Rosny-sur-Seine deviendra-t-elle une référence hôtelière au sein de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise ? C’est en tout cas le souhait affiché par le maire de la commune d’environ 6 000 habitants et voisine de Mantes-la-Jolie, tant pour l’emploi que pour ­développer un parcours ­patrimonial.

Deux entrepreneurs, Antoine Courtois, dirigeant de l’Atelier Mériguet-Carrière et propriétaire du château de Sully et de l’hospice Saint-Charles et en charge de leur rénovation, et Alexandre Naudin, gérant du groupe Amadeus et propriétaire du Village de Sully et du Clos de l’Orangerie portent au total quatre projets d’hébergement à l’intérieur de la commune, dont les ouvertures s’échelonneront jusqu’en 2022, en fonction de leurs avancées.

Le premier prévoit notamment la création d’un gîte-vélo dans le domaine de l’hospice Saint-Charles dans le cadre de l’inauguration du parcours de la Seine à vélo en juin prochain, et la transformation du centre de réadaptation fonctionnelle Aparc en un hôtel proposant une cinquantaine de couchages et des restaurants. Le second, envisage de développer son offre du côté du Village de Sully et du Clos de l’orangerie afin d’attirer une clientèle de passage, tandis que le projet du domaine de Châtillon, près du belvédère, serait lui réservé aux séminaires d’entreprises et mariages.

À terme, une centaine d’emplois dans les métiers de l’hôtellerie ­devraient être ainsi créés, répartis entre les différents établissements. « Il y aurait des connexions possibles pour faire de l’apprentissage dans la région, souligne ainsi l’édile rosnéen Pierre-Yves Dumoulin (LR) le 30 janvier dernier, évoquant un partenariat possible avec le lycée hôtelier Camille Claudel de Mantes-la-Ville. […] L’idée c’est qu’on ait des retombées économiques mais aussi qu’on puisse sortir des jeunes du ­territoire de la difficulté. »

Pour proposer une « offre publique » de tourisme, l’élu envisage également de développer un « itinéraire patrimonial », favoriser « la mise à disposition de vélos » à la gare pour faire le lien entre les différents établissements d’hébergements afin de promouvoir l’usage des mobilités douces. « On s’inscrit dans la Seine à vélo (itinéraire d’environ 400 km reliant Paris au Havre, Ndlr), poursuit l’élu de cette nécessité. On a aujourd’hui tous les leviers pour que Rosny soit au coeur de cet itinéraire de cyclotourisme, on a aussi une raison, c’est que tout bêtement, géographiquement, on est une étape possible, on est à presque 70 km de Paris. »

Pour proposer une « offre publique » de tourisme, Pierre-Yves Dumoulin (LR à droite), maire envisage également de développer un « itinéraire patrimonial », favoriser « la mise à disposition de vélos » à la gare pour faire le lien entre les différents établissements d’hébergements afin de promouvoir l’usage des mobilités douces.

Car l’un des projets portés par Antoine Courtois prévoit la création d’un gîte-vélo de 25 couchages au sein du domaine de l’hospice Saint-Charles, dont l’ouverture devrait avoir lieu en même temps que l’inauguration du parcours, en juin prochain. « Ce n’est pas impossible, il va falloir aller vite », reconnaît toutefois ce dernier. L’emplacement de ce gîte reste encore à définir mais « l’objectif est de mettre […] un espace qui serait l’équivalent d’un refuge de montagne mais qu’on appelle point accueil vélo », détaille Antoine ­Courtois du projet.

Une cuisine serait ainsi mise à disposition et le lieu serait labellisé « Accueil vélo ». « Cela veut dire qu’il y a un abri sécurisé pour les vélos, un lieu où vous pourrez réparer votre vélo », poursuit Antoine Courtois. Concernant l’élaboration du projet « un architecte a été missionné, les plans sont en train d’être faits », ­précise-t-il.

En parallèle, le propriétaire du château de Sully et de l’hospice Saint-Charles mène un projet de transformation du centre de réadaptation fonctionnelle Aparc (qui doit déménager à Mantes-la-Jolie, Ndlr) en un hôtel, plutôt haut de gamme, mais dont l’ouverture n’est pas estimée avant au moins 2022. « L’Aparc reste dans ses murs a minima encore un an et demi s’il n’y a pas de retard dans la construction du nouvel établissement, relate-t-il de la situation. […] Si on prend le planning, avril-mai pour un dépôt, le temps de l’instruction est de quatre mois et après vous comptez entre un an et un an et demi de travaux. »

L’établissement comprendrait « entre 50 et 60 couchages et un, voire deux, restaurants, […] que vous puissiez avoir un restaurant avec des produits locaux, une cuisine traditionnelle […], simple, qui puisse permettre de profiter notamment l’été d’une terrasse au calme et éventuellement selon le niveau, la prestation, une offre plus haut de gamme, semi-gastronomique » étoffe-t-il. Il se montre en revanche plus discret sur l’investissement réalisé : « Cela reste à définir, mais c’est un gros investissement sur lequel il faut des années pour le rentabiliser, c’est un véritable choix, qualitatif pour le site. »

Les couchages seront proposés au sein de la maison de maître, les travaux intérieurs ont débuté en octobre et l’ouverture est prévue dans le courant de l’année 2020.

Alors qu’Antoine Courtois semble viser le haut de gamme, Alexandre Naudin, lui, préfère se positionner dans une catégorie légèrement inférieure pour diversifier l’offre au sein de la commune. « On ne peut pas faire que du haut de gamme, ce n’est pas forcément rentable et ce n’est pas forcément ce que la population attend, constate le dirigeant du groupe Amadeus. Quand vous avez de la famille qui a besoin de se loger, avoir des chambres qu’à 160 ou 180 euros, ça ne le fait pas. »

En 2016, Alexandre Naudin a ­racheté une parcelle de 2,5 ha, afin de proposer deux espaces, le village de Sully, micro-village évènementiel, et le Clos de l’orangerie, ancien corps de ferme avec piscine intérieure avec bar et terrasse, tous deux dédiés aux mariages, soirées privées et séminaires d’entreprises. Les deux structures proposent respectivement entre 50 à 82 couchages pour le ­premier et 32 pour le second.

« On a un petit peu d’hébergement mais pas suffisamment à notre goût, ni au goût des clients », fait ainsi savoir Alexandre Naudin. D’ici la fin du mois de février, le groupe Amadeus déposera un permis de construire pour un hôtel de 60 chambres, « 30 doubles et 30 triples », dont les travaux devraient démarrer en septembre pour une ouverture en fin d’année 2021.

« On voulait développer la partie hôtellerie avec des résidents de passage (sans besoin de privatiser, Ndlr), expose Alexandre Naudin de la volonté de construire cet établissement. Il fallait que l’hôtel soit absolument en périphérie [pour ne pas interférer avec les évènements pouvant être organisés au Clos ou au Village]. » Au total, 11 millions d’euros seront investis au sein de ces trois projets.

En parallèle, le propriétaire du château de Sully et de l’hospice Saint-Charles mène un projet de transformation du centre de réadaptation fonctionnelle Aparc (qui doit déménager à Mantes-la-Jolie, Ndlr) en un hôtel, plutôt haut de gamme.

Son deuxième établissement, situé à proximité du belvédère de Châtillon au coeur de la forêt de Rosny-sur-Seine, sera lui exclusivement dédié à la réception de mariages et de séminaires d’entreprises et proposera 50 couchages pour des tarifs allant de 450 à 7 700 euros en fonction des jours de la semaine et de la saison supportant un investissement de 3,5 millions d’euros. « Il est assez difficile de trouver des hôtels de plus de 50 chambres, à moins de 100 km de ­Paris », précise Alexandre Naudin de la nécessité de cette offre.

Les couchages seront proposés au sein de la maison de maître, les travaux intérieurs ont débuté en octobre et l’ouverture est prévue dans le courant de l’année 2020. « Elle était non-entretenue depuis 1992. On a gardé les murs et on a tout refait à l’intérieur, il n’y a plus un fil électrique, un tuyau de chauffage, […] on a gardé vraiment l’ossature, souligne Alexandre Naudin. Là où il y avait sept pièces au rez-de-chaussée, vous n’en n’avez plus qu’une. »

Il prévoit de proposer sur ses deux sites une location de vélos à assistance électrique afin de pouvoir parcourir plus facilement la distance de sept kilomètres entre les deux points. Mais il prévoit également d’ouvrir au public l’accès au Village de Sully et au Clos de l’Orangerie, en y organisant des animations éphèmères par de la restauration, des concerts, un marché bio, une pièce de théâtre lorsque le nouvel hôtel sera ouvert.

« Les gens viennent de loin, mais ceux du coin, hormis les curieux qu’on peut accueillir quand ils se promènent, on ne les voit pas forcément, regrette Alexandre Naudin. Un groupe de randonneurs nous a dit « c’est dommage que vous ne soyez pas ouverts ». » Une position que souhaite également maintenir Antoine Courtois concernant le château et l’hospice Saint-Charles : « Le parc du château depuis 2016 est ouvert comme il n’a jamais été ouvert, il faut savoir qu’il est accessible au public, […]. C’est quelque chose qu’on va continuer, voire même accélérer dans le cadre de l’ouverture des établissements dont on parle. »