« C’est vraiment une vague qui a déferlé sur nous. » La directrice du centre hospitalier intercommunal Poissy Saint-Germain-en-Laye (Chips) et du groupement hospitalier Yvelines Nord, Isabelle Leclerc, résume lors du conseil municipal pisciacais du 6 mai, la situation à laquelle les hôpitaux ont du faire face durant l’épidémie de ­coronavirus en se réorganisant.

Selon Santé publique France, 448 décès étaient recensés le 10 mai dans les Yvelines. Alors que l’épidémie n’est pas définitivement enrayée, la situation semble toutefois s’améliorer dans les hôpitaux de vallée de Seine. Avec les premières mesures de déconfinement instaurées le 11 mai, la crainte d’une nouvelle augmentation de patients atteints du Covid-19 inquiète cependant les soignants.

Pour lutter contre le coronavirus, les centres hospitaliers se sont adaptés en augmentant, par exemple, le nombre de lits de réanimation. L’hôpital François Quesnay à Mantes-la-Jolie a ainsi doublé sa capacité d’accueil de dix à 20 lits au pic de l’épidémie. Le constat est similaire au Chips qui est passé de 16 à 46 lits de réanimation.

Dès le 6 mars et l’instauration du plan blanc pour lutter contre l’épidémie, les chirurgies jugées non urgentes avaient également été déprogrammées. Grâce au groupement hospitalier Yvelines Nord, certaines d’entre elles ont toutefois pu être réalisées au centre hospitalier intercommunal de Meulan-Les Mureaux (Chimm), précise Isabelle Leclerc.

Depuis le début de l’épidémie, trois structures, en partenariat avec les municipalités, sont sorties de terre aux Mureaux, Mantes-la-Jolie et Poissy pour réduire les passages aux urgences. Elles sont réservées aux patients envoyés par leurs médecins traitants et présentant les symptômes du coronavirus sans pour autant réaliser des dépistages.

Ces structures n’ont pas désemplies. Pour preuve, selon un communiqué de presse daté du 31 mars, « plus de 50 patients » ont été accueillis la veille lors de l’ouverture du centre Covid-19 Val de Seine aux Mureaux. Contactée, la Ville indique que certains patients sont venus d’autres départements, comme la Seine-Saint-Denis. À Mantes-la-Jolie, le centre installé à l’institut de formation en soins infirmiers a quant à lui accueilli des habitants de l’Eure et du Val d’Oise depuis son ouverture le 2 avril.

À Mantes-la-Jolie, la structure accueillant les patients présentant les symptômes du coronavirus est installée à l’institut de formation en soins infirmiers. Depuis son ouverture le 2 avril, elle a accueilli des habitants de l’Eure et du Val d’Oise.

Aucun lien scientifique direct ne permet de démontrer l’impact de ces structures sur l’amélioration du contexte sanitaire en vallée de Seine. Pour le généraliste Christian Lehmann, à l’origine de la structure à Poissy, le confinement est effectivement le principal facteur ayant permis d’éviter « que les services de réanimation soient submergés ». En s’appuyant sur une étude publiée par l’université de Rennes, il affirme lors du conseil municipal du 6 mai que le confinement aurait permis d’éviter « 140 000 admissions en service de ­réanimation », au niveau national.

Depuis le pic épidémique, le nombre de patients en réanimation a ainsi considérablement diminué en vallée de Seine. En s’adaptant à la demande, le centre hospitalier François Quesnay a retrouvé sa capacité initiale de lits. Le 7 mai, « six » d’entre eux étaient occupés selon le bureau de la CGT de l’hôpital de Mantes-la-Jolie. La veille, Isabelle Leclerc déclarait, lors du conseil municipal de Poissy, que 19 patients étaient toujours en réanimation au Chips.

De ce fait, les interventions chirurgicales devraient à nouveau être reprogrammées dans les hôpitaux de vallée de Seine. « Nous commençons à préparer une reprise des autres activités et notamment des activités de chirurgie en restant sur de la chirurgie urgente ou semi-urgente », affirme Isabelle Leclerc.

Mais, si la situation tend à s’améliorer, l’épidémie n’a pas pour autant disparu. Un rebond épidémique est même redouté. « Il faut avoir à l’esprit la deuxième vague […], affirme Cécile Dumoulin, présidente du conseil de surveillance de l’établissement mantais. Mais, si les gestes barrières sont bien respectés, il n’y a pas de raison qu’il y ait une nouvelle augmentation .»

Bien que pragmatique, un des membres du bureau de la CGT de l’hôpital François Quesnay espère que le gouvernement prendra conscience des difficultés rencontrées quotidiennement par l’hôpital public. « On ne devient pas des héros du jour au lendemain, déclare-t-on. On veut être davantage respecté. » Le 7 mai, à François Quesnay, 52 membres du personnel paramédical et 7 médecins ont été testés positifs au coronavirus depuis le début de l’épidémie. Au Chips, le 6 mai, selon Isabelle Leclerc, environ 200 soignants auraient contracté le Covid-19.