Une « plongée » dans le grand bain. C’est ainsi que le président de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise, Philippe Tautou (LR) a présenté le conseil qui s’est tenu, dans des conditions particulières, ce jeudi 11 juin au forum Armand Peugeot de Poissy. Un conseil communautaire mixte composé de 99 élus dont les conseils municipaux ont déjà été installés, 37 élus maintenus en fonction, dans l’attente du second tour du 28 juin, et quatre élus appelés à siéger par le préfet.

L’ordre du jour portait sur des questions budgétaires, l’occasion pour les nouveaux élus de découvrir la situation financière de la communauté urbaine, mais surtout les tensions entre certains élus et l’exécutif. Un appel à repartir sur de nouvelles bases de solidarité a, une nouvelle fois, été évoqué. Pour le vice-président aux finances et maire de Drocourt (SE) Dominique Pierret, « la situation de 2019 était une situation qui s’améliorait de façon significative ». Reprenant les éléments présentés en février (voir notre édition du 12 février), l’élu a rappelé une « montée en puissance de l’investissement », une capacité d’autofinancement nette fixée à six millions d’euros et des dépenses de fonctionnement « maîtrisées ». Il a toutefois insisté sur le fait que cette embellie ne pourrait se répéter l’an prochain et que la situation de GPSEO restait « préoccupante », au regard des baisses de dotations et la disparition de certaines taxes comme la taxe d’habitation.

En réponse, le premier adjoint andrésien et président du groupe Indépendants Seine et Oise, Denis Faist (DVC), déplore que cette présentation « ne reprend pas la réalité de ce que sont exactement les finances de la communauté urbaine », faisant référence au jugement rendu en mai 2019, donnant raison aux sept communes contestant le protocole financier initial et ayant modifié les attributions de compensation définitives de 2016, et ayant conduit à l’adoption d’un nouveau protocole en juillet 2019. « Je rappelle que le jugement, même s’il a été fait appel, est exécutoire », insiste-t-il.

Nouvellement installé à la communauté urbaine, le conseiller municipal d’opposition conflanais, Gaël Callonnec (EELV) : « Pourquoi la décision de justice évoquée par Monsieur Faist, impérative, n’a-t-elle pas été respectée par l’exécutif ? Il me semble que si l’on veut repartir sur des bases saines, sur une base de solidarité, […] peut-être faut-il appliquer les décisions de justice dans un premier temps. »

« Il y a un certain nombre de maires réélus qui ont accompagné ces décisions de justice qui sont d’accord pour s’asseoir à la table des négociations, rétorque le vice-président aux grands projets Pierre Bédier (LR). Et si on n’est pas capable de faire ça au démarrage, je vous annonce qu’on aura six ans compliqués. […] Nous sommes une assemblée politique, nous devons prendre des décisions politiques. » Quelques instants plus tôt, il avait souligné la nécessité « de ne pas continuer avec des querelles qui ne sont même pas des querelles du passé de la communauté urbaine mais qui sont les querelles du passé d’une des ­composantes de la ­communauté urbaine ».

Le nouveau maire de Mézières-sur-Seine, Franck Fontaine (LREM) a pour sa part exprimé le souhait de maintenir « une politique ambitieuse de développement économique […] », « d’offrir un meilleur niveau de services aux communes en nous faisant innover et sortir des sentiers battus sans aucun tabou, quitte à aller jusqu’à leur rendre des compétences déléguées » et « de corriger les inégalités entre les bassins de vie ». Mais, appuie-t-il, « pour réussir, GPSEO va devoir s’appuyer sur nous tous sans exception et sans clivage ­politique ».