Il le reconnaît et l’assume, lorsqu’il est arrivé à la mairie mantevilloise en 2014, Cyril Nauth (RN), maire sortant, n’habitait pas la commune, mais plutôt sa voisine, Mantes-la-Jolie. S’il a déménagé et résidé à Mantes-la-Ville durant ses six années de mandature, l’édile a envie de changer d’air à nouveau.

Selon nos informations, le premier magistrat et candidat à sa succession a des envies de verdure et est actuellement en train de faire construire une maison du côté de Tacoignières, petite commune d’environ 1 040 habitants située dans la communauté de communes du Pays houdanais, pour s’y établir prochainement. Il aégalement engagé les démarches pour faire inscrire ses enfants dans les écoles de la commune. Contacté, Cyril Nauth n’a pas souhaité infirmer ni confirmer cette ­information.

Aucune restriction relative au lieu de résidence n’est toutefois imposée par le Code électoral lors d’une présentation au scrutin municipal, l’article L.228 précisant que « sont éligibles au conseil municipal tous les électeurs de la commune et les citoyens inscrits au rôle des contributions directes ou justifiant qu’ils devaient y être inscrits au 1er janvier de l’année de l’élection », en d’autres termes, ceux ayant payé un impôt ou une taxe au 1er janvier 2020.

Cet article précise également que « dans les communes de plus de 500 habitants, le nombre des conseillers qui ne résident pas dans la commune au moment de l’élection ne peut excéder le quart des membres du conseil » soit neuf élus sur les 35 que compte le conseil municipal mantevillois (et régulièrement reporté faute de quorum, les opposants déplorant que certains conseillers de la majorité n’habitent plus dans la commune, Ndlr).

En 2014, le lieu de résidence du jusqu’alors « candidat inconnu du Front national », comme se décrit lui-même Cyril Nauth, avait été soulevé et pointé du doigt à de nombreuses reprises par ses adversaires à la mairie, en sera-t-il de même cette fois-ci ? Dans les coulisses de la campagne municipale, certaines têtes de listes s’en offusquent déjà. Si cela n’est pas considéré comme illégal, moralement, le débat se pose sur la place publique.