Il n’est pour le moment pas inquiet, mais la nouvelle ne l’a pas franchement réjoui. Lors de son discours à la cérémonie des vœux de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO, voir ci-contre), le président du Département Pierre Bédier (LR) l’a annoncé de but en blanc : «  J’ai quand même appris qu’il y avait eu une réunion surréaliste à la SNCF sur les dépassements de coût d’Eole, dont personne n’avait jamais entendu parler avant. »

Le montant de ce surcoût est pour l’instant estimé à 600 millions d’euros, alors que le coût du chantier du prolongement du RER jusqu’à Mantes-la-Jolie en passant par les Hauts-de-Seine est de 3,8 milliards d’euros, financement partagé entre l’État, la Région, les Départements yvelinois et alto-séquanais et la mairie de Paris. Contactée, la direction du projet Eole assure que le chantier tiendra ses délais en termes de calendrier, dont l’arrivée du RER E est prévue à Mantes-la-Jolie en 2024. Une analyse est en cours pour déterminer l’origine de ce surcoût.

« Ils nous expliquent qu’il faut trouver 600 millions d’euros. Naturellement, l’État s’est tourné vers qui vous savez », tance, légèrement agacé, Pierre Bédier. Il se montre toutefois un peu plus optimiste à la fin de son discours. « Il n’y a rien d’inquiétant, ce sont les réunions des techniciens, […] ce n’est pas encore remonté au niveau politique, précise-t-il de sa pensée. Cela fait partie des jeux habituels de ce genre de très grands chantiers. […] Les travaux se réalisent. »

La direction du projet Eole rassure quant à elle au niveau de la tenue du calendrier. « On est strictement dans notre calendrier de mise en service, on respecte les coûts qu’on a chiffré dans le cadre de notre déclaration d’utilité publique », détaille-t-elle.

Elle précise également que ce surcoût est lié à « des modifications de programmes, qui sont complètement externes au projet et quelque part des contraintes supplémentaires qui sont venues avec les travaux », le projet « étant lancé depuis plus de dix ans […] l’environnement a nécessairement évolué ».

La direction ajoute qu’un travail d’analyse « prévu dans le protocole de financement, […] avec l’ensemble des financeurs » est actuellement en cours « pour définir où sont les modifications, s’il y en a quels sont les coûts associés, etc ».