Les travaux doivent se poursuivre au 120 rue Joseph Thoyot. Bien que les gros œuvres soient achevés, la construction de la mosquée n’est pas pour autant terminée. Tel était le bilan qui pouvait être fait le 13 mars lors de la signature du bail emphytéotique d’un euro par an entre la mairie, propriétaire du terrain, et l’Union des musulmans de Carrières (UMC). Alors que la livraison et l’installation des portes fabriquées au Portugal étaient attendues pour poursuivre le chantier, entièrement financé par les fidèles, les mesures de confinement instaurées le 17 mars par le gouvernement ont empêché la poursuite des travaux du lieu de culte.

« Nous attendons toujours les portes […], affirme le président de l’UMC Mokhtar Ferdaoussi en référence aux plus grandes portes de l’édifice qui nécessitent un transport particulier. Les portes moyennes étaient déjà là et, là, on les a. Elles sont là, seulement l’équipe ne pouvait pas venir [les poser]. Avec le confinement, c’était difficile. »

La fin du confinement n’a cependant pas été synonyme de reprise des travaux. Toutes les portes doivent être montées pour cela. « Les portes, c’est important car il faut fermer le lieu. Il ne faut pas que la mosquée reste ouverte parce qu’on a déjà été cambriolés dans le passé », explique Mokhtar Ferdaoussi en évoquant des vols de câbles électriques et de cuivre contenus à l’intérieur.

La poursuite du chantier est néanmoins attendue par les fidèles. Le 13 mars, certains manifestaient déjà leur impatience à La Gazette. « Il n’y a pas de mosquée dans cette ville, déplorait l’un d’eux. Le local [dans le centre commercial Saint-Louis], ce n’est pas pareil […]. Là, c’est grand. » Avec une superficie de « 1 000 m² au sol », la mosquée accueillera environ « 700 personnes ». Un lieu d’échanges interculturel est aussi prévu pour les non musulmans.

Avec une superficie de « 1 000 m² au sol », la mosquée accueillera environ « 700 personnes ». Un lieu d’échanges interculturel est aussi prévu pour les non musulmans.

Pour financer la mosquée, l’UMC a créé une cagnotte en ligne depuis sa page Facebook. Alors que les dons fluctuent selon les mois, Mokhtar Ferdaoussi note que, malgré une baisse au début du confinement, ils sont repartis à la hausse durant le Ramadan.

« Quand c’est le mois du Ramadan, il y a le recueillement, la prière et on fait un certain nombre d’appels aux dons, détaille-t-il. Alors là, les gens, en direct, participent plus. » Parmi les donateurs, certains viennent même d’autres régions. « J’ai reçu un chèque de 20 euros de Sète (Occitanie) ! », s’exclame-t-il. Le 23 mai, les 65 000 euros attendus pour le financement total des portes étaient obtenus.

Malgré tout, le président de l’UMC compte encore sur la générosité des fidèles en pensant aux autres travaux à réaliser pour que la mosquée réponde aux normes d’ouverture. Parmi eux, on trouve la création de sanitaires, d’un ascenseur pour les personnes à mobilité réduite, l’installation d’un système de chauffage ou encore procéder à l’étanchéité du toit. Pour cela, Mokhtar Ferdaoussi affirme qu’il priorisera les travaux et fera jouer la concurrence entre les entreprises. Le 13 mars, le coût total de la mosquée était estimé à « 5 070 465,79 euros TTC ».