Ils ne seront finalement que deux à s’opposer dans les urnes mantevilloises pour le second tour des élections municipales. Le maire sortant Rassemblement national Cyril Nauth, arrivé en tête avec 33,72 % des suffrages exprimés, affrontera l’ancien président du FC Mantois, Sami Damergy (SE) qui le talonnait au premier tour avec 27,22 % des suffrages exprimés.

La bataille s’annonce rude entre les deux candidats, le maire sortant rédigeant communiqué de presse sur communiqué de presse, tandis que du côté de Sami Damergy, un soutien de poids est entré dans la bataille. Absent des débats lors du premier tour, le président du Département a, par communiqué, exprimé clairement son soutien à l’ancien président du FC Mantois.

Alors que la gauche était aux commandes de la ville jusqu’en 2014, puis dans l’opposition dans le mandat précédent, elle sera pour la première fois absente du scrutin, Romain Carbonne puis Amitis Messadghi (EELV) s’étant désistés. Si pour le premier, le retrait s’est fait dans les jours ayant suivi le premier tour, il aura fallu attendre la veille de la date de clôture de dépôt des listes pour connaître la position de la seconde, celle de « faire barrage à l’extrême droite ».

Le maire sortant Rassemblement national Cyril Nauth, arrivé en tête avec 33,72 % des suffrages exprimés affrontera l’ancien président du FC Mantois, Sami Damergy (SE) qui le talonnait au premier tour avec 27,22 % des suffrages exprimés.

« Après l’élection, par le plus grand des hasards, d’une liste FN et d’un maire incompétent, Mantes-la-Ville s’est paralysée, Mantes-la-Ville s’est isolée, Mantes-la-Ville s’est égarée, a pour sa part exprimé Pierre Bédier (LR). […] Mantes-la-Ville a besoin de retrouver de la sérénité dans la conduite de l’action municipale, des moyens financiers que seuls apportent des partenariats institutionnels puissants et surtout l’esprit d’une ville qui veut que chacun de ses habitants trouve en son sein respect, sérénité, bonheur de vivre. »

De quoi alimenter la guerre ouverte entre lui et Cyril Nauth, puisque l’édile mantevillois répondra quelques jours plus tard : « Comment expliquez-vous mon résultat du premier tour ? […] Je ne vous sens pas très serein […]. » S’il s’interroge sur la sérénité du président du Département, le maire sortant sur le départ pour Tacoignières où il fait construire une maison et a inscrit ses enfants à l’école (voir notre édition du 25 février) s’est pourtant activé et a multiplié les propositions durant la première semaine de juin.

Il a tout d’abord proposé un débat à Sami Damergy pour qu’il « explicite davantage son programme », faisant référence à son absence du débat organisé par France 3 Île-de-France le 27 février dernier, (le candidat n’avait pu s’y rendre pour raisons personnelles, Ndlr). Il s’est aussi engagé à « baisser de 5 % la taxe foncière dès le mois de juillet 2020 », alors que les bases servant au calcul des impôts locaux devraient elles augmenter.

4 questions à Sami Damergy : « Notre programme est un programme équilibré et pragmatique »

Comment abordez-vous cette campagne de second tour ?
J’envisage ce second tour très sereinement car je suis très actif avec mon équipe et en permanence au contact de la population. Nous avons reçu d’innombrables marques d’encouragement et de soutien de la part des Mantevillois ainsi que de très nombreuses personnalités et d’élus locaux et je les en remercie vivement. Mon équipe est très mobilisée sur le terrain où nous continuons à exposer les axes de notre programme et à informer sur l’ambition que nous portons pour ce territoire qui nous passionne.

Pensez-vous bénéficier d’un report de voix important dû au retrait des listes de gauche ?
Nous espérons évidemment bénéficier de ce report de voix. Je remercie d’ailleurs chaleureusement les autres listes qui se sont retirées alors qu’elles avaient la possibilité de se maintenir. Je pense que c’est une décision particulièrement intelligente qui laissera aux électeurs une situation extrêmement claire entre le programme que je pose avec cette liste citoyenne et la liste du Rassemblement national.

Cyril Nauth vous propose un débat, que pensez-vous de cette ­proposition ?
Je n’y suis pas spécialement favorable. Les seules personnes que je dois convaincre sur mon programme ce sont les électeurs, ce sont eux les premiers concernés. À mon sens, un débat entre le Rassemblement national et la liste citoyenne que je mène, n’a que peu d’intérêt, mais si je juge, au regard de mes contacts avec la population, que c’est utile et nécessaire, je n’hésiterai pas à le faire.

La crise sanitaire liée au Covid-19 a montré un besoin accru de solidarité. Cela a-t-il engendré un changement dans votre programme, fait revoir vos priorités ?
Non, notre programme est un programme équilibré et pragmatique. La solidarité était au cœur de notre programme avant la crise sanitaire. Elle se retrouve dans toutes les politiques publiques que nous portons, c’est une chose que nous avions bien identifiée et c’est pour nous, un axe prioritaire. Mantes-la-Ville a été isolée et gérée pendant six ans par le Rassemblement national, nous savons à quel point ces besoins de solidarité sont importants.