Longtemps laissée à l’abandon et à la merci des dépôts sauvages, l’ancienne plaine maraîchère, appelée Boucle de Chanteloup, située à cheval sur les communes de Carrières-sous-Poissy, Triel-sur-Seine, Chanteloup-les-Vignes et Andrésy fait l’objet d’une attention particulière en ce début d’année. Mi-janvier, une clôture de trois kilomètres linéaires a été apposée dès l’entrée du Chemin vert, marquant ­l’entrée du site.

Ce premier aménagement est la volonté du Département d’agir et d’accompagner les initiatives locales en faveur de l’environnement, et du cadre de vie. Il constitue également une première étape dans la réhabilitation de cette plaine polluée de 330 ha qui a servi de champ d’épandage des eaux usées de la ville de Paris.

La terre de la Boucle de Chanteloup filtrait ainsi les eaux usées pour enrichir la terre des cultures maraîchères. Mais depuis le 31 mars 2000, un arrêté préfectoral interdit la production de plantes légumières et aromatiques sur l’ensemble de cette plaine. Au terme d’une importante opération de nettoiement sur l’ensemble de la plaine, un projet d’aménagement mêlant les aspects paysagers, environnementaux et économiques devrait voir le jour durant les prochaines années.

Petit à petit devenue le lieu de dépose de déchets sauvages, l’ancienne plaine maraîchère comprend notamment la très médiatique « mer des déchets » sur une surface de 40 ha. Durant plusieurs mois, le Département prendra ainsi à sa charge les coûts de nettoiement d’une première parcelle de la « mer des déchets », d’environ 4 ha mais y concentrant à elle seule 65 % des déchets, soit environ 7 000 tonnes où s’amoncellent débris issus du bâtiment, déchets verts, pièces et composants électroniques, pneumatiques et pièces automobiles.

Lors d’un déplacement au sein de cette immense décharge sauvage, le 4 novembre dernier, la secrétaire d’État à la transition écologique Brune Poirson avait indiqué dans Le Parisien vouloir développer les points de collectes dédiés aux déchets de chantier et renforcer les pouvoirs des collectivités, en les autorisant à saisir les véhicules des contrevenants.

« La situation n’est plus tenable ni tolérable pour personne, martèle le président du Département des Yvelines Pierre Bédier de la nécessité de ce nettoiement. Pendant que tout le monde se renvoie la balle, des individus continuent de déverser leurs gravats illégalement et en toute impunité. Il nous fallait agir au plus vite pour endiguer ce phénomène. Il en va de notre engagement à défendre des Yvelines plus écologiquement responsables et de l’héritage que nous souhaitons ­laisser aux générations futures. »

Lors d’un déplacement au sein de cette immense décharge sauvage, le 4 novembre dernier, la secrétaire d’État à la transition écologique Brune Poirson avait indiqué dans Le Parisien vouloir développer les points de collectes dédiés aux déchets de chantier et renforcer les pouvoirs des collectivités, en les autorisant à saisir les véhicules des contrevenants. « Le projet de loi anti-gaspillage propose de renforcer les pouvoirs de police du maire et les sanctions. Par ailleurs nous allons permettre la généralisation de l’usage de la vidéo-surveillance », explique-t-elle au site internet Yvelines-infos.fr.

Justement, dans le cadre de ce premier nettoyage, un dispositif de vidéosurveillance aérienne et de gardiennage sécurisera le site 24 h/24. Dès le mois de mars, le Chemin vert sera transformé en base de vie et centralisera les opérations liées au nettoyage et à l’enlèvement des déchets. Un tapis de tri sera notamment installé par l’entreprise Picheta, et le tri des déchets sera opéré en deux temps.

Les employés spécialisés écarteront tout d’abord tout déchet considéré comme dangereux avant de les déposer sur un tapis de tri muni de cabines afin que chaque déchet soit traité de manière vertueuse dans des zones de stockage spécifique avant d’être évacués vers des centres de traitement appropriés. Un partenariat a été conclu entre l’entreprise et l’agence interdépartementale d’insertion professionnelle ActivitY, pour que des Yvelinois éloignés du marché de l’emploi soient formés et puissent ­occuper les postes ­d’opérateurs.

S’amoncellent déchets issus du bâtiment, déchets verts, pièces et composants électroniques, pneumatiques et pièces automobiles.

En parallèle se pose la question du devenir du site. Un comité de pilotage mis en place au printemps dernier et rassemblant élus, communes, communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise, Département, Région et Etat a désigné l’Etablissement public d’aménagement du Mantois Seine aval (Epamsa) comme aménageur en charge du projet de réhabilitation.

À l’occasion de la désignation de l’Epamsa en tant qu’aménageur, lors du conseil communautaire du 11 avril dernier, le président du Conseil départemental avait ajouté la volonté des acteurs institutionnels d’avancer dans le dossier : « L’opération ne peut pas consister simplement à enlever les déchets, il faut trouver un usage durable, un usage rentable à ces terrains […] Nous sommes au début d’un processus qui sera long, qui sera compliqué, mais nous sommes enfin au début d’un ­processus. »

Plusieurs hypothèses avaient déjà été avancées lors d’un colloque dédié en juin 2018 : Centrale photovoltaïque, culture du miscanthus, mais aussi création d’une filière d’agriculture de circuit court utilisant la chaleur issue de l’incinérateur Azalys pour chauffer les serres. Le site internet Yvelines-infos.fr évoque également « une réserve de biodiversité, d’un parc forestier […], une centrale de biométhanisation ». Mais une chose est sûre pour le Département des Yvelines, « aucune construction n’aura lieu sur la zone qui restera avant tout un espace naturel ».

Crédits photo : NICOLAS DUPREY / CD 78