Une campagne électorale particulièrement disputée. Lors des prochaines élections municipales, six candidats se disputent le poste de maire dans la commune d’Andrésy, Hugues Ribault (DVD), maire sortant ne se représentant pas. La Gazette a donc décidé de suivre de près la campagne électorale dans cette ville qui recense environ 13 000 habitants. C’est pourquoi la rédaction est allée à la rencontre de chacun des candidats dans une de leurs actions électorale.

Denis Faist (Divers Centre), Renaud Ferretti (DVD), Lionel Wastl (EELV), Élisabeth Dousset (DVG), Virginie Muneret (DVD) et Alexis Bakonyi (DVD), sont ainsi les six têtes de listes qui se présentent au suffrage des Andrésiens. Malgré des différences dans leurs programmes, les différentes rencontres effectuées par La Gazette ont permis de constater à quel point l’urbanisme semble être une véritable source de préoccupation pour les habitants.

Comme la ville ne répond pas à l’objectif de la loi Solidarité et renouvellement urbain qui impose 25 % de logements sociaux en 2025, le premier adjoint actuel, Denis Faist, reconnaît qu’Andrésy est dans l’obligation d’en bâtir. Le 7 mars, à sa permanence, le candidat ajoute que cette loi, tout comme la volonté de la région Île-de-France et la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO) de répondre à l’augmentation de la population francilienne « imposent à Andrésy la création d’environ 880 logements à l’horizon 2023 dont 33 % de logements dits sociaux ». Si le candidat admet la nécessité d’augmenter le nombre de projets immobiliers en ville, il veut toutefois étudier en amont « l’impact [que pourrait avoir ces constructions] sur les autres quartiers de la ville ».

Sur la nécessité de développer des logements sociaux, il est rejoint par son adversaire, Renaud Ferretti. « C’est la question qui hante vraiment les Andrésiens, affirme-t-il de l’urbanisme dans une réunion publique organisée le 22 février dans la salle Lepic. Il est hors de question de se retrouver carencé, en déficit trop important [en logements sociaux] aux yeux du préfet et qu’il prenne la main en nous imposant non seulement le type de construction mais aussi le taux de social. »

Néanmoins, contrairement à Denis Faist que ses colistiers accusent de s’appuyer uniquement sur une étude démographique, le candidat veut surtout privilégier l’environnement urbain et construire des « habitats passifs » qui ne consommeraient pas d’énergie extérieure mais seraient capables d’en produire.

L’idée de construire des logements économes en énergie séduit également l’élu d’opposition Lionel Wastl qui promeut la construction d’écoquartiers. Mais, alors que plusieurs personnes présentes à la réunion publique organisée par le candidat à la salle Lepic, s’inquiètent du développement urbain en ville, le candidat affirme qu’en cas de victoire aux municipales, il s’engage à « repenser les projets immobiliers futurs, (qui n’ont pas encore été officiellement actés, comme les Sablons, Ndlr), en y associant les riverains ainsi qu’un architecte indépendant pour parvenir à une urbanisation plus réfléchie ».

Cette réflexion concernant le développement de projets immobiliers passerait aussi par la signature d’un « cahier des charges aux promoteurs ». Ces derniers s’engageraient alors « à rogner leurs marges bénéficiaires » en proposant non seulement des matériaux de construction de bonne qualité mais aussi une architecture agréable à vivre.

Sur la question d’offrir des logements dignes de ce nom aux Andrésiens et respectueux des normes environnementales, Élisabeth Dousset rejoint l’opinion des autres candidats. Néanmoins, dans une réunion publique organisée le 21 février à l’intérieur de la salle Lepic, la candidate sourit lorsqu’un habitant la questionne sur la nécessité de construire ou non des ­logements sociaux.

« Ce qu’on appelle du logement social en France, ce n’est pas du logement social. C’est du logement public […], affirme-t-elle. Ce n’est pas accessible aux personnes les plus démunies. On veut faire de l’hypersocial et l’hypersocial c’est une toute petite partie du logement social à Andrésy. » Pour étayer sa proposition, la candidate s’appuie notamment sur la difficulté qu’éprouvent certains jeunes à demeurer en ville en raison des loyers trop élevés.

Élisabeth Dousset n’est néanmoins pas la seule à blâmer la manière dont les projets immobiliers dédiés aux logements sociaux sont gérés par la municipalité actuelle. Dans une opération de tractage au centre commercial des Charvaux, l’ancienne adjointe à l’urbanisme et au développement durable de 2011 à 2013 et actuelle conseillère d’opposition, Virginie Muneret est aussi critique à ce sujet. Néanmoins, contrairement à son adversaire, sa remarque concerne surtout l’impossibilité des élus actuels à répondre à la carence constatée.

« Ils font, par exemple, 300 logements à la gare dont seulement 35 % de logements sociaux, affirme-t-elle à un riverain. Cela veut dire qu’il y en a 65 % qui sont privés […] donc on est à nouveau en difficulté puisque sur ces nouveaux 65 % il faut faire du logement social. » Pour remédier à ce problème, la candidate envisage donc de bâtir uniquement des « petites unités » d’une quarantaine de logements exclusivement sociaux dans la commune.

Alors que la question concernant les logements sociaux alimente les débats entre les candidats, Alexis Bakonyi détaille son programme dans une réunion avec ses colistiers organisée le 5 février dans le bar de l’Avant Seine. Il déclare ainsi non seulement son souhait de développer lui aussi des écoquartiers mais également de « développer des relations avec les bailleurs afin qu’ils poursuivent les opérations de rénovations des logements sociaux existants ». Pour permettre aux personnes les plus démunies de rester à Andrésy, la tête de liste prévoit également dans son programme de « construire des logements adaptés aux demandes des Andrésiens » tels que les jeunes, les familles mono-parentales ou encore les seniors.