La marche semble encore trop haute quand il s’agit de circuler en fauteuil roulant dans le centre-ville. Ce vendredi 6 mars, Thierry Jaillant, un habitant du centre-ville a prêté, le temps d’une matinée, son fauteuil électrique au maire, Karl Olive (DVD), pour le confronter aux nombreux obstacles qui rendent la circulation difficile pour les ­personnes à mobilité réduite.

« Je sais que les maires sont généralement très à l’écoute en période de campagne électorale, sourit Thierry Jaillant. Je pense qu’on ne se rend pas compte des choses tant qu’on ne s’est pas assis dans un fauteuil. » Il n’aura fallu que quelques dizaines de mètres à l’édile pisciacais pour saisir toute l’envergure de cette dernière phrase. En effet, ce dernier serre les dents au moment de traverser l’avenue du Cep et d’escalader certains trottoirs. L’exercice se complique à nouveau à l’approche des pavés de la rue du Général de Gaulle où les deux ­fauteuils peinent à croiser les ­passants.

« C’est des petits détails mais un trottoir trop haut, plus un nid de poule, plus une route trop étroite, ça peut rendre une simple sortie très contraignante et fatigante », explique Thierry Jaillant. Cet écrivain de 55 ans, pointe également du doigt l’accessibilité de certains commerces. Car si depuis 2015 la législation prévoit que les établissements recevant du public sont tenus de proposer un accès pour les personnes handicapées, à Poissy, de nombreux commerçants accusent un retard.

Arrivés devant une enseigne de fast-food, Karl Olive se réjouit d’y trouver un système de sonnette sensé appeler un employé pour déplier une rampe d’accès. Cependant, malgré plusieurs essais, le maire n’obtiendra aucune réponse, le forçant à user de ses jambes pour interpeller le gérant de l’enseigne américaine. « C’est fort dommage d’investir dans un tel système si personne n’est à l’écoute », ­fustige-t-il.

Plus loin, en revanche, Thierry Jaillant lui fait remarquer qu’un café s’est doté d’une modeste rampe d’accès en caoutchouc « qui fait très bien le job ». « Un investissement de tout juste 80 euros », précise le gérant. « On ne mesure pas les difficultés […] je pense qu’il faut être encore plus scrupuleux sur ce sujet », confie Karl Olive au moment de faire le bilan.