu, dans un ordre tiré au sort et sans réponse de leurs adversaires, aux questions déposées dans les boîtes.

Les sujets relatifs aux mobilités douces et à la circulation dans la commune ont occupé une bonne partie de la soirée.

Les sujets relatifs aux mobilités douces et à la circulation dans la commune ont occupé une bonne partie de la soirée. Interrogé sur la mise en place de la limitation de 30km/h et le manque de trottoirs dans la commune, Michel Poirot a notamment défendu « une décision, peut-être mal comprise, mais importante en terme de sécurité », en promettant de commander une étude pour faire le bilan au terme d’une année.

« Je me suis vraiment reconnu dans les sujets abordés, lance Josselin, un autre participant. On a pu voir que, parfois, certaines réponses étaient convergentes, notamment entre Sophie Kerignard, Martine Cartier. » C’est en fin de soirée, au moment d’aborder le dossier du projet immobilier de l’îlot du théâtre, que cette jonction entre les deux candidates a été la plus marquante. En effet, elles ont fermement condamné le projet qui prévoit la démolition de maisons, et garages et la construction à la place, de 70 à 80 logements dont 40 % de logements sociaux. « On était d’accord sur l’option de réaménager cet espace mais pas sur la construction très dense et très massive qui est prévue », s’exclame la première. « Quand on regarde Triel, il y a une très jolie carte postale et on souhaite la conserver, continue Martine Cartier. Pour cela nous privilégierons des petits collectifs avec des espaces verts. »

Pourquoi trois candidats étaient-ils absents ?

Si une demi-douzaine de listes peuple désormais les panneaux officiels de la commune, la moitié d’entre elles ont décliné l’invitation de l’association. « Le simple fait que Françoise Mezzadri, la présidente Triel environnement, fait campagne pour Triel autrement (dont Sophie Kerignard était coordinatrice urbaniste avant de démissionner pour faire campagne Ndlr) nuit à la neutralité du débat », explique Jonas Maury (LREM), tête de liste de Triel a du talent, de son refus.

Même son de cloche du côté de Philippe Paillet, chef de file du groupement Réagir pour Triel : « Nous étions présents lors de la réunion de préparation mais les affinités entre la présidente et la liste Triel autrement nous semblaient bien trop étroites. »

Des suppositions que balaie Françoise Mezzadri soulignant que « tous les candidats ont été conviés et que Triel environnement n’est pas acquis a une liste : il n’y a pas de consigne de vote, notre objectif c’est de travailler en bonne entente avec l’équipe investie. »

Cédric Aoun (SE), quant à lui, regrette que ce débat ait été programmé « avant que les programmes ne soient dévoilés. À mon sens, l’organiser à la fin du mois de février aurait été plus pertinent afin de parler d’actions concrètes et budgétisées », indique-t-il en début de semaine.