Des combattants en armure et des épées qui s’entrechoquent. Cette description pourrait provenir de la narration d’une scène historique. Elle résume néanmoins aussi parfaitement les duels de béhourd. Ce sport, officiellement pratiqué en France depuis 2011, est un mélange de boxe, d’escrime et de lutte dans lequel les participants sont amenés à combattre vêtus d’une armure intégrale et avec toutes sortes d’armes non tranchantes.

Bien qu’il n’existe actuellement que 29 clubs reconnus par la fédération française de béhourd dans lesquels se répartissaient, en 2019, environ pour « 400 licenciés » selon le membre du comité technique de la salle d’armes d’escrime ancienne à Paris (SAEA), Pascal Chariot. Celui-ci considère que le développement de l’heroic fantasy et de l’univers fantastique conduit le public à se tourner de plus en plus vers ce sport.

« Il faut être lucide, déclare-t-il. Les jeux vidéos comme World of Warcraft, les séries comme Game of Thrones et tout ce qui est, plus généralement associé aux univers de l’heroic fantasy et du fantastique, conduisent certaines personnes à venir pratiquer le béhourd […]. Avec l’habit en armures et le maniement des épées, ce sport stimule vraiment l’imagination. Les gens viennent pour chasser initialement le dragon et ils font finalement du sport. »

Dans le mémoire de recherche Le Béhourd, pratique sportive et patrimoniale à influence culturelle, le président de la fédération française, Édouard Eme, affirme également que certains se tournent aussi vers ce sport pour « renouer avec une certaine tradition chevaleresque intimement liée à l’identité de leur pays ». Pour lui, cela est d’autant plus vrai que la France est « considérée comme le pays de la chevalerie depuis Chrétien de Troyes et qui fut le pays où le plus de tournois furent organisés au ­Moyen-Âge ».

Malgré une médiatisation croissante, le béhourd se heurte encore à des obstacles. Ainsi, la salle d’armes d’escrime ancienne a eu des difficultés à organiser, il y a trois ans, la coupe de France de duels de béhourd en région parisienne. Sur près d’une centaine de villes contactées, Carrières-sous-Poissy était la seule à avoir répondu favorablement.

L’événement a dorénavant lieu annuellement au complexe Alsace situé dans la commune qui le met à disposition du club de béhourd. La prochaine coupe de France aura lieu les 15 et 16 février, de 9 h 30 à 19 h 30. L’entrée est gratuite.

Crédits photo : Bedoucha Arthur