Quand les pages départementales du Parisien seront-elles de retour, et sous quelle forme ? Cette question inquiète les journalistes du quotidien francilien. En effet, alors que les lecteurs du Parisien pouvaient lire chaque jour leur actualité locale dans des cahiers départementaux spécifiques, le confinement a mené la direction du journal à les remplacer par un seul cahier régional commun, condensant l’information locale des huit départements franciliens et de l’Oise. Un format ­maintenu depuis le déconfinement.

Les journalistes des éditions locales du Parisien craignent la disparition des cahiers départementaux, dans le cadre du nouveau projet éditorial qui doit être présenté par la direction le 16 juin. Un rassemblement était organisé devant le siège du journal le 4 juin et une pétition en ligne a déjà reçu plus de 5 500 signatures. « On demande le retour des cahiers départementaux le plus vite possible », résume un journaliste de l’édition yvelinoise du Parisien.

Le cahier unique pour tous les départements d’Île-de-France est de temps en temps utilisé, en cas de « pépins » ou pendant l’été, explique-t-il. Actuellement, il est composé d’une page de « Une » différente pour chaque édition départementale, suivie de pages franciliennes communes. En parallèle, des articles locaux sont publiés sur internet uniquement. « Donc ça fait énormément d’économies de papier, des économies de plaques en rotative, etc., poursuit le journaliste. Chose qu’on comprend, vu qu’on était aussi en configuration de chômage partiel (pas dans les éditions locales, Ndlr), avec plein de CDD arrêtés […], que la vente des numéros s’est effondrée… »

Sauf que les cahiers départementaux n’ont toujours pas fait leur retour et les journalistes locaux craignent que la direction ne souhaite pas les rétablir. « Ça ne nous convient absolument pas, tranche-t-on chez les journalistes du quotidien. D’abord parce qu’on considère que ce maillage départemental est essentiel pour une bonne couverture de l’information. Et affaiblir les départementales, c’est affaiblir le journal parce que c’est là que beaucoup de sujets prennent vie. Les éditions départementales sont l’ADN, le cœur du journal. »

Les journalistes du Parisien ont en tout cas reçu de nombreux soutiens, notamment de la part de la classe politique. Les présidents des sept conseils départementaux franciliens, dont Pierre Bédier (LR), ont, par exemple, adressé une lettre commune au PDG du groupe Les Échos-Le Parisien. « S’il est parfaitement compréhensible que [les cahiers départementaux] aient été suspendus durant le temps de la crise sanitaire et remplacés par un cahier unique pour les départements d’Île-de-France et de l’Oise, leur disparition est de nature à nourrir une grande inquiétude de notre part », écrivent-ils ainsi.

Sauf que selon nos informations, les cahiers départementaux ne devraient pas faire leur retour tout de suite, au moins jusqu’au 16 juin et la présentation d’un nouveau projet éditorial pour Le Parisien et ses éditions. Dans un communiqué envoyé le 8 juin, le quotidien indique que ce nouveau projet vise à « accélérer la transformation numérique du Parisien ». Le journal y explique devoir « contenir les dégâts économiques » causés par la crise sanitaire, qui viennent « s’ajouter à la crise structurelle de mutation qui traverse la presse, celle de la transition digitale ».

« Ces deux phénomènes réunis font que le modèle économique du Parisien, déjà fragilisé avant même le covid-19, n’est plus tenable », indique le communiqué du journal. Ce dernier insiste cependant sur un maintien de l’actualité locale : « Le nouveau projet éditorial confortera Le Parisien dans sa double dimension, nationale et locale, insiste-t-il. C’est important de le redire au moment où certains s’interrogent sur sa place demain : l’information locale et le journalisme de proximité font partie de son identité. Mais de nouveaux modes de traitement de l’information seront proposés afin d’adapter les contenus aux pratiques numériques. »