« Je suis là pour annoncer que je ne serai pas le candidat soutenu par LREM. » La décision de Christophe Desjardins, avocat mantais et jusque-là candidat mantevillois aux élections soutenu par LREM, a d’abord été annoncée à une vingtaine de manifestants venus le chahuter dans la soirée du lundi 20 janvier devant le restaurant la Villa. Elle a été confirmée lors de la conférence de presse qui a suivi. Cependant, si Christophe Desjardins a maintenu qu’il ne serait pas le candidat de LREM, il a laissé entrevoir le doute quant à son maintien en tant que « candidat indépendant », dévoilant une ébauche de programme autour de la lutte contre le réchauffement climatique et la création du lien social. Mais à sept semaines du premier tour, sans mandataire financier ni directeur de campagne, la situation semble ­compliquée.

« Ce qui m’était demandé c’était de conduire une liste de large union, qui allait de la droite raisonnable à la gauche raisonnable, détaille-t-il des conditions posées et des raisons l’ayant poussé à accepter. […] La deuxième et je ne vous le cache pas, c’est qu’à Mantes-la-Ville, le maire est RN et ce n’était pas quelque chose qui était pour me déplaire, c’est même quelque chose qui donnait du sens. » Pourtant, il aurait très vite déchanté, évoquant une « pression phénoménale », notamment de la part de la référente de la circonscription, Khadija Moudnib (LREM), de son mandataire financier et de son directeur de campagne, tous deux démissionnaires depuis. « À partir du mois de décembre j’ai été dans une situation où tous les jours on me menaçait de me ­débrancher », ­insiste-t-il.

La cristallisation de ces tensions se serait faite autour de la photo des affiches de campagne. « On m’a toujours dit que l’image était le choix du candidat et qu’on avait travaillé avec mon équipe, ils avaient choisi un visuel, […] et au dernier moment on me dit que ça ne va pas, qu’il faut refaire un shooting », poursuit-il.

Dans un communiqué de presse, le référent départemental LREM Pierre Luce a pris acte de la décision de Christophe Desjardins. « Si nous regrettons l’absence de dialogue préalable à cette décision, nous la respectons, y est-il indiqué. Nous allons maintenant discuter avec les militants et proposer à la commission nationale d’investiture les alternatives possibles. » Le parti étudierait la possibilité de soutenir un candidat déjà déclaré. « Le mouvement reste concentré sur son objectif de faire barrage au Rassemblement national », conclut le communiqué de presse.