L’épidémie de coronavirus n’a pas épargné le club de baseball des Démons de Mantes-la-Jolie. Depuis mars, les entraînements ont cessé. « On est au point mort comme beaucoup de sports collectifs », déplore le président du club, Jean-Marc Vincendet, avec une pointe d’inquiétude dans la voix. Joint par téléphone le 27 mai, il n’a pas caché ses doutes concernant l’avenir de son club. L’incertitude plane effectivement sur la possibilité de poursuivre le championnat cette saison et de pouvoir reprendre les entraînements collectifs sur le ­terrain de la Butte-verte.

« Je pense qu’il n’y aura pas de championnat 2020 […], déclare Jean-Marc Vincendet. Il y a quelques semaines, on nous laissait entendre, que, peut-être, il y aurait un championnat réduit qui commencerait au mois de juin et qui irait jusqu’au 14 juillet et qui reprendrait en ­septembre ».

Quand on lui demande son avis à ce sujet, le président du club de baseball ne mâche pas ses mots : « Cela sonnerait un championnat un peu ridicule parce que cela serait à peine la durée d’un championnat normal, donc à mon avis, il n’y en aura pas. C’est à peu près certain. Il va falloir se contenter, si possible, de matchs amicaux. » Le 3 juin, le site de la Fédération française de baseball et de softball (FFBS) indiquait dans son calendrier sportif que les matchs de championnat dans les diverses catégories étaient « ­annulés ».

Néanmoins, avant de songer à reprendre les matchs, encore faudrait-il pouvoir s’entraîner à nouveau. Le club qui frappe la balle durant la saison hivernale au gymnase Lécuyer à Mantes-la-Jolie, profite aux beaux jours de son terrain extérieur au niveau de la Butte verte. Or, le 27 mai, celui-ci n’était toujours pas accessible. « C’est tout à fait inquiétant parce que si on ne peut pas aller sur le terrain, on ne peut rien faire, précise Jean-Marc Vincendet. Il faut absolument qu’on aille sur le terrain et c’est interdit. »

Malgré ses nombreux doutes, le président des Démons de Mantes-la-Jolie se veut plus serein concernant les finances de son club, lors de la prochaine saison. « Les dépenses sont essentiellement pour les déplacements, le salaire des arbitres et le salaire des scoreurs, détaille-t-il. Donc, comme il n’y a pas de matchs, il n’y a pas de déplacements, pas de salaires des arbitres et pas de salaires des scoreurs. Donc, cet argent, il reste à la banque et il servira l’année ­prochaine. »

Néanmoins, Jean-Marc Vincendet espère un geste de la part de la FFBS. « J’espère que la fédération va faire un geste et qu’elle va éventuellement reconduire les licences 2020 sur 2021 parce que cela voudrait dire qu’il faut redemander aux joueurs de payer une licence en 2021 alors qu’ils n’ont pas profité de leur licence en 2020 », déclare-t-il. Son prix est de « 64 euros ».

Quand bien même la FFBS n’offrirait pas les licences la saison prochaine, le président du club assure qu’il fera un effort ­financier pour ses joueurs ayant cotisé cette année. « On ne demandera pas une cotisation complète, certifie-t-il. La cotisation de 170 euros qu’on demande chaque année, celle-là on ne la demandera pas. »

Avec ce geste, Jean-Marc Vincendet espère que cela motivera les joueurs à s’inscrire à nouveau. « Est-ce-que des joueurs qui n’ont pas joué depuis plusieurs mois et qui ne voient pas de perspectives de championnat, ne vont pas être découragés et ne vont pas abandonner l’année prochaine ? Je ne sais pas », s’interrogeait-il le 27 mai. Deux jours plus tard, ses doutes se sont cependant levés. Après avoir contacté ses joueurs pour leur demander s’ils envisageaient de revenir l’an prochain, bon nombre d’entre eux ont répondu par l’affirmative.

Cela n’empêchera pas le président des Démons de Mantes-la-Jolie de participer, s’il a lieu, au prochain forum des associations sportives et culturelles qui se tient annuellement en septembre. « Notre idée c’est effectivement de recruter assez de monde pour faire deux équipes avec, idéalement, une équipe première et une équipe réserve. » Pour les personnes intéressées à rejoindre le club de baseball, le président est joignable par téléphone au 06 51 70 47 51.