La nouvelle est tombée dans la soirée du vendredi 15 mai. Alors qu’un surveillant de l’établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de Porcheville avait récemment contracté le Covid-19, un détenu âgé de 17 ans, avec qui il aurait été en contact, a également été diagnostiqué positif. Un dépistage collectif du personnel et des 58 adolescents a débuté ce lundi et devrait permettre de mesurer l’ampleur de la propagation du virus dans ­l’établissement.

Il s’agit du troisième cas de coronavirus avéré, au sein de la prison pour mineurs, en quelques semaines. « Un autre agent avait, lui aussi, été diagnostiqué il y a plusieurs jours », indique Stéphane Aubry, le secrétaire local du syndicat Force ouvrière.

Dans une lettre ouverte adressée au préfet des Yvelines le 13 mai dernier, le syndicat réclamait déjà ce dépistage collectif au titre de la circulaire des ministres de l’intérieur et de la santé du 9 avril, dont les lignes précisent le caractère prioritaire des détenus et du personnel pénitentiaire dans la stratégie nationale de dépistage. Contactés, les services de la préfecture n’ont pas répondu à nos sollicitations dans les délais impartis à publication.

« Un système de cloisonnage a été mis en place au sein de l’établissement afin d’éviter le brassage », rappelle la direction interrégionale des services pénitentiaires de Paris.

« Il revient au préfet et aux services de l’Agence régionale de santé (ARS) de définir et de conduire la politique de dépistage, indique-t-on du côté de la direction interrégionale des services pénitentiaires de Paris (DISPP). Les jeunes qui avaient été en contact avec le surveillant infecté, ont déjà été dépistés le vendredi 15 mai. Le personnel, lui, le sera entre le lundi 18 et le mardi 19 mai. »

Du côté du personnel, l’inquiétude de la propagation du virus demeure. « Nous travaillons dans un établissement aux dimensions restreintes, les gestes barrières et les équipements sanitaires [gel hydroalcoolique, masques] ne peuvent pas suffire. Par ailleurs, nous ne disposons que de deux masques chirurgicaux par jour, pour 12 heures de travail, c’est ­insuffisant », fustige Stéphane Aubry.

« Le matériel fourni au personnel provient des fonds de l’État, rappelle la DISPP. Du côté des détenus, un système de cloisonnage a été mis en place au sein de l’établissement afin d’éviter le brassage et de nombreuses nouvelles règles encadrent par exemple les moments de parloirs, rouverts ­récemment. »