Battue au premier tour, la gauche souhaite mettre toutes les chances de son côté dans la bataille pour récupérer son fief historique. L’ancien maire, Alain Outreman (PCF) et Michèle Foubert (PCF), arrivés, respectivement en deuxième et quatrième position lors du premier tour, ont décidé de faire front commun en ne présentant qu’une seule liste pour le second tour baptisée Du concret pour Achères avec la gauche ­citoyenne et ­écologique.

Ils espèrent ainsi ravir la mairie au maire sortant Marc Honoré (DVD), qui avait obtenu une avance confortable à l’issue du premier tour, avec 46,12 % des suffrages exprimés. Troisième candidat en piste, Salim Lesage (SE), se propose lui, comme une alternative, face aux deux élus historiques.

« Suite à l’appel d’Alain Outreman, mes colistiers et moi-même avons accepté de le rejoindre pour défendre les valeurs de gauche », explique Michèle Foubert, dont ce rassemblement lui promet le poste de première adjointe. Pourtant, si l’alliance des deux protagonistes peut paraître évidente a posteriori, au lendemain du premier tour, rien ne semblait encore acquis. Pendant un temps Michèle Foubert suggérait qu’elle était « indésirable » auprès de l’ancien édile.

L’ancien maire, Alain Outreman (PCF) et Michèle Foubert (PCF), ont décidé de faire front commun contre les listes distinctes de Marc Honoré (DVD) et Salim Lesage (SE).

« Il y a eu des turbulences c’est vrai, confirme ce dernier. Pour autant, si Michèle Foubert se maintenait au second tour, c’était un suicide pour la gauche, d’autant plus qu’il n’a pas été difficile de nous entendre sachant que nos programmes convergeaient sur de nombreux points. »

Le 28 juin prochain pourrait avoir des airs de match retour entre l’ancien maire et son adversaire de 2014, Marc Honoré. Selon Alain Outreman, si revirement il devait y avoir « c’est sur la mobilisation des abstentionnistes que cela va se jouer. Je pense que nous avons beaucoup d’électeurs acquis à notre cause qui ne s’étaient pas déplacés par peur du virus ou parce qu’ils n’avaient pas voulu choisir entre nos deux listes ».

De cette alliance à gauche, Marc Honoré, lui, s’interroge : « Ils étaient à couteaux tirés il y a encore quelques semaines, ça ne montre rien de sérieux, surtout s’ils devaient se retrouver ensemble à la tête de la ville ». De son côté, celui qui a fait basculer la ville à droite en 2014, prône la continuité du travail accompli notamment durant la crise sanitaire. « Nous avons réalisé la totalité du programme que nous avions proposé il y a six ans, assure Marc Honoré. Aujourd’hui nous avons et continuons de gérer la crise du mieux que nous le pouvons. Avec le contexte actuel je ne vois pas Michèle Foubert ni Salim Lesage capables de reprendre la ville en main, sachant qu’on ne les a jamais vus au conseil ­municipal ».

Car cette année, un nouveau visage se dresse face aux deux candidats historiques. Avec sa liste Achères ma ville, Salim Lesage se veut être « la seule alternative à la gouvernance traditionnelle achèroise ». Lors du premier tour, le candidat a reçu 16,95 % des suffrages.

« Je pense que le projet que j’ai initié parle à beaucoup de gens, juge Salim Lesage qui a dévoilé de nouveaux axes de son programme depuis le confinement. Il va y avoir un écart entre les enfants qui disposaient d’un contexte favorable à l’étude et ceux qui vivaient dans un contexte peu optimum : je veux proposer un dispositif d’accompagnement à l’étude, ­subventionné par la ville. »