Depuis le jeudi 12 mars, il règne dans les Yvelines une ambiance particulière. Ce soir-là, le président de la république Emmanuel Macron annonce à la télévision que l’ensemble des écoles, collèges, lycées et universités seront fermés à partir du lundi 16 mars, « jusqu’à nouvel ordre », suite à la croissance de l’épidémie du coronavirus Covid-19. Au dimanche 15 mars à 15 h, l’Île-de-France recensait 1 209 cas confirmés et faisait partie des régions les plus touchées. Ce lundi 16 mars, le maire de Guernes faisait savoir dans sa newsletter qu’une famille était touchée « et reste confinée à domicile ».

Les symptômes avérés du Covid-19 sont la fièvre, la toux sèche et des difficultés respiratoires. En cas d’urgence, et seulement en cas d’urgence, l’ARS recommande de composer le 15. Sinon, un numéro vert, le 0 800 130 000 a été mis en place. Il est recommandé d’appliquer les « gestes-barrières », comme tousser dans son coude, porter un masque si l’on est malade, utiliser un mouchoir à usage unique, se laver fréquemment les mains, … Désormais il est vivement conseillé de rester le plus souvent possible chez soi et de limiter les interactions sociales à l’extérieur.

En parallèle, Emmanuel Macron annonçait que le premier tour des élections municipales ayant lieu le dimanche 15 mars, aurait lieu comme prévu. Selon Le Figaro, Emmanuel Macron aurait interrogé le président du Sénat Gérard Larcher (LR) sur la possibilité d’un report du scrutin. « C’est vous le président mais moi je ne le ferais pas », aurait ainsi répondu le ­président du Sénat.

Dans la soirée du samedi 14 mars, le premier ministre a cette fois pris la parole pour annoncer la fermeture des commerces jugés non-indispensables, par exemple cinémas, discothèques, bars et restaurants. « Nous devons éviter au maximum de se rassembler, limiter les réunions amicales et familiales », poursuivait-il. Il recommandait également de « ne sortir que pour ses courses essentielles, un peu d’exercice, ou voter ».

Aucune décision n’ayant été annoncée pour la tenue ou non du second tour en ce lundi 16 mars, jour de bouclage, La Gazette a considéré que son maintien était toujours d’actualité, même si une prise de parole d’Emmanuel Macron était attendue dans la soirée. Mais tous les élus ou candidats contactés à ce sujet ont fait part de leurs difficultés à organiser ce scrutin, soumis à des règles sanitaires, et regrettaient, tout en comprenant, la très forte abstention (À 17 h, ce taux était évalué à 36,22% contre 38,76 % en 2014, Ndlr). Ils se montraient plus que pessimistes sur la tenue d’un ­second tour.

S’il était largement recommandé aux votants de venir avec leurs propres stylos et bulletins de vote, les municipalités se sont adaptées. Gels hydroalcooliques et ­stylos étaient mis à disposition du public. Un marquage au sol invitait les habitants à respecter un espace de sécurité et dans certains bureaux de vote, les isoloirs étaient tournés vers le mur, afin d’éviter d’avoir à tirer les rideaux.

La fermeture décidée des établissements scolaires a conduit l’académie de Versailles à mettre en place une « cellule de crise », fait-elle savoir sur son compte Twitter. « L’enjeu pour nous, c’est d’organiser la continuité pédagogique, faire en sorte que les enfants continuent d’avoir de l’école hors de l’école », souligne Antoine Destrés, directeur académique des Yvelines, les consignes passant par les blogs ou les espaces numériques de travail des établissements scolaires.

Une mesure a toutefois suscité l’incompréhension des enseignants yvelinois sur Twitter, l’académie ayant précisé que les établissements fermaient pour les élèves mais restaient ouverts pour le personnel. « Lundi, on attend que les enseignants soient dans les établissements pour organiser tout ça, assure Antoine Destrés. Après on n’exigera pas forcément d’être dans l’établissement avec les mêmes horaires que d’ordinaire, mais on veut que lundi ils soient là avec leur directeur et chef d’établissement pour organiser les choses, et autant que nécessaire. D’ailleurs la vie des établissements continue, les conseils de classe continuent par exemple, les conseils d’administration aussi. »

Le président yvelinois de la FCPE 78, représentant les parents d’élèves, Mikaël Tane, note lui une inquiétude chez les parents. « Il y a les inquiétudes organisationnelles, il y a le fait que tout le monde n’a pas le même matériel à disposition, qu’il peut y avoir des parents qui n’ont pas internet ou partagent leur connexion », énumère-t-il, en espérant que la situation n’accroisse pas « les inégalités » entre les familles. Sur son site internet d’informations Yvelines-infos.fr, le conseil départemental a indiqué que « seul l’accueil d’enfants de soignants, et uniquement d’enfants de soignants, sera assuré ». Des mesures similaires ont été prises dans les écoles et les crèches gérées par les collectivités.

Dans un communiqué de presse, la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise fait savoir que « gestion des déchets, de la voirie, de l’eau et de l’assainissement […] seront maintenues dans des conditions qui pourraient être allégées en fonction de l’évolution de la situation sanitaire. » Plusieurs équipements publics, à l’image des piscines, de la patinoire mantaise et du Parc aux étoiles de Triel-sur-Seine ont ainsi fermé leurs portes au public. La sous-préfecture mantaise a également fermé ses portes ce lundi 16 mars.

Dans une interview accordée au Courrier de Mantes, le médecin limayen et urgentiste à l’hôpital François Quesnay, Jean-Pierre Ribat, précise que « nous avons une cellule de crise à l’hôpital de Mantes connectée avec l’hôpital de Poissy et celui de Versailles ». C’est également dans ces deux hôpitaux que sont pratiqués depuis jeudi dernier les tests de dépistage.

Le médecin l’affirme, « trois cas » de coronavirus ont été recensés à Mantes-la-Jolie. « Nous avons eu 15 tests mais nous avons eu bien plus de malades. La consigne aujourd’hui, c’est le retour à domicile sans prélèvement Covid pour les patients avec signes d’infections respiratoires hautes ne nécessitant pas d’hospitalisation », poursuit-il, la plupart des porteurs du Covid-19 pouvant être asymptomatiques, c’est-à-dire ne pas présenter de symptômes.

« Concernant le traitement des patients susceptibles d’avoir été infectés par le virus Covid-19, leur prise en charge a été organisée par les autorités de santé compétentes de manière à s’assurer que les personnes les plus vulnérables et les plus sévèrement atteintes puissent être prises en charge et bénéficier du meilleur suivi possible », précise la direction du centre hospitalier François Quesnay dans un communiqué.

En amont de l’allocution du président de la République et craignant un confinement, les habitants de vallée de Seine ont pris d’assaut les grandes surfaces. À Auchan-Buchelay et l’Intermarché de Mantes-la-Jolie, plusieurs personnes ont fait la queue à l’entrée des magasins, ces derniers filtrant l’entrée pour éviter qu’il n’y ait trop de monde dans les rayons. À Carrières-sous-Poissy, les grilles d’un des Leclerc ont été baissées pour empêcher les clients d’entrer tous en même temps.

Une distribution de savons pour sensibiliser les enfants à l’hygiène

Le 10 mars, à l’école élémentaire Madeleine Vernet, la société Le petit olivier dont l’unité logistique est basée à Épône, a offert 42 cartons de 12 flacons de savon liquide à la ville qui les répartira dans les établissements scolaires. Alors que l’édile Guy Muller (LR) se réjouit de cette action permettant « d’assurer des gestes de sécurité face au coronavirus », la directrice adjointe de l’école élémentaire Madeleine Vernet et enseignante des CP et CM2, Stéphanie Bonneau Morin, veut surtout sensibiliser les enfants aux gestes d’hygiène.

« Cela va être un point de départ pour une discussion [avec les enfants], confie-t-elle. Je pense qu’on profitera aussi de l’arrivée de cette livraison de savons pour mettre des affichages dans les sanitaires […] et rappeler que chacun est responsable de sa propre hygiène. » Tandis que les cas de Coronavirus, Covid-19, confirmés en France augmentent (1 784 cas le 10 mars selon 20 Minutes, Ndlr), l’enseignante ne note pas d’inquiétudes réelles chez les enfants. Toutefois, elle ajoute qu’ils signalent plus facilement le manque de savons et ­interrogent fréquemment leurs camarades pour savoir s’ils se sont lavés les mains.

Avec l’épidémie de coronavirus, Covid-19, la directrice adjointe de l’école élémentaire Madeleine Vernet, Stéphanie Bonneau Morin, note que les enfants signalent plus facilement le manque de savons dans les sanitaires.