Les portes du magasin sont restées closes et les consoles de jeux évacuées des rayons. Le magasin du nouveau Lidl qui devait ouvrir ses portes dans la commune, mercredi 17 juin à 8 h 30, a finalement été contraint de reporter son ouverture face à l’engouement constaté autour de la promotion qu’il proposait sur des PlayStation 4. Les gendarmes sont intervenus ­massivement.

Sur place, la scène est surréaliste. Sur la route des Quarante sous, où l’enseigne est située, la circulation est paralysée, tant le flux de voitures qui s’y dirige est important. À l’approche du magasin, plusieurs passagers descendent sur la voie pour rejoindre le magasin en courant. Pour eux, cela-dit, rien ne sert d’allonger les foulées puisque près de 500 personnes se massent déjà sur le parking de Lidl. Des personnes qui attendent là depuis plusieurs heures, « certaines même depuis la veille, 21 h », rapporte une jeune femme devant le magasin.

Toutes, ou presque, sont là pour la même chose : une PlayStation 4, modèle slim 500 Go, proposé à 95 euros au lieu de 299 euros dans le commerce. « Il s’agissait d’une opération spéciale de déstockage issue d’une ancienne vente d’avril 2018 », précise l’entreprise de distribution allemande sur son compte Twitter. « C’est une belle offre, certains viennent pour l’acheter et d’autres, sans doute, pour la revendre en occasion et faire un profit dessus », confie Sofiane au milieu de la foule. Âgé de 24 ans, le jeune homme, originaire d’Aulnay-sous-Bois, a fait une heure de route avec deux de ses amis pour faire l’acquisition d’une des « quarante consoles qui devaient être mises en vente », selon la ­direction.

Cependant, sur les coups de 9 h, Lidl annonce qu’il n’ouvrira finalement pas le magasin. « Nous estimons que les conditions de sécurité ne sont pas réunies pour maintenir l’ouverture, expliquaient les membres de la direction devant une partie de la foule perplexe. La vente de PS4 est également définitivement annulée, les consoles vont être renvoyées à la centrale. » La police nationale a d’ailleurs été mobilisée « pour sécuriser ce site en prévision d’un nouvel attroupement », indique une source policière.

Une nouvelle qui a suscité la colère de certains clients et déclenché un mouvement de foule. « Vous saviez qu’il y aurait du monde, vous auriez pu prévoir des barrières et un système de files d’attente », s’agace une mère de famille devant les directeurs.

Près de 500 personnes étaient devant le Lidl. Des personnes qui attendent là depuis plusieurs heures, « certaines même depuis la veille, 21 h » rapporte une jeune femme devant le magasin.

« On ne s’attendait pas du tout à une telle affluence, se défend de son côté la direction du magasin. Aucune communication de notre part n’a été faite sur cette opération mais une photo prise dans les rayons avant l’ouverture a été relayée à de nombreuses reprises. On s’est rendu compte hier soir [mardi 16 juin] que la promotion était en top tweet (c’est-à-dire, mise en avant par l’algorithme du réseau social Twitter, Ndlr). »

« Si les consoles se vendent comme prévu, il y a des risques que les clients qui sortent avec le produit dans les bras se fassent agresser », avance l’un des gendarmes de la compagnie de Saint-Germain-en-Laye dépêchée sur place pour soutenir les agents de sécurité du Lidl.

Dans le but de « disperser la foule », ceux-ci ont utilisé du gaz lacrymogène. « Malgré les consignes répétées, les personnes continuaient de se compacter devant le magasin, certaines personnes se faisaient écraser », explique un gendarme quelques instants plus tard. Selon nos informations, les gaz auraient provoqué l’évanouissement d’une femme dans la foule. Elle a été prise en charge sur place par les sapeurs-pompiers yvelinois. « Ils [les gendarmes] ont gazé à vue alors même qu’il y avait des enfants », rapporte cette dernière, encore ­physiquement marquée par sa chute.

Finalement, la tension redescend petit à petit, donnant lieu à quelques scènes de dialogues plus apaisées. « Franchement vous n’aviez pas besoin de gazer, il y avait du monde mais c’était plutôt calme dans l’ensemble, vous avez créé plus de désordre qu’il y en avait », juge Bilel, l’un des clients.

Pour évacuer la foule du parking, des gendarmes de tout le département sont appelés en renfort. « Près de 80 gendarmes ont été mobilisés durant l’intervention », précise-t-on du côté de ­Saint-­Germain-en-Laye.