La bagarre qui fait déborder le vase. La semaine dernière, après de violentes bagarres qui ont éclaté, jeudi 30 janvier, entre des élèves du collège Galilée, l’ensemble des professeurs de l’établissement ont adressé un courrier à la direction académique des services de l’éducation nationale (Dasen) pour dénoncer « des conditions de travail qui ne permettent pas un enseignement correct ».

Ce jour-là, durant la récréation de 10 h 30, deux bagarres ont éclaté quasiment en même temps dans la cour de l’établissement scolaire. D’abord deux garçons de 4ème qui auraient voulu résoudre un incident qui avait commencé sur les réseaux sociaux. « Visiblement, il y en a un qui avait commenté la photo publiée par la copine de l’autre, rapporte l’une de leur enseignante. Le premier s’est retrouvé à terre, il était vraiment mal en point. »

Dans la foulée, un second regroupement se forme au niveau des toilettes, où, d’après des témoignages, une fille en classe de troisième en attendait une autre devant la porte pour la frapper. « Quand elle est sortie, la fille qui était dehors lui a mis un énorme coup au visage », relate une élève, confirmant que, là aussi, le différend était né en ligne. Face à la foule d’élèves, très rapidement la vie scolaire a été « débordée » et a demandé aux enseignants de descendre pour aider à régler la ­situation.

Au total, quatre personnes ont été conduites à l’hôpital : trois élèves, dont deux concernés par la rixe et un garçon de 6ème qui a pris des coups dans l’agitation. De plus, une surveillante a également été touchée. Selon plusieurs témoins, elle aurait glissé et aurait fait une crise de panique une fois à terre au cœur de la foule.

Après l’intervention des pompiers, les enseignants ont rapatrié leurs élèves en classe pour les deux dernières heures de la matinée. « Que ce soit les élèves ou les professeurs, beaucoup étaient choqués, raconte une enseignante. Pendant la pause méridienne, on s’est réuni avec le corps enseignant car on ne se sentait pas en mesure de reprendre les cours. » Après des échanges avec la direction, il a été convenu que les salles ne rouvriraient que vendredi matin avec l’intervention de la directrice dans toutes les classes. « De ce point de vue là, ça été plutôt bien géré », ­précise l’enseignante.

« Ce qui est inquiétant, c’est que tout ça avait été annoncé sur les réseaux sociaux, mais personne n’a rien dit », s’alarme une jeune enseignante. Ce n’est pas le premier incident de ce genre à Limay. Quelques mois auparavant, une vidéo a caractère sexuel, qui mettait en scène une élève du collège, avait fait le tour de la sphère collégienne. « On ne va pas dire que c’était prévisible mais on le sentait arriver, explique-t-elle. Après l’incident gravissime de l’an dernier (le 15 janvier 2019, une élève âgée de 13 ans avait poignardé un ado du collège voisin Albert-Thierry, Ndlr) on a demandé qu’on nous rende le poste de CPE mais nous n’avons eu qu’un demi-poste ­d’assistant ­éducation. »

De même, dans son courrier, le corps enseignant du collège ­Galilée pointe du doigt la hausse prévue des effectifs pour la ­prochaine année scolaire. L’établissement passera de 492 à 504 têtes en début d’année, sans compter les élèves présentant des handicaps moteurs. « En plus de ça, on perd 15 h de cours, les élèves vont vraiment être dans de mauvaises conditions, note une enseignante. Quand l’académie emploie les mots sécurité et accompagnement, il ne faut pas que ça reste des slogans ». Contactée, la dasen a indiqué avoir eu connaissance de l’incident. Le directeur adjoint a prévu de se rendre dans l’établissement au retour des prochaines vacances scolaires.